STATUTS GÉNÉRAUX
DE LA CONGRÉGATION
DU TRÈS-SAINT-RÉDEMPTEUR
1984
LA CONGRÉGATION DANS L'ÉGLISE
(Constitution 2)
01 - La Congrégation
du Très-Saint-Rédempteur (C.Ss.R.) réunit
des prêtres, des diacres et des laïcs. En communion fraternelle à la maison
comme au dehors, nous concourons à l'accomplissement
de la même mission. Tous et chacun — même quand les conditions
nous rapprochent davantage de la vie cachée
du Christ — nous voulons être un ferment évangélique
dans le monde:
—
soit en nous consacrant à l'annonce de l'Évangile et au
ministère de la liturgie,
—
soit en entreprenant d'autres tâches proprement apostoliques,
—
soit par un travail technique et professionnel.
02 - La Congrégation
peut s'associer des «oblats» clercs ou laïcs,
pour en faire des compagnons d'apostolat,
temporaires ou à vie.
Aux (Vice-)Provinces
d'en préciser davantage les formes concrètes
d'agrégation (cf. 085).
03 - La Congrégation
est régie par le droit commun de l'Église,
le droit particulier contenu dans nos Constitutions
approuvées par le Saint-Siège, les Statuts
généraux et les Directoires émanant du Chapitre
général, enfin, par les Statuts (vice-)provinciaux
établis par le Chapitre (vice-)provincial.
Le Directoire
des Chapitres a force de loi. Quant au
Directoire des Supérieurs, il n'a force
de loi que pour la liste des compétences ;
dans les cas où il cite le droit commun ou
particulier, l'obligation découle du droit
allégué.
04
- Nous sommes une Congrégation «exempte». Pourtant nos communautés font partie,
de fait et de droit, de l’Église locale:
elles en partagent grâces, joies, difficultés,
persécutions ou tribulations. Elles se sentiront donc responsables de pourvoir
aux besoins du peuple de Dieu et, dans
la mesure où l'organisation de la pastorale
l'exigera, elles mettront toutes leurs
forces à collaborer avec l'Eglise locale,
en sauvegardant le caractère propre de
l'Institut (cf. CC 18, 66, 135).
[1]
05 - Nous vénérons:
—
le Très Saint Rédempteur, comme titulaire de la Congrégation,
—
la Bienheureuse Vierge Marie sous le titre d'Immaculée
Conception, comme sa patronne officielle,
et sous le nom de Mère du Perpétuel-Secours
dont le Saint-Siège nous a confié le culte
à propager,
—
saint Joseph et les saints Apôtres,
—
saint Alphonse, notre fondateur et père, notre modèle à
tous,
—
saint Clément, propagateur insigne de la Congrégation, saint
Gérard, idéal surtout du frère laïc, saint
Jean-N. Neumann, ce prodige de zèle pastoral,
et le Bienheureux Pierre Donders, éminent
exemple du missionnaire voué au salut de tout
l'homme.
06 - Le sceau de
la Congrégation représente la croix avec la
lance et l'éponge posées sur trois monticules;
à droite et à gauche, les monogrammes de Jésus
et de Marie; au-dessus, un œil d'où partent
des rayons; le tout surmonté d'une couronne. En exergue, la devise Copiosa apud eum redemptio («Près
du Seigneur abondante rédemption», Ps
129,7).
07 - Le port de
notre habit religieux — cf. Constitution 45,4°
— sera réglé avec plus de précision par les
Statuts (vice-)provinciaux.
08 - Faisons grand
cas de l'apostolat contemplatif des Moniales
de l'Ordre du Très-Saint-Rédempteur. De même origine que nous, poursuivant
le même but, elles prennent part au ministère
de la Congrégation. Il faut donc régulièrement les tenir
au courant de notre apostolat pour que, grâce
à leur aide spirituelle, «la Parole de Dieu
poursuive sa course avec éclat» (2 Th 3,1). Nous serons prompts aussi à les aider fraternellement.
A notre Curie
générale, un Secrétariat spécial est préposé
aux affaires concernant les Moniales du Très-Saint-Rédempteur.
CALENDRIER PROPRE A LA CONGRÉGATION
·
5 janvier: St Jean-Népomucène Neumann
·
14 janvier: Bx Pierre Donders
·
15 mars: St Clément-Marie Hofbauer
·
Jeudi qui suit le IIIe dimanche après
la Pentecôte (octave de la Fête du Saint Sacrement):
le Cœur eucharistique de Jésus
·
27 juin: Notre Dame du Perpétuel Secours
·
Troisième dimanche de juillet: Solennité du
Très Saint Rédempteur
·
1er août: St Alphonse de Liguori
·
16 octobre: St Gérard Majella
·
8 décembre: l'Immaculée Conception de la Bienheureuse
Vierge Marie
STATUTS DU CHAPITRE I
LA
TÂCHE MISSIONNAIRE DES RÉDEMPTORISTES
(CC 3-20)
Article 1: Les hommes à évangéliser (CC 3-5)
09 - Critère:
a) Il nous faut, en accord avec les
directives du Chapitre (vice-)provincial,
chercher avec soin quels sont les hommes les
plus dépourvus de secours spirituels, surtout
les pauvres, les gens d'humble condition et
les opprimés, suivant la diversité des régions
et dans une pastorale concertée.
b) II n'est pas permis aux Rédemptoristes
de rester sourds aux clameurs des pauvres
et des opprimés. Ils doivent trouver les moyens de les aider
à surmonter par leurs propres forces les maux
qui les écrasent. Que jamais cet élément essentiel de l'Évangile
ne manque dans la proclamation de la Parole
de Dieu.
010 - Les groupes de fidèles que l'Église n'a pas encore
pu doter des moyens suffisants de Salut
Sont dans ce cas
ceux que le manque de prêtres ou les conditions
sociales mettent dans une situation d'abandon
spirituel ; par exemple:
—
les ruraux de certaines régions,
—
la plupart des migrants, des exilés, des réfugiés et autres
personnes en situation analogue,
—
ceux qui habitent ou travaillent dans les quartiers populeux
des grandes villes,
—
ceux qui «se voient injustement soumis à un régime d'exception,
en raison de leur race ou de leur couleur».
[2]
011 - Ceux qui n'ont pas encore entendu le message de
l'Église
a) Nous savons que la mission première
de l'Église et la tâche principale de
la charité missionnaire consistent dans
l'annonce de l'Évangile aux peuples qui
ignorent le Christ et son message de miséricorde.
[3]
Dans ce domaine missionnaire l'Église est bien consciente qu'il lui reste
un immense labeur à accomplir.
[4]
Notre Congrégation, déjà à l'œuvre en cette tâche première de l'Église, veut
la poursuivre avec plus d'intensité encore.
Pour répondre aux appels de l'Église, il faut donc que nos différentes Provinces
et Vice-Provinces s'interrogent sur leurs
possibilités, soit de coopérer avec les Provinces
déjà établies en pays de mission en les soutenant
par l'envoi de personnel ou de fonds, soit
d'accepter elles-mêmes de nouvelles missions.
b) Les confrères engagés dans cet
apostolat suivent d'une façon éminente
le Christ Rédempteur et réalisent l'intention
de notre Fondateur. Saint Alphonse exhortait instamment
ses fils à être «animés d'un vrai zèle
pour la conversion des païens» et il voulut
qu'ils s'engagent par vœu à «partir dans
les missions même auprès des infidèles».
[5]
c) La christianisation en profondeur
d'un milieu dépend d'une intime coopération
entre les missionnaires et les peuples
appelés à la foi. Les
confrères partant pour une mission nouvelle
devront être initiés à la missiologie. Ils s'appliqueront à connaître
la langue, la culture, la religion et
les coutumes de ces populations.
[6]
Ils tiendront en grande estime toutes les valeurs et richesses présentes dans
la tradition de ces peuples pour les intégrer
dans la structure de leur foi vécue. Ainsi pourra naître une Église vraiment
autochtone qui en même temps sera signe de
l'Église universelle.
Afin de transmettre toutes les richesses qui magnifient la tradition religieuse
de l'Église, nous chercherons aussi à
implanter notre Congrégation. Ainsi pourra-t-elle, sur place,
servir le peuple en pleine harmonie avec
son génie et sa culture.
[7]
Que les missionnaires étrangers n'oublient pas qu'ils sont simplement appelés
à venir en aide à ces peuples. Le moment venu, ils cèderont volontiers
leur place au clergé local dans un esprit
d'abnégation et de charité.
d) En vue d'une meilleure collaboration,
nos supérieurs passeront, avec l'Ordinaire
du lieu, des conventions portant sur les
droits et les obligations réciproques. Dans le même but on déterminera quels sont
les biens de la Congrégation et ceux du
diocèse.
[8]
012 - Ceux qui ne reconnaissent pas la «Bonne
Nouvelle» dans le message de l'Église
Ce
sont les hommes ou les groupes humains
chez qui l'Église est présente, mais pour
qui le Christ ne représente rien et l'Église
est une étrangère.
[9]
L'athéisme qui,
un peu partout, pénètre largement la vie et
les institutions, doit faire l'objet d'une
étude sérieuse de notre part. Pour susciter une foi chrétienne authentique,
il importe de l'apprécier sous tous ses aspects,
même positifs (cf. 014b).
013 - Les victimes de la division de l'Église
Nous
favoriserons tout ce qui peut contribuer
à l'union de tous ceux qui croient au
Christ. Ceci vaut pour tous les Rédemptoristes
accomplissant leur tâche missionnaire
dans notre société «pluraliste», mais
touche plus particulièrement ceux qui
sont engagés expressément dans le mouvemente
œcuménique.
[10]
Pour ce service sont requises abnégation sincère,
humilité, mansuétude, grande largeur de vue. Notre action en faveur de l'union des chrétiens sera d'autant plus
efficace que nous nous efforcerons de mener
une vie plus purement conforme à l'Évangile.
014 - Les fidèles toujours
appelés à la conversion
a) La Congrégation doit encore et toujours accomplir
auprès des fidèles un authentique travail
missionnaire, puisque l'Église doit sans
cesse leur prêcher la foi et la conversion.
[11]
En outre il faut
éveiller des vocations missionnaires chez
les croyants pour que la Congrégation partout
poursuive sa tâche.
b) Dans la crise générale de la foi, notre mission
auprès des fidèles doit principalement viser
aujourd'hui à la conversion de foi. Le contexte social, marqué par le «pluralisme»
culturel, ne peut plus être dit chrétien et
ne fournit plus à la foi de structures extérieures.
Mais
justement, ces conditions nouvelles qui
affectent jusqu'à la religion en provoquent
la purification et une plus vive adhésion
de foi.
[12]
c) Nous aiderons les laïcs à prendre conscience
de leur vocation propre dans l'Église
pour que, guidés par l'esprit évangélique,
ils travaillent comme de l'intérieur,
à la manière d'un ferment, à la sanctification
du monde.
[13]
Nous
aurons à cœur de rendre plus intense l'activité
apostolique du Peuple de Dieu; en effet,
l'apostolat des laïcs tient un rôle propre
et absolument nécessaire dans la mission
de l'Église. L'Église ne vit pas pleinement,
elle n'est pas le signe parfait du Christ
parmi les hommes, si un laïcat authentique
n'existe pas et n'agit pas.
[14]
d) Grande sera notre sollicitude pastorale envers
les jeunes, force agissante de la société
contemporaine. Nous tâcherons d'en faire des hommes nouveaux
et des artisans d'une humanité nouvelle. Nous allumerons en eux le sens missionnaire qui en amènera à vouer
leur vie à l'Evangile. Ceci vaut surtout là où nous avons
des paroisses.
[15]
015 - Le service pastoral des prêtres.
Les prêtres qui
assurent habituellement le ministère ordinaire
sont les éducateurs-nés de la foi des fidèles.
Mais nul n'ignore «les difficultés qu'ils doivent
affronter dans les conditions de la vie
actuelle. Obstacles nouveaux à la vie de foi, stérilité
apparente du labeur accompli, dure épreuve
de la solitude, tout cela peut risquer
de les conduire au découragement».
[16]
Il nous faut donc
avoir particulièrement le souci de les aider. Nous mettrons tout en œuvre, à commencer par les contacts humains,
pour les soutenir dans leur foi et leur apporter
l'espérance dans le contexte pastoral actuel.
Article 2: Quelques formes d'activité missionnaire (CC 13-16)
016 - Principe général
Là où les formes
de ministère mentionnées ci-après portent
encore leurs fruits, il faut nous y donner
avec ténacité et de grand cœur, tout en les
adaptant sans cesse aux nécessités pastorales.
017 - Les missions
populaires
a) L'Église est faite d'hommes pécheurs. Sainte, elle a toujours besoin
d'être purifiée: elle continue sa marche
dans la pénitence et la conversion.
[17]
L'histoire atteste que, pour arriver à cette fin, les missions populaires
ont constitué un moyen de première valeur. Forme typique d'une pastorale extraordinaire,
elles proclament l'annonce du Salut et font
appel à la conversion (prédication kérygmatique),
continuant ainsi la Rédemption que le Fils
de Dieu ne cesse de poursuivre dans le monde
par ses ministres.
b) Pour assurer les fruits des missions,
on recommande instamment les retours de missions. Ils constituent une note originale de la Congrégation.
018 - Le ministère paroissial
Les confrères
affectés au ministère paroissial s'acquitteront
de leurs tâches avec tout le zèle possible. Qu'ils prennent conscience que plus
ils seront mus par un esprit missionnaire,
plus leur travail prendra valeur de mission
permanente.
019 - La catéchèse
La
catéchèse vise, par des exposés doctrinaux,
à rendre la foi éclairée, vivante, consciente
et dynamique. Quel que soit notre engagement
pastoral, nous nous emploierons, selon
nos moyens, à la promouvoir. Nous apporterons notre concours
aux organismes catéchétiques.
[18]
020 - Les exercices spirituels
Dans nos maisons
ou ailleurs, nous donnerons les exercices
aux prêtres et aux clercs, aux religieux et
aux laïcs. Dans un souci vraiment ecclésial, nous
chercherons à faire entrer les participants
toujours plus profondément dans le mystère
du Salut et à les rendre missionnaires.
Nous éduquerons les laïcs à prendre leur place
dans l'Église et leurs responsabilités vis-à-vis
de leurs frères (cf. 014c-d).
021 - L'engagement pour la justice et la promotion humaine
La
mission de l'Église est de libérer et
de sauver tout l'homme et tous les hommes. C'est l'univers en toutes ses dimensions qu'elle
est appelée à construire dans le Christ. Un missionnaire ne doit jamais l'oublier. Aussi travaillerons-nous à la promotion humaine
et sociale, surtout dans les pays en voie
de développement.
[19]
Nous le ferons
de façons diverses, selon la variété des lieux
et les besoins de l'évangélisation, en étroite
collaboration avec les organismes et institutions
spécialisés.
Les Statuts (vice-)provinciaux
devront être plus explicites, tenant compte
de notre charisme missionnaire au sein de
l'Église.
022 - Les moyens de communication sociale
Les
moyens de communication sociale sont un
instrument puissant pour l'expansion et
l'affermissement du Royaume de Dieu. Nous leur faisons large accueil
et les mettons à profit pour le travail
pastoral, qu'il s'agisse de publications
populaires ou scientifiques, d'œuvres
d'art ou des moyens audiovisuels.
[20]
Les Chapitres
étudieront l'emploi missionnaire des moyens
de communication; les Gouvernements (vice-)provinciaux
seront attentifs à assurer la formation des
confrères pour ce genre d'apostolat.
023 - L'étude de la théologie morale et pastorale
L'Église
nous demande de nous appliquer à l'étude
des sciences théologiques et humaines,
en vue de fournir au Peuple de Dieu, dans
la vie de tous les jours, les moyens nécessaires
au Salut. L'histoire et l'esprit de la Congrégation
nous vouent spécialement à l'étude de
la théologie morale, de la pastorale et
de la spiritualité.
[21]
Une Académie alphonsienne
a été fondée à Rome. Son but est en parfait accord avec
la fin de l'Institut. Aussi toute la Congrégation doit-elle la soutenir et s'y intéresser.
024 - La consultation spirituelle
Le charisme de conseiller spirituel, si éclatant
chez saint Alphonse, fut toujours tenu
en haute estime dans notre tradition. Il est plus que jamais important
aujourd'hui où l'homme est livré à d'incessantes
interrogations.
[22]
Mais
ce ministère exige que soient créées des
formes nouvelles, plus accordées à la
mentalité contemporaine, par exemple les
consultations (counseling), les
courriers dans les revues, etc. Là où ces formes sont en usage,
utilisons-les dans l'esprit qui caractérise
le Rédemptoriste.
[23]
Article 3: L'adaptation de nos méthodes apostoliques (CC 17-19)
025 a) Sous l'animation du Supérieur (vice-)provincial
et avec le concours des Secrétariats concernés,
nous organiserons aussi des sessions d'étude
pour l'ensemble de la (Vice)Province sur des
questions théologiques, pastorales et autres,
ou d'adaptation missionnaire. Ces sessions doivent prendre un caractère
régulier et institutionnel (cf. C 126; St.
0114, 0155).
b) Pour favoriser le progrès de l'action
missionnaire, il apparaît fort opportun que
les Gouvernements (vice-)provinciaux, de concert
avec le Secrétariat à la Vie apostolique,
mettent sur pied des équipes qui fassent l'expérience
de nouvelles formes d'action missionnaire. Que ces expériences soient menées en
collaboration avec l'Église locale (cf. CC
36-38; St. 045, 049).
STATUTS DU CHAPITRE II
LA
VIE COMMUNAUTAIRE
(CC 21-45)
Article 1: Importance de la Communauté
026 - La Communauté
dont parle la Constitution 22 comprend aussi
les confrères qui, exceptionnellement, et
parce que le ministère l'exige, vivent isolés
par mandat de la Communauté et au service
de son projet commun.
027 - Supérieurs ou
confrères, nous aurons le souci de nous retrouver
régulièrement avec les confrères d'autres
maisons pour favoriser un esprit de fraternelle
collaboration. Ceci vaut tout particulièrement pour
ceux qui, envoyés par la Communauté et unis
de cœur avec elle, vivent et travaillent seuls.
Article 2: Communauté de prière
028 a) Comme
le mystère eucharistique exprime et construit
la Communauté, il est très souhaitable que
l'on concélèbre ou que l'on participe à la
messe en communauté.
Nous aurons aussi à cœur de poursuivre un dialogue quotidien avec le Seigneur
dans l'action de grâce après la communion,
la visite et la dévotion personnelle au Saint
Sacrement.
b) D'autre part, «l'office divin est
la voix de l'Église s'acquittant de la louange
publique de Dieu» (SC 99). On tiendra donc à ce qu'une partie
au moins du bréviaire soit célébrée en commun
(cf. C 30).
c) En application de la Constitution
30, les Statuts (vice-)provinciaux détermineront
combien de fois par jour nous devons nous
réunir pour prier.
029 - A peu près
chaque mois pendant une journée, et chaque
année pendant huit jours, nous vivrons plus
personnellement avec Dieu par les exercices
spirituels.
Aux Statuts (vice-)provinciaux
de donner plus de précisions à ce sujet.
Article 3: Communauté fraternelle
030
- La structure administrative de la Communauté
sera toujours au service d'un esprit de
communion fraternelle; c'est lui qui tient
nécessairement la première place dans
notre vie.
[24]
La structure sera donc pensée de manière à susciter
au mieux cet esprit: il faut y veiller surtout
dans les communautés plus nombreuses.
031 - Tous nous devons
être toujours attentifs aux multiples exigences
concrètes de la charité, sources de maturité
humaine et chrétienne: respect et aide mutuels,
sollicitude pleine de discrétion envers les
confrères en difficulté ou dans la peine,
disponibilité dans l'accueil et l'hébergement
des confrères de passage, service fraternel,
participation aux tâches domestiques, etc.
032 - Par dessus
tout, estimons la correction fraternelle (cf.
Mt 18,15): elle réchauffe et protège la ferveur
de la Communauté. Des liens personnels et une amitié
évangélique seront son meilleur appui (cf.
C 34).
033 - Nous aurons
tous à cœur d'aider les jeunes qui débutent
dans le ministère à s'insérer étroitement
dans la vie et les activités de la Communauté.
034 - Les malades,
les vieillards, parfois accablés par l'isolement,
devront toujours trouver — surtout en leurs
derniers moments — attention et soins particuliers.
Eux-mêmes, quelles
que soient leurs épreuves, sauront accepter
avec une foi généreuse leur situation concrète,
et y voir un appel du Seigneur. Leur vie de prière, leur expérience, les services même qu'ils peuvent
encore rendre, deviendront pour les plus jeunes
une source d'inspiration.
035 - Les familles
des confrères, surtout leurs parents, les
bienfaiteurs et associés, sont reliés à notre
famille religieuse. Ils méritent d'être entourés et aimés,
surtout s'ils se trouvent dans la peine et
les difficultés.
036 - Notre charité
s'étendra aux confrères et bienfaiteurs défunts.
Les Statuts (vice-)provinciaux
détermineront les suffrages à faire. Le nom des défunts, pour toute la Congrégation,
sera communiqué aux Provinces par le Gouvernement
général.
A lui aussi de
pourvoir aux suffrages pour un Supérieur général
défunt, même s'il n'est plus en charge.
Article 4: Communauté de travail
037 - Dans chaque
Communauté, le Supérieur est l'animateur de
l'adaptation continue. A dates fixes, selon les Statuts (vice-)provinciaux,
il réunira les confrères pour chercher avec
eux à mettre au point leur travail selon les
données perpétuellement révisées et approfondies
de la théologie, de la pastorale et des disciplines
qui touchent de plus près à leur activité. Ainsi nous nous affermirons dans l'espérance
de notre vocation et nous rénoverons notre
ministère (cf. CC 38, 73, 90, 103, 136, 139;
St 048). Au cours de telles sessions d'étude, ayons toujours à l'esprit les
besoins de l'Église locale et de sa pastorale
d'ensemble (cf. CC 18, 135; St 04).
Après un travail
apostolique ou un certain temps de vie communautaire,
il sera opportun d'en faire une révision,
afin que les vues de Dieu ressortent mieux
pour tous et que l'on pourvoie plus efficacement
à l'avancée de l'Église.
Article 5: Communauté de conversion
038 - Pour notre
progrès spirituel, pour corriger nos erreurs
et déficiences, plusieurs fois par an, au
temps déterminé par les Statuts (vice-)provinciaux,
nous ferons révision de vie dans une réunion
de Communauté. Son objet sera la manière dont
nous remplissons nos tâches, notre fidélité
aux Constitutions et Statuts, surtout en ce
qui concerne la charité fraternelle et apostolique. La récollection mensuelle en commun serait
la meilleure occasion pour cette révision
de vie.
039
– Les Statuts (vice-)provinciaux indiqueront
quelque œuvre de pénitence communautaire
pour un jour ou l'autre dans la semaine
et pour certaines périodes dans l'année
liturgique.
[25]
040 - Nos prêtres
approuvés par un supérieur de la Congrégation
pour entendre les confessions, le sont par
le fait même pour toutes les maisons et tous
les confrères de l'Institut, à moins que leur
propre supérieur, ou un supérieur compétent,
n'ait restreint expressément cette juridiction.
Tout confesseur
approuvé par un Ordinaire a juridiction sur
le confrère qui s'adresse à lui pour sa confession.
Article 6: Communauté organisée
041 - Les normes
pour le bon ordre de la Communauté porteront
principalement sur les points suivants :
a) les relations humaines, telles que les sorties de la maison, les visites
aux parents ou aux étrangers, etc.
b) les conditions pour favoriser l'étude, l'oraison commune, la détente de
l'esprit et le progrès personnel de chacun,
comme, par exemple, le silence, l'ordre du
jour.
Sur ces questions
et d'autres semblables, les Statuts (vice-)provinciaux
décideront lesquelles sont laissées aux Communautés
locales, lesquelles relèvent du Conseil (vice-)provincial
(cf. C 137b).
STATUTS DU CHAPITRE III
COMMUNAUTÉ
APOSTOLIQUE CONSACRÉE AU CHRIST RÉDEMPTEUR
(CC 46-76)
Article 1: La chasteté
042 - Soucieux d'une
chasteté fidèle, mettons notre foi dans les
paroles du Seigneur, notre confiance dans
l'aide de Dieu et le patronage de la Bienheureuse
Vierge du Perpétuel Secours, sans présumer
de nos propres forces.
Article 2: La pauvreté
043 - Le droit particulier
de la Congrégation auquel renvoie la Constitution
68 est contenu dans les Décrets de Pie X Ut
tollatur du 31 août 1909 et de Benoît
XV du 7 mai 1918.
044 - La mise en
commun volontaire de tous les biens favorise
merveilleusement la volonté de partager, surtout
avec les petits et les pauvres.
En effet, à l'exemple
du Christ, qui nous a tout donné, la pauvreté
inclut le partage.
C'est pourquoi,
membres d'un Institut destiné à évangéliser
les pauvres, nous devons vivement ressentir
les problèmes posés par la pauvreté dans le
monde et les graves problèmes sociaux qui
angoissent tous les hommes.
Toute espèce de
pauvreté — matérielle, morale et spirituelle
— doit solliciter notre zèle apostolique.
Les
aspirations légitimes des pauvres seront nos
aspirations.
045 - Dans certains
cas, si la Communauté en est d'accord, nous
pouvons être amenés à partager réellement
la pénurie et l'insécurité des pauvres de
la plus humble condition.
Suivant les exigences
de chaque (Vice-)Province, il est loisible
d'en faire des essais judicieux, propres à
manifester et à promouvoir la maturité humaine
et chrétienne de l'ouvrier apostolique.