Règle de vie

 

STATUTS GÉNÉRAUX

DE LA CONGRÉGATION
DU TRÈS-SAINT-RÉDEMPTEUR

1984

LA CONGRÉGATION DANS L'ÉGLISE

(Constitution 2)

01 - La Congrégation du Très-Saint-Rédempteur (C.Ss.R.) réunit des prêtres, des diacres et des laïcs. En communion fraternelle à la maison comme au dehors, nous concourons à l'accomplissement de la même mission. Tous et chacun — même quand les conditions nous rapprochent davantage de la vie cachée du Christ — nous voulons être un ferment évangélique dans le monde:

    soit en nous consacrant à l'annonce de l'Évangile et au ministère de la liturgie,

    soit en entreprenant d'autres tâches proprement apostoliques,

    soit par un travail technique et professionnel.

02 - La Congrégation peut s'associer des «oblats» clercs ou laïcs, pour en faire des compagnons d'apostolat, temporaires ou à vie.

Aux (Vice-)Provinces d'en préciser davantage les formes concrètes d'agrégation (cf. 085).

03 - La Congrégation est régie par le droit commun de l'Église, le droit particulier contenu dans nos Constitutions approuvées par le Saint-Siège, les Statuts généraux et les Directoires émanant du Chapitre général, enfin, par les Statuts (vice-)provinciaux établis par le Chapitre (vice-)provincial.

Le Directoire des Chapitres a force de loi. Quant au Directoire des Supérieurs, il n'a force de loi que pour la liste des compétences ; dans les cas où il cite le droit commun ou particulier, l'obligation découle du droit allégué.

04 - Nous sommes une Congrégation «exempte». Pourtant nos communautés font partie, de fait et de droit, de l’Église locale: elles en partagent grâces, joies, difficultés, persécutions ou tribulations. Elles se sentiront donc responsables de pourvoir aux besoins du peuple de Dieu et, dans la mesure où l'organisation de la pastorale l'exigera, elles mettront toutes leurs forces à collaborer avec l'Eglise locale, en sauvegardant le caractère propre de l'Institut (cf. CC 18, 66, 135). [1]

05 - Nous vénérons:

    le Très Saint Rédempteur, comme titulaire de la Congrégation,

    la Bienheureuse Vierge Marie sous le titre d'Immaculée Conception, comme sa patronne officielle, et sous le nom de Mère du Perpétuel-Secours dont le Saint-Siège nous a confié le culte à propager,

    saint Joseph et les saints Apôtres,

    saint Alphonse, notre fondateur et père, notre modèle à tous,

    saint Clément, propagateur insigne de la Congrégation, saint Gérard, idéal surtout du frère laïc, saint Jean-N. Neumann, ce prodige de zèle pastoral, et le Bienheureux Pierre Donders, éminent exemple du missionnaire voué au salut de tout l'homme.

06 - Le sceau de la Congrégation représente la croix avec la lance et l'éponge posées sur trois monticules; à droite et à gauche, les monogrammes de Jésus et de Marie; au-dessus, un œil d'où partent des rayons; le tout surmonté d'une couronne. En exergue, la devise Copiosa apud eum redemptio («Près du Seigneur abondante rédemption», Ps 129,7).

07 - Le port de notre habit religieux — cf. Constitution 45,4° — sera réglé avec plus de précision par les Statuts (vice-)provinciaux.

08 - Faisons grand cas de l'apostolat contemplatif des Moniales de l'Ordre du Très-Saint-Rédempteur. De même origine que nous, poursuivant le même but, elles prennent part au ministère de la Congrégation. Il faut donc régulièrement les tenir au courant de notre apostolat pour que, grâce à leur aide spirituelle, «la Parole de Dieu poursuive sa course avec éclat» (2 Th 3,1). Nous serons prompts aussi à les aider fraternellement.

A notre Curie générale, un Secrétariat spécial est préposé aux affaires concernant les Moniales du Très-Saint-Rédempteur.

CALENDRIER PROPRE A LA CONGRÉGATION

·        5 janvier: St Jean-Népomucène Neumann

·        14 janvier: Bx Pierre Donders

·        15 mars: St Clément-Marie Hofbauer

·        Jeudi qui suit le IIIe dimanche après la Pentecôte (octave de la Fête du Saint Sacrement): le Cœur eucharistique de Jésus

·        27 juin: Notre Dame du Perpétuel Secours

·        Troisième dimanche de juillet: Solennité du Très Saint Rédempteur

·        1er août: St Alphonse de Liguori

·        16 octobre: St Gérard Majella

·        8 décembre: l'Immaculée Conception de la Bienheureuse Vierge Marie

STATUTS DU CHAPITRE I

LA TÂCHE MISSIONNAIRE DES RÉDEMPTORISTES
(CC 3-20)

Article 1: Les hommes à évangéliser (CC 3-5)

09 - Critère:

a) Il nous faut, en accord avec les directives du Chapitre (vice-)provincial, chercher avec soin quels sont les hommes les plus dépourvus de secours spirituels, surtout les pauvres, les gens d'humble condition et les opprimés, suivant la diversité des régions et dans une pastorale concertée.

b) II n'est pas permis aux Rédemptoristes de rester sourds aux clameurs des pauvres et des opprimés. Ils doivent trouver les moyens de les aider à surmonter par leurs propres forces les maux qui les écrasent. Que jamais cet élément essentiel de l'Évangile ne manque dans la proclamation de la Parole de Dieu.

010 - Les groupes de fidèles que l'Église n'a pas encore pu doter des moyens suffisants de Salut

Sont dans ce cas ceux que le manque de prêtres ou les conditions sociales mettent dans une situation d'abandon spirituel ; par exemple:

    les ruraux de certaines régions,

    la plupart des migrants, des exilés, des réfugiés et autres personnes en situation analogue,

    ceux qui habitent ou travaillent dans les quartiers populeux des grandes villes,

    ceux qui «se voient injustement soumis à un régime d'exception, en raison de leur race ou de leur couleur». [2]

011 - Ceux qui n'ont pas encore entendu le message de l'Église

a) Nous savons que la mission première de l'Église et la tâche principale de la charité missionnaire consistent dans l'annonce de l'Évangile aux peuples qui ignorent le Christ et son message de miséricorde. [3]

Dans ce domaine missionnaire l'Église est bien consciente qu'il lui reste un immense labeur à accomplir. [4]

Notre Congrégation, déjà à l'œuvre en cette tâche première de l'Église, veut la poursuivre avec plus d'intensité encore.

Pour répondre aux appels de l'Église, il faut donc que nos différentes Provinces et Vice-Provinces s'interrogent sur leurs possibilités, soit de coopérer avec les Provinces déjà établies en pays de mission en les soutenant par l'envoi de personnel ou de fonds, soit d'accepter elles-mêmes de nouvelles missions.

b) Les confrères engagés dans cet apostolat suivent d'une façon éminente le Christ Rédempteur et réalisent l'intention de notre Fondateur. Saint Alphonse exhortait instamment ses fils à être «animés d'un vrai zèle pour la conversion des païens» et il voulut qu'ils s'engagent par vœu à «partir dans les missions même auprès des infidèles». [5]

c) La christianisation en profondeur d'un milieu dépend d'une intime coopération entre les missionnaires et les peuples appelés à la foi. Les confrères partant pour une mission nouvelle devront être initiés à la missiologie. Ils s'appliqueront à connaître la langue, la culture, la religion et les coutumes de ces populations. [6]

Ils tiendront en grande estime toutes les valeurs et richesses présentes dans la tradition de ces peuples pour les intégrer dans la structure de leur foi vécue. Ainsi pourra naître une Église vraiment autochtone qui en même temps sera signe de l'Église universelle.

Afin de transmettre toutes les richesses qui magnifient la tradition religieuse de l'Église, nous chercherons aussi à implanter notre Congrégation. Ainsi pourra-t-elle, sur place, servir le peuple en pleine harmonie avec son génie et sa culture. [7]

Que les missionnaires étrangers n'oublient pas qu'ils sont simplement appelés à venir en aide à ces peuples. Le moment venu, ils cèderont volontiers leur place au clergé local dans un esprit d'abnégation et de charité.

d) En vue d'une meilleure collaboration, nos supérieurs passeront, avec l'Ordinaire du lieu, des conventions portant sur les droits et les obligations réciproques. Dans le même but on déterminera quels sont les biens de la Congrégation et ceux du diocèse. [8]

012 - Ceux qui ne reconnaissent pas la «Bonne Nouvelle» dans le message de l'Église

Ce sont les hommes ou les groupes humains chez qui l'Église est présente, mais pour qui le Christ ne représente rien et l'Église est une étrangère. [9]

L'athéisme qui, un peu partout, pénètre largement la vie et les institutions, doit faire l'objet d'une étude sérieuse de notre part. Pour susciter une foi chrétienne authentique, il importe de l'apprécier sous tous ses aspects, même positifs (cf. 014b).

013 - Les victimes de la division de l'Église

Nous favoriserons tout ce qui peut contribuer à l'union de tous ceux qui croient au Christ. Ceci vaut pour tous les Rédemptoristes accomplissant leur tâche missionnaire dans notre société «pluraliste», mais touche plus particulièrement ceux qui sont engagés expressément dans le mouvemente œcuménique. [10]

Pour ce service sont requises abnégation sincère, humilité, mansuétude, grande largeur de vue. Notre action en faveur de l'union des chrétiens sera d'autant plus efficace que nous nous efforcerons de mener une vie plus purement conforme à l'Évangile.

014 - Les fidèles toujours appelés à la conversion

a) La Congrégation doit encore et toujours accomplir auprès des fidèles un authentique travail missionnaire, puisque l'Église doit sans cesse leur prêcher la foi et la conversion. [11]

En outre il faut éveiller des vocations missionnaires chez les croyants pour que la Congrégation partout poursuive sa tâche.

b) Dans la crise générale de la foi, notre mission auprès des fidèles doit principalement viser aujourd'hui à la conversion de foi. Le contexte social, marqué par le «pluralisme» culturel, ne peut plus être dit chrétien et ne fournit plus à la foi de structures extérieures.

Mais justement, ces conditions nouvelles qui affectent jusqu'à la religion en provoquent la purification et une plus vive adhésion de foi. [12]

c) Nous aiderons les laïcs à prendre conscience de leur vocation propre dans l'Église pour que, guidés par l'esprit évangélique, ils travaillent comme de l'intérieur, à la manière d'un ferment, à la sanctification du monde. [13]

Nous aurons à cœur de rendre plus intense l'activité apostolique du Peuple de Dieu; en effet, l'apostolat des laïcs tient un rôle propre et absolument nécessaire dans la mission de l'Église. L'Église ne vit pas pleinement, elle n'est pas le signe parfait du Christ parmi les hommes, si un laïcat authentique n'existe pas et n'agit pas. [14]

d) Grande sera notre sollicitude pastorale envers les jeunes, force agissante de la société contemporaine. Nous tâcherons d'en faire des hommes nouveaux et des artisans d'une humanité nouvelle. Nous allumerons en eux le sens missionnaire qui en amènera à vouer leur vie à l'Evangile. Ceci vaut surtout là où nous avons des paroisses. [15]

015 - Le service pastoral des prêtres.

Les prêtres qui assurent habituellement le ministère ordinaire sont les éducateurs-nés de la foi des fidèles.

Mais nul n'ignore «les difficultés qu'ils doivent affronter dans les conditions de la vie actuelle. Obstacles nouveaux à la vie de foi, stérilité apparente du labeur accompli, dure épreuve de la solitude, tout cela peut risquer de les conduire au découragement». [16]

Il nous faut donc avoir particulièrement le souci de les aider. Nous mettrons tout en œuvre, à commencer par les contacts humains, pour les soutenir dans leur foi et leur apporter l'espérance dans le contexte pastoral actuel.

Article 2: Quelques formes d'activité missionnaire (CC 13-16)

016 - Principe général

Là où les formes de ministère mentionnées ci-après portent encore leurs fruits, il faut nous y donner avec ténacité et de grand cœur, tout en les adaptant sans cesse aux nécessités pastorales.

017 - Les missions populaires

a) L'Église est faite d'hommes pécheurs. Sainte, elle a toujours besoin d'être purifiée: elle continue sa marche dans la pénitence et la conversion. [17]

L'histoire atteste que, pour arriver à cette fin, les missions populaires ont constitué un moyen de première valeur. Forme typique d'une pastorale extraordinaire, elles proclament l'annonce du Salut et font appel à la conversion (prédication kérygmatique), continuant ainsi la Rédemption que le Fils de Dieu ne cesse de poursuivre dans le monde par ses ministres.

b) Pour assurer les fruits des missions, on recommande instamment les retours de missions. Ils constituent une note originale de la Congrégation.

018 - Le ministère paroissial

Les confrères affectés au ministère paroissial s'acquitteront de leurs tâches avec tout le zèle possible. Qu'ils prennent conscience que plus ils seront mus par un esprit missionnaire, plus leur travail prendra valeur de mission permanente.

019 - La catéchèse

La catéchèse vise, par des exposés doctrinaux, à rendre la foi éclairée, vivante, consciente et dynamique. Quel que soit notre engagement pastoral, nous nous emploierons, selon nos moyens, à la promouvoir. Nous apporterons notre concours aux organismes catéchétiques. [18]

020 - Les exercices spirituels

Dans nos maisons ou ailleurs, nous donnerons les exercices aux prêtres et aux clercs, aux religieux et aux laïcs. Dans un souci vraiment ecclésial, nous chercherons à faire entrer les participants toujours plus profondément dans le mystère du Salut et à les rendre missionnaires.

Nous éduquerons les laïcs à prendre leur place dans l'Église et leurs responsabilités vis-à-vis de leurs frères (cf. 014c-d).

021 - L'engagement pour la justice et la promotion humaine

La mission de l'Église est de libérer et de sauver tout l'homme et tous les hommes. C'est l'univers en toutes ses dimensions qu'elle est appelée à construire dans le Christ. Un missionnaire ne doit jamais l'oublier. Aussi travaillerons-nous à la promotion humaine et sociale, surtout dans les pays en voie de développement. [19]

Nous le ferons de façons diverses, selon la variété des lieux et les besoins de l'évangélisation, en étroite collaboration avec les organismes et institutions spécialisés.

Les Statuts (vice-)provinciaux devront être plus explicites, tenant compte de notre charisme missionnaire au sein de l'Église.

022 - Les moyens de communication sociale

Les moyens de communication sociale sont un instrument puissant pour l'expansion et l'affermissement du Royaume de Dieu. Nous leur faisons large accueil et les mettons à profit pour le travail pastoral, qu'il s'agisse de publications populaires ou scientifiques, d'œuvres d'art ou des moyens audiovisuels. [20]

Les Chapitres étudieront l'emploi missionnaire des moyens de communication; les Gouvernements (vice-)provinciaux seront attentifs à assurer la formation des confrères pour ce genre d'apostolat.

023 - L'étude de la théologie morale et pastorale

L'Église nous demande de nous appliquer à l'étude des sciences théologiques et humaines, en vue de fournir au Peuple de Dieu, dans la vie de tous les jours, les moyens nécessaires au Salut. L'histoire et l'esprit de la Congrégation nous vouent spécialement à l'étude de la théologie morale, de la pastorale et de la spiritualité. [21]

Une Académie alphonsienne a été fondée à Rome. Son but est en parfait accord avec la fin de l'Institut. Aussi toute la Congrégation doit-elle la soutenir et s'y intéresser.

024 - La consultation spirituelle

Le charisme de conseiller spirituel, si éclatant chez saint Alphonse, fut toujours tenu en haute estime dans notre tradition. Il est plus que jamais important aujourd'hui où l'homme est livré à d'incessantes interrogations. [22]

Mais ce ministère exige que soient créées des formes nouvelles, plus accordées à la mentalité contemporaine, par exemple les consultations (counseling), les courriers dans les revues, etc. Là où ces formes sont en usage, utilisons-les dans l'esprit qui caractérise le Rédemptoriste. [23]

Article 3: L'adaptation de nos méthodes apostoliques (CC 17-19)

025      a) Sous l'animation du Supérieur (vice-)provincial et avec le concours des Secrétariats concernés, nous organiserons aussi des sessions d'étude pour l'ensemble de la (Vice)Province sur des questions théologiques, pastorales et autres, ou d'adaptation missionnaire. Ces sessions doivent prendre un caractère régulier et institutionnel (cf. C 126; St. 0114, 0155).

b) Pour favoriser le progrès de l'action missionnaire, il apparaît fort opportun que les Gouvernements (vice-)provinciaux, de concert avec le Secrétariat à la Vie apostolique, mettent sur pied des équipes qui fassent l'expérience de nouvelles formes d'action missionnaire. Que ces expériences soient menées en collaboration avec l'Église locale (cf. CC 36-38; St. 045, 049).

STATUTS DU CHAPITRE II

LA VIE COMMUNAUTAIRE
(CC 21-45)

Article 1: Importance de la Communauté

026 - La Communauté dont parle la Constitution 22 comprend aussi les confrères qui, exceptionnellement, et parce que le ministère l'exige, vivent isolés par mandat de la Communauté et au service de son projet commun.

027 - Supérieurs ou confrères, nous aurons le souci de nous retrouver régulièrement avec les confrères d'autres maisons pour favoriser un esprit de fraternelle collaboration. Ceci vaut tout particulièrement pour ceux qui, envoyés par la Communauté et unis de cœur avec elle, vivent et travaillent seuls.

Article 2: Communauté de prière

028      a) Comme le mystère eucharistique exprime et construit la Communauté, il est très souhaitable que l'on concélèbre ou que l'on participe à la messe en communauté.

Nous aurons aussi à cœur de poursuivre un dialogue quotidien avec le Seigneur dans l'action de grâce après la communion, la visite et la dévotion personnelle au Saint Sacrement.

b) D'autre part, «l'office divin est la voix de l'Église s'acquittant de la louange publique de Dieu» (SC 99). On tiendra donc à ce qu'une partie au moins du bréviaire soit célébrée en commun (cf. C 30).

c) En application de la Constitution 30, les Statuts (vice-)provinciaux détermineront combien de fois par jour nous devons nous réunir pour prier.

029 - A peu près chaque mois pendant une journée, et chaque année pendant huit jours, nous vivrons plus personnellement avec Dieu par les exercices spirituels.

Aux Statuts (vice-)provinciaux de donner plus de précisions à ce sujet.

Article 3: Communauté fraternelle

030 - La structure administrative de la Communauté sera toujours au service d'un esprit de communion fraternelle; c'est lui qui tient nécessairement la première place dans notre vie. [24]

La structure sera donc pensée de manière à susciter au mieux cet esprit: il faut y veiller surtout dans les communautés plus nombreuses.

031 - Tous nous devons être toujours attentifs aux multiples exigences concrètes de la charité, sources de maturité humaine et chrétienne: respect et aide mutuels, sollicitude pleine de discrétion envers les confrères en difficulté ou dans la peine, disponibilité dans l'accueil et l'hébergement des confrères de passage, service fraternel, participation aux tâches domestiques, etc.

032 - Par dessus tout, estimons la correction fraternelle (cf. Mt 18,15): elle réchauffe et protège la ferveur de la Communauté. Des liens personnels et une amitié évangélique seront son meilleur appui (cf. C 34).

033 - Nous aurons tous à cœur d'aider les jeunes qui débutent dans le ministère à s'insérer étroitement dans la vie et les activités de la Communauté.

034 - Les malades, les vieillards, parfois accablés par l'isolement, devront toujours trouver — surtout en leurs derniers moments — attention et soins particuliers.

Eux-mêmes, quelles que soient leurs épreuves, sauront accepter avec une foi généreuse leur situation concrète, et y voir un appel du Seigneur. Leur vie de prière, leur expérience, les services même qu'ils peuvent encore rendre, deviendront pour les plus jeunes une source d'inspiration.

035 - Les familles des confrères, surtout leurs parents, les bienfaiteurs et associés, sont reliés à notre famille religieuse. Ils méritent d'être entourés et aimés, surtout s'ils se trouvent dans la peine et les difficultés.

036 - Notre charité s'étendra aux confrères et bienfaiteurs défunts.

Les Statuts (vice-)provinciaux détermineront les suffrages à faire. Le nom des défunts, pour toute la Congrégation, sera communiqué aux Provinces par le Gouvernement général.

A lui aussi de pourvoir aux suffrages pour un Supérieur général défunt, même s'il n'est plus en charge.

Article 4: Communauté de travail

037 - Dans chaque Communauté, le Supérieur est l'animateur de l'adaptation continue. A dates fixes, selon les Statuts (vice-)provinciaux, il réunira les confrères pour chercher avec eux à mettre au point leur travail selon les données perpétuellement révisées et approfondies de la théologie, de la pastorale et des disciplines qui touchent de plus près à leur activité. Ainsi nous nous affermirons dans l'espérance de notre vocation et nous rénoverons notre ministère (cf. CC 38, 73, 90, 103, 136, 139; St 048). Au cours de telles sessions d'étude, ayons toujours à l'esprit les besoins de l'Église locale et de sa pastorale d'ensemble (cf. CC 18, 135; St 04).

Après un travail apostolique ou un certain temps de vie communautaire, il sera opportun d'en faire une révision, afin que les vues de Dieu ressortent mieux pour tous et que l'on pourvoie plus efficacement à l'avancée de l'Église.

Article 5: Communauté de conversion

038 - Pour notre progrès spirituel, pour corriger nos erreurs et déficiences, plusieurs fois par an, au temps déterminé par les Statuts (vice-)provinciaux, nous ferons révision de vie dans une réunion de Communauté. Son objet sera la manière dont nous remplissons nos tâches, notre fidélité aux Constitutions et Statuts, surtout en ce qui concerne la charité fraternelle et apostolique. La récollection mensuelle en commun serait la meilleure occasion pour cette révision de vie.

039 – Les Statuts (vice-)provinciaux indiqueront quelque œuvre de pénitence communautaire pour un jour ou l'autre dans la semaine et pour certaines périodes dans l'année liturgique. [25]

040 - Nos prêtres approuvés par un supérieur de la Congrégation pour entendre les confessions, le sont par le fait même pour toutes les maisons et tous les confrères de l'Institut, à moins que leur propre supérieur, ou un supérieur compétent, n'ait restreint expressément cette juridiction.

Tout confesseur approuvé par un Ordinaire a juridiction sur le confrère qui s'adresse à lui pour sa confession.

Article 6: Communauté organisée

041 - Les normes pour le bon ordre de la Communauté porteront principalement sur les points suivants :

a) les relations humaines, telles que les sorties de la maison, les visites aux parents ou aux étrangers, etc.

b) les conditions pour favoriser l'étude, l'oraison commune, la détente de l'esprit et le progrès personnel de chacun, comme, par exemple, le silence, l'ordre du jour.

Sur ces questions et d'autres semblables, les Statuts (vice-)provinciaux décideront lesquelles sont laissées aux Communautés locales, lesquelles relèvent du Conseil (vice-)provincial (cf. C 137b).

STATUTS DU CHAPITRE III

COMMUNAUTÉ APOSTOLIQUE CONSACRÉE AU CHRIST RÉDEMPTEUR
(CC 46-76)

Article 1: La chasteté

042 - Soucieux d'une chasteté fidèle, mettons notre foi dans les paroles du Seigneur, notre confiance dans l'aide de Dieu et le patronage de la Bienheureuse Vierge du Perpétuel Secours, sans présumer de nos propres forces.

Article 2: La pauvreté

043 - Le droit particulier de la Congrégation au­quel renvoie la Constitution 68 est contenu dans les Décrets de Pie X Ut tollatur du 31 août 1909 et de Benoît XV du 7 mai 1918.

044 - La mise en commun volontaire de tous les biens favorise merveilleusement la volonté de partager, surtout avec les petits et les pauvres.

En effet, à l'exemple du Christ, qui nous a tout donné, la pauvreté inclut le partage.

C'est pourquoi, membres d'un Institut destiné à évangéliser les pauvres, nous devons vivement ressentir les problèmes posés par la pauvreté dans le monde et les graves problèmes sociaux qui angois­sent tous les hommes.

Toute espèce de pauvreté — matérielle, morale et spirituelle — doit solliciter notre zèle apostolique. Les aspirations légitimes des pauvres seront nos aspirations.

045 - Dans certains cas, si la Communauté en est d'accord, nous pouvons être amenés à partager réellement la pénurie et l'insécurité des pauvres de la plus humble condition.

Suivant les exigences de chaque (Vice-)Province, il est loisible d'en faire des essais judicieux, propres à manifester et à promouvoir la maturité humaine et chrétienne de l'ouvrier apostolique.

046      1°) La Communauté est tenue de fournir aux confrères tout le nécessaire. Les Statuts (vice-)provinciaux en parleront plus expressément.

2°) Pour que la vie commune des confrères soit vraiment adaptée à la mentalité des diverses régions et présente un témoignage efficace de pauvreté et de solidarité avec les pauvres, les Statuts (vice-)provinciaux établiront des formes concrètes concernant :

a) l'usage non arbitraire des biens matériels nécessaires à la vie quotidienne, et les permissions à demander;

b) le niveau de vie tant des individus que des communautés, compte tenu des circonstances et des lieux;

c) la manière de revoir périodiquement la pauvreté, pour la rendre plus vraie;

d) les formes nouvelles de pauvreté et la responsabilité personnelle à développer en ce domaine.

047 - Dans ce but, une certaine somme d'argent fixée par décret en Chapitre (vice-)provincial peut être laissée habituellement aux confrères, en raison de leur charge ou des nécessités ; mais que l'usage en soit déterminé et qu'on en rende compte au Supérieur, pour éviter l'apparence même du «pécule».

Article 3: L'obéissance

048      a) Soucieux d'une obéissance consciente, nous exerçons une responsabilité commune dans la recherche des moyens propres à poursuivre la mission de la Congrégation face aux diverses situations.

b) Quand une décision est prise en communauté, tous, dans un effort commun, nous avons à l'exécuter de bon cœur.

049 - En vue de l'apostolat, l'Esprit Saint distribue dons et charismes (cf. 1 Co 12,1-30). Les recevoir fait naître pour chacun le droit et le devoir de les exercer pour l'utilité de la communauté ecclésiale (ib. 12,7), en communion avec les confrères et surtout avec ceux qui

président (12,28). Ceux-ci ont à porter un jugement sur l'authenticité et le bon usage de ces dons, non pour étouffer l'Esprit, mais pour les soumettre à l'épreuve et retenir ce qui est bon (cf. 1 Th 5,19-22; 1 Jn 4,1-7). Ne l'oublions pas, les meilleurs charismes (1 Co 12,31) sont au service de la charité comme de la voie la plus excellente (ib. 13,1).

STATUTS DU CHAPITRE IV

LA FORMATION
DANS NOTRE COMMUNAUTÉ APOSTOLIQUE
(CC 77-90)

Article 1: Sélection et discernement des vocations

050 - Chaque (Vice-)Province se trouvera des organismes d'éveil, de recherche et de culture des vocations, en collaboration loyale avec les responsables diocésains, régionaux ou mondiaux de la pastorale des vocations. [26]

051 - L'aptitude des candidats à la vie de la Congrégation ne doit faire aucun doute. On prêtera donc une attention spéciale aux points suivants:

a) la santé physique et psychique des aspirants, eue égard à notre vie apostolique, leur aptitude à la vie en groupe; sur ces points, aux critères communs, on ajoutera au besoin l'expertise sérieuse de spécialistes; [27]

b) les bonnes mœurs, l'hérédité, le milieu familial;

c) la capacité intellectuelle requise par notre apostolat;

d) surtout, ces qualités de l'âme et du cœur indispensables pour le don total à Dieu et aux autres, tel qu'il doit se vivre dans la communauté rédemptoriste.

052 - Pour ouvrir aux jeunes des voies plus humaines, plus réalistes, vers un libre choix de vie, il faut trouver des façons nouvelles de promouvoir les vocations, qui favorisent et renforcent chez les candidats une suffisante maturité. [28]

De cet ordre sont diverses formes de séminaires d'aînés.

053 - Les (Vice-) Provinces qui tiennent des collèges «secondaires» (écoles «moyennes») d'enfants et d'adolescents dans l'espoir de cultiver des vocations naissantes, s'attacheront à donner aux élèves une formation humaine et chrétienne telle que leur maturité et leur culture humaine permettent à leur foi personnelle de se fortifier et de grandir et qu'ils puissent s'engager d'un cœur pur et généreux à la suite du Christ Rédempteur.

Qu'on leur ménage un genre de vie aussi proche que possible de celui des jeunes de leur temps, «sans négliger une expérience convenable de la vie des hommes, ni les liens avec leur propre famille». [29]

Ils reçoivent la formation humaniste et scientifique qui permet aux jeunes gens de leur nation d'accéder aux études supérieures.

Article 2: La formation des candidats

054 - A toutes les étapes de la formation, on pourvoira efficacement à l'éducation intégrale des candidats, sous tous les aspects humains et chrétiens de la vie.

Quant à ceux qui ne sont pas faits pour nous, qu'on les avertisse à temps d'abandonner notre vie et qu'on les aide à prendre conscience de leur vocation chrétienne pour qu'ils s'engagent allègrement dans l'apostolat des laïcs.

I - MATURITÉ A ACQUÉRIR

055 - Les candidats doivent acquérir la maturité psychologique. Celle-ci se reconnaît à une stabilité d'esprit nécessaire pour assumer le charisme du célibat et bien pratiquer les autres conseils évangéliques, — à une juste appréciation des événements et des hommes, — et à la capacité de prendre des décisions réfléchies pour mener une vie apostolique communautaire. [30]

II - LA FORMATION SPIRITUELLE

056 - Par la méditation assidue des Écritures, surtout des Évangiles, par l'oraison et la célébration de la Sainte Liturgie, qu'on apprenne diligemment aux candidats à chercher le Christ Rédempteur et à le suivre avec un vif amour, faisant leurs l'esprit et la pratique des conseils évangéliques et des Béatitudes. Qu'ils s'imprègnent du mystère de l'Église et apprennent à participer à toute sa vie. Ils aimeront et honoreront avec confiance la Vierge Marie, Reine des Apôtres, saint Alphonse et nos autres saints. [31]

III - FORMATION A LA VIE COMMUNAUTAIRE

057 - On les éduquera aussi aux vertus qui lient la communauté apostolique: l'amour fraternel et l'abnégation de soi, la disponibilité à tous et d'abord aux petits et aux pauvres, l'aptitude à faire équipe, l'esprit d'entreprise et la foi confiante, un cœur simple et droit, patient et bon, une joie que ne submergent ni les peines et les privations, ni la fatigue et les épreuves, ni les angoisses et les persécutions pour le Christ (cf. C 20; 2 Co 3,7; 10,12) [32]

IV - ÉDUCATION PASTORALE

058 - C'est l'esprit missionnaire qui caractérise toute notre pédagogie pastorale. Il doit éclater partout. La formation tout entière — études et vie spirituelle — se fera conjointement avec des activités et des expériences apostoliques: à ce prix les candidats se renouvelleront et progresseront dans la foi vivante au mystère du Salut et annonceront avec conviction la Bonne Nouvelle aux hommes. [33]

059 - Membres d'un Institut voué à l'apostolat, «ils ne doivent pas être inférieurs à leur tâche; il faut donc leur donner, selon leur capacité intellectuelle et leur caractère personnel, une connaissance suffisante des modes de vie ainsi que des manières de voir et de penser de la vie sociale actuelle». [34]

Article 3: Les professeurs

060 - Les professeurs sont des éducateurs; ils agissent en étroite collaboration avec les Animateurs. Qu'ils soient eux-mêmes bien formés à la pédagogie et aux disciplines qu'ils ont à enseigner. On leur fournira sans lésiner les instruments de travail nécessaires. [35]

En vue d'un meilleur résultat, les membres de toutes nos œuvres de formation se réunissent en conseils réguliers ; ils confrontent leurs idées avec celles des instituts similaires, n'hésitant pas à s'associer et à coopérer avec eux si la distance le permet.

Article 4: L'initiation à la vie apostolique

061 - Les Statuts (vice-)provinciaux, dans les limites du droit commun, décident de l'obligation du postulat, de sa nature, de sa durée.

062      a) Le noviciat canonique commence au jour fixé par le Supérieur (vice-)provincial dans un document officiel, et il doit être accompli dans la maison désignée par le Supérieur général avec l'accord de son Conseil.

b) C'est le Supérieur (vice-)provincial, avec l'accord de son Conseil, qui admet les candidats au noviciat et les novices à la profession temporaire. Mais il revient au seul Provincial, avec l'accord de son Conseil, d'admettre les profès temporaires aux vœux perpétuels.

c) Le Supérieur (vice-)provincial peut, avec l'accord de son Conseil, proroger le temps du noviciat, selon la Constitution 86, 2°d.

063 - Les (Vice-)Provinces décident de l'habit que porteront les postulants et les novices.

064 - Les novices forment un groupe plus ou moins séparé. Le Supérieur (vice-)provincial, après avis du Père Maître, détermine les rapports à établir entre les novices et les autres confrères ou communautés.

065 - Le noviciat des choristes vaut pour les frères et vice-versa. Le Supérieur (vice)provincial peut autoriser le passage d'une catégorie dans l'autre si son Conseil en est d'accord.

066 - Le Supérieur (vice-) provincial, avec l'accord de son Conseil extraordinaire et après avis du Secrétariat pour la Formation, statue sur les études à permettre aux novices dans les limites du droit commun.

067 - Pour chaque (Vice-) Province, le Gouvernement général approuve le régime du noviciat selon les Constitutions et les Statuts sur la formation (cf. St. 081).

068 - Le noviciat se fait sur un an ou sur deux, au gré des Statuts (vice-)provinciaux.

069 - Outre leurs douze mois de noviciat accomplis selon les normes du droit, les novices peuvent compléter leur initiation par un ou plusieurs stages hors de la communauté du noviciat, dans quelque activité formatrice selon l'esprit de la Congrégation, suivant que le Maître des novices, en accord avec le Supérieur (vice-)provincial éclairé par son Conseil, le jugera utile à leur formation. [36]

070 - Le Supérieur (vice-)provincial doit veiller à ce que huit jours pleins de vrais exercices spirituels précèdent le noviciat, puis la profession. Les modalités en sont à fixer avec l'avis des intéressés. Avant la promotion aux ordres sacrés, on se conforme aux prescriptions du droit commun.

071 - Sauf claire indication contraire, le mot «profession» est à prendre dans un sens général: il s'entend des vœux temporaires et des vœux perpétuels.

072 - Les vœux temporaires se font pour un an au moins.

073 - Le Supérieur général, avec l'accord de ses Conseillers, statue, pour chaque cas, la durée et le mode de probation qui doit précéder la profession perpétuelle d'un religieux qui passe à notre Congrégation, compte tenu du canon 684, §2.

074 - Pour chaque cas, le Supérieur (vice-)provincial, d'accord avec son Conseil, est juge du temps à ménager entre le noviciat et les vœux perpétuels, dans les normes du droit (c'est-à-dire: au moins trois ans, pas plus de six, durée que l'on ne peut prolonger au-delà de neuf ans).

075 - La profession perpétuelle sera préparée par une sorte de court noviciat d'au moins un mois.

076 - La profession perpétuelle est requise pour accéder aux ordres sacrés.

077 - Quand la date de sa profession approchera, le candidat demandera par écrit son admission au Supérieur (vice-)provincial.

078 - Avant de l'admettre à la profession, le Gouvernement (vice-)provincial (vice-)provincial aura exigé un rapport écrit et favorable de ses responsables et consulté, s'il y a lieu, la Communauté.

Durant le temps de la formation, on exigera plusieurs fois des rapports de ce genre, dans les normes fixées par les Statuts (vice-)provinciaux, pour que le Supérieur provincial et son Conseil puissent se former un jugement prudent sur les candidats.

079      a) Sauf disposition contraire, sont délégués de droit pour recevoir la profession : le Supérieur de la maison de formation, le Préfet des étudiants et le Maître des novices.

b) De cette profession on dressera l'acte authentique, signé des nouveaux profès, de celui qui a reçu leurs engagements et des témoins.

080 - Pour raviver en nous tous le souvenir de la profession religieuse où nous nous sommes donnés à Dieu, deux fois par an, dans toutes nos Communautés, aux jours déterminés par les Statuts (vice-)provinciaux, nous renouvellerons ensemble nos vœux.

081      a) Le Conseil (vice-) provincial, après avoir consulté le Secrétariat à la Formation, établira les normes pour la préparation des nôtres au presbytérat, compte tenu des dispositions établies par le Saint-Siège. Elles seront soumises à l'approbation du Gouvernement général (cf. St. 0167, 0168).

b) Mais c'est au Chapitre (vice-)provincial, aidé par les Secrétariats à la Vie apostolique et à la Formation, de déterminer les conditions d'accès au diaconat permanent, en tenant compte des décisions de la Conférence épiscopale du pays.

Ces dispositions ont besoin de l'approbation du Gouvernement général.

082 - Le Préfet des Étudiants sera pénétré d'esprit sacerdotal et apostolique, capable de coopérer fraternellement dans l'œuvre collective de l'éducation, prompt à percevoir d'un cœur ouvert les besoins de l'Église dans le monde, expérimenté dans le ministère pastoral de la Congrégation, dûment préparé enfin spirituellement et pédagogiquement.

083 - Ceux qui sont envoyés à Rome afin d'y poursuivre des études supérieures sont accueillis dans notre Collège majeur:

a) Que le Supérieur général prenne grand soin de ce Collège majeur: il peut contribuer beaucoup à la rénovation de tout l'Institut.

b) L'encadrement et l'ordonnance de ce Collège majeur sont soumis à l'approbation du Gouvernement général.

c) En fin d'année scolaire, le Directeur du Collège majeur envoie aux (Vice)Provinciaux un rapport sur leurs étudiants.

d) On donne chaque année à tous les élèves du Collège majeur un aperçu de l'histoire et de la vie de la Congrégation.

Article 5: La formation continue

084      a) Le Chapitre (vice-)provincial, aidé par les Secrétariats à la Vie apostolique et à la Formation, a charge de l'instruction permanente des Frères, et il cherche les activités apostoliques où les engager, de façon que chacun, à sa manière, soit partie prenante de la mission de la Congrégation.

b) A lui aussi de fixer, pour tous les confrères, des moyens et des périodes de renouvellement intensif aux plans scientifique, pastoral et spirituel, pour leur assurer cette formation permanente qui ne doit prendre fin qu'avec la vie (cf. St. 0140,6).

Article 6: Les oblats

085 - Les oblats qui partagent l'esprit et le souci missionnaire de la Congrégation doivent trouver auprès de nous l'initiation dont ils ont besoin et une fraternité de tous les jours. C'est à chaque (Vice-)Province d'en fixer les normes (cf. St. 02).

STATUTS DU CHAPITRE V

LE GOUVERNEMENT DE LA COMMUNAUTÉ APOSTOLIQUE
(CC 91-148)

086 - Dans notre droit:

a) Le mot «Gouvernement» désigne toujours le Supérieur et avec lui, si c'est requis, son Conseil ordinaire, et extraordinaire s'il s'en trouve un, avec voix soit consultative, soit délibérative. [37]

b) Le mot «Conseil», employé seul, désigne le collège des Conseillers, dont le Supérieur est à la fois président et membre, et qui décide à la majorité des suffrages.

Section 1:

Structure de la Congrégation

Article 1: Les diverses parties de la Congrégation

087 - Les Provinces et les Vice-Provinces sont ordinairement circonscrites dans un territoire défini.

088 - On n'érigera pas une Province à moins qu'elle ne compte au minimum cinq communautés et cinquante membres, et qu'elle n'ait son autonomie économique.

De même, on n'érigera pas de Vice-Province à moins qu'elle ne compte au minimum trois Commu­nautés et vingt membres.

089 - Avant d'ériger une nouvelle (Vice-)Province, le Conseil général procédera à une vaste consultation auprès des confrères de la (Vice-)Province à créer et auprès des Gouvernements des Provinces dont le territoire va être démembré, si c'est le cas.

090 - Les impératifs de l'apostolat peuvent amener une Province ou une Vice-Province à ériger une Région en personne juridique. Il y faudra l'approbation du Conseil général.

S'il s'agit d'une Vice-Province, le Conseil provincial extraordinaire doit donner également son approbation.

Une convention passée entre, d'une part la Province ou la Vice-Province et, d'autre part, cette Région, déterminera les droits et les devoirs réciproques des deux parties. Cette convention a besoin de l'approbation du Conseil général.

091      a) Les confrères sont groupés en Communautés missionnaires locales ou personnelles pour réaliser la mission apostolique de la (Vice-)Province.

Leur domicile habituel peut être:

— soit une «maison», canoniquement érigée en personne juridique;

— soit une «résidence», sans existence canonique.

b) Que l'on n'érige pas canoniquement une maison si l'on ne peut raisonnablement espérer y affecter habituellement au moins trois confrères.

092 - Les confrères qui, exceptionnellement, vivent et travaillent isolés doivent appartenir à une Communauté locale, au sens du Statut précédent, ou du moins à une Province, suivant les Statuts (vice-)provinciaux.

093 - Tous les confrères, surtout ceux qui vivent hors d'une communauté, doivent se sentir en communion avec toute leur Province, partager ses joies et ses peines, se préoccuper de ses orientations et de ses entreprises apostoliques.

Article 2: Les Supérieurs en général

094      a) Les Supérieurs sont les gardiens des droits des frères qui leur sont confiés. Mais aussi, en toute charité, prudence et force d'âme, ils les avertissent de leurs défauts, surtout de ceux qui gênent la Communauté et l'apostolat.

b) Les Statuts (vice-)provinciaux doivent décréter combien de temps les confrères peuvent exercer sans interruption la charge de Supérieur.

095      a) Sauf dispositions contraires du droit particulier ou d'un Supérieur compétent, tout Supérieur canonique entre en charge dès l'instant où il est investi de sa fonction selon la forme légitime.

b) Ce Supérieur prend légitimement possession de sa charge quand, lui étant présent personnellement ou par procureur, on lit

— devant n'importe quelle Communauté de la (Vice-)Province, s'il s'agit d'un Supérieur (vice-)provincial;

— devant sa propre Communauté, s'il s'agit d'un Supérieur local, le document qui fait foi de sa nomination ou de son élection et, s'il en est besoin, de sa confirmation, à cette charge.

A ce «rite» essentiel, les Statuts (vice-)provinciaux peuvent ajouter d'autres solennités. Que l'on n'oublie pas l'obligation d'émettre personnellement la profession de foi selon le droit. [38]

c) Si cependant un Supérieur, son mandat expiré, est à nouveau nommé ou élu à la même charge, il n'est pas astreint à une nouvelle prise de possession.

d) Les Supérieurs restent en charge tant que leurs successeurs ne sont pas entrés en fonction.

Qu'avant sa prise de possession, le Supérieur nommé ou élu ne s'immisce pas dans le gouvernement, sous quelque prétexte que ce soit.

e) Le nouveau Supérieur une fois en fonction, les charges dépendant de son prédécesseur s'éteignent automatiquement.

f) Une fois entré en charge, tout Supérieur se souviendra de cet usage antique de la Congrégation: faire, en temps opportun, les exercices spirituels.

g) Que les Supérieurs de Communauté résident chacun dans leur maison, et qu'ils n'en soient pas absents trop longtemps, sinon avec la permission du Supérieur (vice)provincial.

096 - Le Supérieur perd sa charge par renonciation, transfert, déposition ou — compte tenu du Statut 095, d — expiration du temps fixé.

097 - Aucun refus d'une charge à prendre, aucune abdication d'une charge en cours n'est valide sans l'acceptation du Supérieur compétent.

098 - L'autorité compétente pour nommer ou confirmer un Supérieur peut, pour une raison grave, transférer ce Supérieur, même en cours de mandat, à une autre fonction. [39]

099 - Le Supérieur (vice-)provincial, avec l'accord de son Conseil extraordinaire et pour une raison grave, peut, même sans qu'il y ait délit, et l'équité naturelle étant sauve, décréter la déposition du Supérieur de n'importe quelle Communauté. De ce décret, appel peut être fait au Gouvernement général, mais avec effet dévolutif seulement.

De même, le Supérieur (vice-)provincial peut être déposé par décret du Gouvernement général, pour une cause grave, même s'il n'y a pas délit, l'équité naturelle étant sauve.

0100 - En vertu du principe de subsidiarité, aucun Supérieur ne se permettra de se substituer à ses subalternes ni d'usurper leurs fonctions propres, sauf dans un cas d'intérêt général reconnu par son Conseil. Il peut cependant, pour une bonne raison, donner des ordres ou des permissions, à condition d'en avertir le responsable immédiat.

Article 3: Les Vicaires en général

0101 - Que le Vicaire use de ses pouvoirs et agisse selon la volonté du Supérieur. Il doit éviter toute innovation qu'il saurait contraire à la volonté du Supérieur ou à l'esprit de la Communauté.

0102 - II sauvegardera l'autorité du Supérieur; lui présent, il n'interviendra pas, ne commandera rien, ne s'immiscera pas dans la direction, sauf sur mandat du Supérieur.

0103 - Si le Vicaire, lui aussi, est absent ou empêché, le Supérieur ou, à son défaut, le Vicaire nommera un Pro-Vicaire, compte tenu du Statut 0123.

0104 - Ordinairement, durant les périodes où quelqu'un le remplace, le Supérieur interviendra par son intermédiaire; tout au moins il l'avertira de son intervention.

0105 - Le Supérieur veillera à ce qu'aucune ambiguïté ou difficulté ne naisse dans le gouvernement de la Communauté du fait de son absence ou de son empêchement.

Les Statuts (vice-)provinciaux détermineront les cas où, de droit, le Vicaire remplace le Supérieur.

Article 4: Les Conseillers en général

0106 - Les Conseillers peuvent exiger du Supérieur que les réunions du Conseil soient tenues en temps voulu, qu'y soient traitées les questions qui de droit relèvent du Conseil, qu'ils puissent exercer, là où ils l'ont, leur droit de regard.

0107 - Pour qu'ils viennent à la réunion dûment préparés, d'ordinaire le Supérieur leur en notifie à temps la date et l'ordre du jour.

0108    a) S'il s'agit d'une affaire qui demande l'accord des Conseillers, il ne suffit pas que le Supérieur les interroge séparément. Pour agir validement, il doit les réunir et obtenir la majorité absolue des suffrages de ceux qui sont présents. Lui-même ne vote pas, et il ne peut trancher en cas de ballottage. [40]

b) S'il s'agit d'une affaire qui demande l'avis des Conseillers, le Supérieur doit les réunir, à moins que les Statuts (vice-) provinciaux n'en décident autrement; et il ne peut agir validement sans les avoir entendus.

0109 - Dans une décision collégiale à prendre par le Conseil aux termes du droit, si les voix s'équilibrent, on procède à un nouveau vote. S'il y a encore parité, le Supérieur peut, de sa voix, dirimer le débat. [41]

0110    a) Sauf stipulation contraire, les décisions sont prises à la majorité absolue des voix.

b) De soi les votes sont publics, mais il suffit d'un membre du Conseil pour imposer le vote secret. Il est d'ailleurs parfois prescrit par le droit.

0111 - Les Conseillers sont tenus au secret chaque fois que la justice, la charité ou la bonne marche des affaires le demandent.

Article 5: Les Économes en général

0112 - A tous les échelons de la Congrégation, des Économes, bien formés, distincts des Supérieurs majeurs et même, autant que possible, des Supérieurs locaux, gèrent, selon les directives de l'autorité légitime, les biens que leur confie l'Institut. Mais ils n'ont, en tant qu'Économes, aucun droit de disposer de ces biens.

0113 - Périodiquement l'Économe établit les budgets et les comptes, et les soumet à l'examen et à l'approbation des instances compétentes.

Article 6: Les Secrétariats

0114 - Pour étudier et résoudre les problèmes spéciaux, on constituera les Secrétariats, permanents ou transitoires, dont on percevra le besoin.

On y appellera des gens compétents, Rédemptoristes ou pas, capables d'analyser les questions et d'en faire le tour, de présenter des solutions, d'établir des projets et de les réaliser sous la direction des Supérieurs, de réviser et de juger ce qui se fait.

Entre autres, il est indiqué généralement qu'on mette en place les Secrétariats à la Vie apostolique, à la Formation, aux Affaires économiques, aux Missions extérieures.

Section 2:

Le Gouvernement général

Article 1: Le Chapitre général

0115 - Le Chapitre général, sa compétence, sa convocation, sa célébration sont régis par le droit commun, les Constitutions, les Statuts généraux et le Directoire des Chapitres.

I - SA COMPÉTENCE

0116    a) Le Chapitre général examine et juge ce qui touche à la vie apostolique, au gouvernement, au recrutement et à la formation des confrères, à la gestion des biens de la Congrégation.

b) A cet effet, le Gouvernement général lui prépare les dossiers voulus, à partir des rapports venus des Provinces et des Vice-Provinces.

II - SA COMPOSITION

0117 - Le Directoire des Chapitres détermine en détail la loi fondamentale assurant la représentation des Provinces et des Vice-Provinces.

III - SA CONVOCATION

0118 - Un Chapitre général extraordinaire doit être convoqué par le Supérieur général dans les cas suivants:

a) Si lui-même, après avoir consulté les Gouvernements provinciaux, en décide ainsi avec l'accord de son Conseil;

b) ou si, après consultation des Gouvernements provinciaux, les deux tiers des Conseillers généraux le demandent;

c) ou si les deux tiers des Supérieurs provinciaux le réclament.

0119 - Si le Chapitre général n'a pu se célébrer à la date fixée, il devra se tenir une fois levé ce qui l'a empêché. La décision de le reporter est prise par le Conseil général à la majorité des deux tiers aux termes des Statuts.

S'il s'agit de différer le Chapitre général pour un temps notable, outre l'accord des deux tiers du Conseil général, il faut le consentement de la majorité absolue des Supérieurs provinciaux de la Congrégation.

Article 2: Le Gouvernement général

0120 - Le Gouvernement général exprime l'unité de toute la Congrégation. Gardien de cette unité, il veille à maintenir un lien organique entre toutes les parties de l'Institut.

I - LE SUPÉRIEUR GÉNÉRAL ET SON VICAIRE

0121 - Le Supérieur général a le droit d'assister, personnellement ou par un délégué, aux Chapitres (vice-)provinciaux et aux assemblées et conférences interprovinciales dont il est question dans la Constitution 143 et le Statut 0187.

0122 - Pour le laisser à sa tâche, il n'est pas opportun que le Supérieur général soit aussi Supérieur local.

0123    a) En cas de renonciation, de mort ou d'empêchement à vie du Vicaire général, le Conseil général élit un nouveau Vicaire à la majorité des deux tiers des voix.

b) Si l'empêchement n'est que temporaire, le Conseil élit un Pro-Vicaire à la majorité absolue des suffrages.

II - LES CONSEILLERS GÉNÉRAUX

0124 - Dans le choix des Conseillers généraux, qu'on veille à la représentation régionale, afin que le Gouvernement général représente en quelque sorte toute la Congrégation.

Toutefois les Conseillers généraux ne sont pas limités à une région: ils sont au service de toute la Congrégation.

0125 - Le Directoire des Supérieurs précise les cas dans lesquels les Conseillers généraux ont voix consultative et ceux où ils ont voix délibérative, les cas aussi dans lesquels le Conseil général décide collégialement.

Les autres compétences particulières des Conseillers, celles des autres responsables de la Curie générale seront énumérées dans un Directoire du Gouvernement général mis au point en début de sexennat par le Conseil général selon les instructions données par le Chapitre général.

0126    a) Le Conseil général n'agit validement que si trois de ses membres au moins sont présents, à savoir le président du Conseil et deux Conseillers.

Le Directoire des Supérieurs détermine les cas où l'on doit demander l'avis des absents.

b) A défaut du nombre requis, les Conseillers présents éliront un substitut dans une liste de suppléants approuvée par tout le Conseil général, à moins que le droit n'exige que l'on demande l'avis des absents.

c) Mais dans les cas d'importance majeure - que le Conseil général aura à déterminer - seront toujours requises la présence du Supérieur général ou de son Vicaire et celle d'au moins trois Conseillers.

III - LES RESPONSABLES DE LA CURIE GÉNÉRALE

0127 - Le Conseil général élit les hauts responsables de la Curie générale, pour six ans ou moins, à son gré.

Les autres employés sont nommés, également pour six ans ou moins, par le Supérieur général, sur l'avis de ses Conseillers.

1 - Les hauts responsables

1°) Le Procureur général

0128 - Le Procureur général représente la Congrégation auprès du Siège apostolique, sous la direction immédiate du Gouvernement général. Il donne son avis quand les affaires à traiter l'exigent ou quand le Saint-Siège le demande.

0129 - Toutes les affaires à traiter avec le Siège apostolique par la Congrégation, les (Vice)Provinces, les maisons ou les confrères passent par le Procureur général.

2°) L'Économe général

0130 - L'Économe général administre les biens temporels de la Congrégation comme telle. Il rend compte de sa gestion au Supérieur général et à son Conseil au moins une fois dans l'année, ainsi qu'au Chapitre général ordinaire.

Pour le seconder, le Gouvernement général lui nommera des vice-économes.

0131 - Pour les affaires les plus importantes, il y aura un Secrétariat aux Affaires économiques. L'Économe général tiendra conseil avec lui.

0132 - Si l'Econome général n'est pas Conseiller général, le Gouvernement général doit l'appeler quand il traite de problèmes économiques ou de questions qui touchent à l'administration du temporel. Il a voix alors de Conseiller général.

0133 - Le Conseil général doit élire, parmi les membres du Secrétariat aux Affaires économiques, un vérificateur de l'économat général. Il incombe à ce dernier d'examiner les pièces de tous les secteurs de l'économat et de fournir au Gouvernement général et au Secrétariat lui-même un rapport sur la régularité de la tenue des livres. Ce rapport sera joint au bilan annuel de l'Économe général.

3°) Le Secrétaire général

0134 - Le Secrétaire général est au service du Gouvernement général en tant que secrétaire des réunions du Gouvernement et du Conseil généraux, chancelier pour l'établissement des Décrets et Rescrits, archiviste des actes et documents du Gouvernement, responsable du service des statistiques et notaire de la Congrégation.

4°) Le Postulateur général

0135 - Le Postulateur général, au nom de l'Institut, traite auprès de la S. Congrégation compétente, des causes de béatification et de canonisation de nos confrères suivant les règles des saints canons et les instructions du Saint-Siège.

0136 - Il rendra compte au Chapitre général de l'état de nos causes.

0137 - En conformité avec les prescriptions du droit commun, le Postulateur général, pour que tout soit suivi avec vigilance, rendra compte au moins une fois par an au Supérieur général et aux Supérieurs majeurs de qui dépendent les causes, de ce qui a été fait, des rentrées de fonds et des dépenses, et de l'état de la caisse. De leur côté, les Supérieurs Majeurs peuvent demander un rapport au Postulateur général sur telles démarches à entreprendre ou telles dépenses à engager.

2 - Les autres responsables

0138    a) Les autres responsables sont: l'Archiviste général, le Chroniqueur général, les Secrétaires du Supérieur général, le Directeur du Secrétariat à l'Information.

b) Le Gouvernement général a le droit, après avoir entendu l'avis des (Vice)Provinciaux, de nommer à la Curie générale et à la maison Saint-Alphonse à Rome, les confrères dont elles ont besoin.

Section 3:

Le Gouvernement (vice-) provincial

Article 1: Le Chapitre (vice-) provincial

0139 - Le Chapitre (vice-)provincial est régi par le droit commun, les Constitutions, les Statuts généraux et (vice-)provinciaux et le Directoire des Chapitres.

I - SA COMPÉTENCE

0140 - II est du ressort du Chapitre (vice-)provincial de:

a) dresser, modifier, interpréter authentiquement et abroger les Statuts (vice-) provinciaux, prendre des décisions, au besoin par Décrets ;

b) examiner l'état de la (Vice-)Province;

c) promouvoir et planifier la vie apostolique (cf. Statut 084);

d) décider de sa «politique» d'érection ou de suppression de Communautés (cf. DS);

e) examiner l'état économique de la (Vice-)Province, sur rapport de l'Économe, et l'approuver;

f) confirmer ou révoquer les Décrets du Supérieur ou du Conseil (vice-)provinciaux.

0141 - Les Statuts provinciaux sont établis, corrigés, interprétés authentiquement ou abrogés à la majorité des deux tiers des voix du Chapitre. Pour les autres questions, la majorité absolue suffit, sauf disposition différente du droit commun ou particulier.

0142 - Les Statuts et Décrets du Chapitre (vice-)provincial qui contiennent une application des Constitutions ou des Statuts généraux ne peuvent être promulgués qu'après confirmation du Conseil général.

Quant aux Statuts vice-provinciaux, ils sont approuvés par le Conseil général après consultation du Conseil provincial extraordinaire.

0143 - Compte tenu du Statut précédent, les Statuts, Décrets, décisions du Chapitre prennent effet au moment fixé par eux; dès leur promulgation s'il n'est pas indiqué un délai d'application.

II - SA COMPOSITION

0144 - Le Chapitre comprend des membres d'office et des membres élus (cf. C 122b).

Les Statuts (vice-)provinciaux déterminent qui est membre d'office et qui l'est par élection, compte tenu des points suivants:

a) Que les Conseillers, du moins les Conseillers ordinaires, soient membres d'office.

b) Que le Supérieur provincial, ou son représentant, soit membre d'office du Chapitre vice-provincial.

c) Que les Supérieurs vice-provinciaux, ou leurs représentants, soient membres d'office du Chapitre provincial.

0145 - Le remplacement ou la suppléance d'un membre du Chapitre sont assurés selon les indications du Directoire des Chapitres.

III - SA CONVOCATION ET SA PRÉPARATION

0146 - Le Chapitre est convoqué par le Supérieur (vice-)provincial. Cette indiction doit ménager un délai normal avant la date d'ouverture.

0147 - Le Supérieur (vice-)provincial veille à ce que la convocation du Chapitre atteigne tous les sujets et à ce que le Gouvernement général en soit averti; et, de même, le Gouvernement provincial, s'il s'agit d'un Chapitre vice-provincial.

0148 - Que le Gouvernement (vice-)provincial veille aussi, s'il y a lieu, à ce que les élections des délégués se fassent au plus tôt.

0149 - On constituera au plus tôt une commission préparatoire selon le mode prévu par les Statuts (vice-)provinciaux.

0150 - Cette commission préparatoire, après avoir demandé les lumières des différents Secrétariats, distribuera à temps aux Communautés les schémas des questions à l'ordre du jour. Tous les confrères, individuellement ou par groupes, enverront à temps à la commission leurs remarques et propositions.

IV - SA CÉLÉBRATION

0151 - Pour le déroulement du Chapitre, que l'on s'en tienne aux normes proposées dans le Directoire des Chapitres et le droit particulier de la (Vice-)Province.

Le Président du Chapitre (vice-)provincial est le Supérieur (vice-)provincial. Si le Supérieur général est présent, ce dernier ouvre la première séance plénière et clôture la dernière; il a droit de suffrage. Mais les autres tâches de présidence reviennent au Supérieur (vice-)provincial.

0152 - Le Chapitre détermine lui-même la périodicité de ses sessions. Il devra se réunir au minimum tous les trois ans, à moins que les Statuts (vice-)provinciaux n'aient décidé autre chose.

a) Les membres du Chapitre sont élus pour trois ans.

b) Une réunion extraordinaire du Chapitre peut être convoquée

    soit par le Supérieur (vice-) provincial s'il obtient l'accord du Conseil extraordinaire;

    soit par le Conseil extraordinaire;

    soit par les deux tiers des membres du Chapitre.

c) Dans ces deux derniers cas, le Chapitre doit être convoqué par lettre du Supérieur (vice-)provincial au nom, soit du Conseil, soit des capitulaires.

d) Le Chapitre n'est valide que si les deux tiers des capitulaires sont présents (cf. DC).

Article 2: Le Gouvernement (vice-)provincial

I - LE SUPÉRIEUR (VICE-)PROVINCIAL ET SON VICAIRE

1°) Leur désignation

0153 - Les Statuts (vice-)provinciaux déterminent la façon de désigner le Supérieur (vice)provincial et son Vicaire; comment aussi on remplacera ce dernier s'il vient à faire défaut.

a) Le Supérieur provincial et son Vicaire, de môme que le Supérieur vice-provincial, doivent être confirmés par le Gouvernement général.

b) Le Vice-Provincial cependant ne sera confirmé par le Gouvernement général qu'après l'approbation du Conseil provincial extraordinaire.

c) Mais pour le Vicaire vice-provincial, il n'est besoin que de la confirmation du Conseil provincial extraordinaire.

d) Que le Supérieur (vice-)provincial et son Vicaire soient désignés pour trois ans, sauf prescription du droit oriental. Le triennat terminé, ils peuvent être désignés de nouveau pour le même temps.

0154 - Pour que le Supérieur (vice-)provincial et son Vicaire puissent refuser leur élection ou démissionner de leur charge, il faut l'acceptation du Chapitre s'il est en session; sinon celle du Conseil extraordinaire (cf. DS).

Pour le Supérieur (vice-)provincial et le Vicaire provincial, s'ils sont déjà en charge, il faut en plus l'acceptation du Gouvernement général.

2°) Devoirs et droits du Supérieur (vice-) provincial

0155 - Pour animer et coordonner la (Vice-)Province, le Supérieur (vice-)provincial doit la connaître. Aussi, afin de favoriser le dialogue, non content de recevoir volontiers les confrères, il visitera souvent les communautés et participera à la vie des confrères.

Il fera la visite canonique de toute la (Vice-)Province au moins tous les trois ans. Quant au Supérieur provincial, il visitera périodiquement les Vice-Provinces.

0156 - Les Supérieurs (vice-)provinciaux sont des «Ordinaires» et des Supérieurs Majeurs. Leurs principaux pouvoirs sont énumérés dans le Directoire des Supérieurs.

0157 – Dans la mesure où ils sont communicables, le Supérieur (vice-)provincial peut déléguer et subdéléguer tous les pouvoirs énumérés dans le Directoire des Supérieurs.

Mais au cas où il serait impossible de communiquer avec le Gouvernement général, le Supérieur (vice-)provincial jouit de toutes les facultés nécessaires, aux termes du droit. A défaut du Supérieur, les membres du Conseil extraordinaire, dans l'ordre de préséance défini au Statut 0210, jouissent des mêmes pouvoirs. Le Supérieur, ou celui qui le remplace, agira avec ou sans l'accord des Conseillers, selon qu'il pourra, ou non, avoir contact avec eux. [42]

II - LES CONSEILLERS (VICE-)PROVINCIAUX

) Leur désignation

0158    a) Les (Vice-)Provinces constitueront un Conseil extraordinaire pour les questions majeures.

b) Les Statuts (vice-)provinciaux doivent déterminer le mode de désignation des Conseillers ordinaires et extraordinaires.

c) Que les Conseillers (vice-)provinciaux soient désignés pour trois ans, sauf prescription du droit oriental. Le triennat terminé, ils peuvent être désignés de nouveau pour le même temps.

2°) Leur compétence

0159 - A moins que les Statuts (vice-)provinciaux ne décident autre chose, tous les Conseillers, ou leurs substituts, seront toujours présents au Conseil.

a) Cependant les Conseillers ne peuvent être remplacés par les suppléants dans les cas où il est absolument requis qu'on ait leur avis. Ils doivent alors le donner, soit par écrit, soit d'une autre manière sûre. Que soit néanmoins toujours assuré le nombre des présents indispensable pour la validité des actes.

b) S'il manque un Conseiller pour le Conseil ordinaire, qu'on lui élise un substitut pris, autant que possible, parmi les Conseillers extraordinaires.

0160 - Le Chapitre (vice-)provincial précisera les cas pour la décision desquels il faut demander l'avis des Conseillers (vice-)provinciaux.

0161 - Entre deux sessions du Chapitre, le Conseil (vice-)provincial extraordinaire a pouvoir d'interpréter authentiquement et de suspendre toute décision du Chapitre, et de porter de nouveaux décrets, à charge, en cas de suspension, d'en notifier les raisons à la (Vice)Province.

Mais s'il s'agit d'interpréter ou de suspendre des Statuts, le Gouvernement général doit en être averti (cf. St. 0141 et 0142).

Il revient ensuite au Chapitre (vice-)provincial de confirmer ou d'abroger ces interprétations et ces décrets (cf. St. 0140f). Si le Chapitre n'en décide rien, ils sont abrogés par le fait même.

0162 - Le Directoire des Supérieurs et les Statuts (vice-) provinciaux énumèrent les autres cas où les Conseillers ont voix consultative ou délibérative, ceux aussi où ils décident collégialement.

3°) Coopération avec le Gouvernement général

0163 - Pour donner des orientations et relancer les activités en cours, le Gouvernement général a besoin de bien connaître la vie et l'état de la Congrégation. Le Supérieur (vice)provincial lui fera chaque année un rapport écrit, signé par lui et par ses Conseillers, sur les points indiqués dans le Directoire des Supérieurs. Le rapport financier sera signé aussi par l'Économe.

Article 3: Les institutions et les autres charges de la (Vice-)Province

0164 - La façon de désigner et de remplacer les membres des institutions et les titulaires des autres charges de la (Vice-)Province est fixée par les Statuts (vice-)provinciaux.

0165 - Ce que prescrit par ailleurs notre droit concernant l'obligation d'accepter un poste et les conditions pour y renoncer vaut également pour toute désignation.

I - LES SECRÉTARIATS

0166 - Les Statuts (vice-)provinciaux ont à définir la tâche des Secrétariats et leur collaboration avec les homologues des autres (Vice-)Provinces.

0167 - Qu'il s'agisse de nommer des animateurs de la formation, d'ouvrir ou de fermer des institutions éducatives dans la (Vice-)Province, on doit consulter le Secrétariat à la Formation et tenir compte des orientations du Chapitre (vice-)provincial.

0168 - Le Conseil (vice-)provincial extraordinaire, en collaboration avec le Secrétariat à la Formation, donnera plus de précisions sur la manière dont les institutions de formation doivent accomplir leur tâche.

II - LES ANIMATEURS DE LA FORMATION

0169    a) Par «animateurs de la formation» on entend: le Directeur du juvénat, le Maître des novices, le Préfet des étudiants, les Préfets des études, les Professeurs du studendat, le Maître du noviciat pastoral, le Préfet chargé des jeunes frères de toute la (Vice-)Province.

b) Le Gouvernement (vice-)provincial donnera les directives opportunes pour régler les rapports entre les animateurs de la formation et l'autorité du Supérieur local.

III - LES RESPONSABLES DE LA CURIE (VICE-)PROVINCIALE

0170 - Le Secrétaire de la (Vice-)Province est officiellement et canoniquement notaire et chancelier de la Curie (vice-)provinciale.

Il peut être pris hors du Conseil.

0171 - L'archiviste (vice-)provincial conserve et classe avec soin les documents importants concernant les événements et l'état de la (Vice-)Province.

0172 - Sous l'autorité du Supérieur (vice-)provincial et de son Conseil, l'Économe administre les biens de la (Vice-)Province selon les normes établies par le Chapitre (vice-)provincial.

Le Gouvernement (vice-)provincial doit appeler l'Économe quand il traite de problèmes économiques ou de questions qui touchent à l'administration du temporel, conformément aux Statuts (vice-)provinciaux.

0173 - Au début de chaque exercice annuel, l'Économe présente au Gouvernement (vice-)provincial le budget qu'il a établi avec l'approbation du Secrétariat aux Affaires économiques. Ce budget doit prévoir les recettes et les dépenses et de la (Vice-)Province, et de chaque Communauté.

0174 - L'Économe (vice-)provincial doit présenter les rapports que voici:

a) A l'intention du Supérieur (vice-)provincial et de son Conseil extraordinaire, un rapport annuel sur l'état financier de la (Vice-)Province et des Communautés. Ce rapport a dû être discuté et approuvé par le Secrétariat aux Affaires économiques.

Le Gouvernement (vice-)provincial pourra lui demander de lui en présenter d'autres (cf. St. 0190 et 0208).

b) A l'intention du Gouvernement général, un rapport plus bref avec les signatures et les commentaires du Supérieur (vice-)provincial et de son Conseil.

Le rapport de la Vice-Province sera signé en outre par le Provincial et ses Conseillers.

Le Gouvernement général dira sous quelle forme il le souhaite.

Article 4: La coopération entre la Province et les Vice-Provinces

0175 - Concrètement, Province et Vice-Province établissent un accord d'aide mutuelle en hommes et en ressources, après en avoir délibéré entre Supérieurs ou représentants des deux parties.

Dans cette convention ou ces statuts, étant sauf ce qui est dit au Statut 0144, on peut aussi régler la façon concrète dont la Province participera au Chapitre vice-provincial et vice-versa. Cette convention doit être approuvée par le Gouvernement général.

0176 - Pour un meilleur service des missions, la Province nomme, distinct de l'Économe provincial, un Procureur des missions aidé d'un service approprié. Conformément aux Statuts provinciaux, il subvient aux nécessités des Vice-Provinces et des Communautés situées hors de la Province. Il lui revient d'entretenir de bonnes relations avec les organismes publics et les personnes privées, en lien étroit avec ceux qui sont concernés, surtout les familles des missionnaires.

0177 - Le Gouvernement général décide des relations qu'il veut entretenir avec les Vice-Provinces.

Mais les affaires courantes d'une Vice-Province n'aboutissent au Gouvernement général que par l'intermédiaire de la Province.

Article 5: Le Gouvernement des Communautés dans la (Vice-)Province

0178    a) Les Statuts (vice-)provinciaux doivent décréter le temps de profession perpétuelle qu'il convient d'exiger avant que quelqu'un puisse être désigné comme Supérieur local.

b) Que les Supérieurs de Communauté soient désignés pour trois ans, sauf prescription du droit oriental. Le triennat terminé, ils peuvent être désignés de nouveau pour le même temps.

Cependant, pour qu'un Supérieur soit reconduit pour un troisième triennat dans la même maison, il faut la confirmation du Gouvernement général.

c) Dans toute Communauté, on désignera un Vicaire au Supérieur, selon le mode prévu par les Statuts (vice-)provinciaux.

0179 - La fréquence des Assemblées de Communauté et leur mode de convocation sont fixés par les Statuts (vice-)provinciaux.

0180 - A temps le Supérieur prévient les confrères des objets de la réunion. Ainsi chacun arrive bien préparé.

0181 - Compte tenu de la diversité des Communautés, le Supérieur a des Conseillers dont le nombre, le mode de désignation et de substitution sont prévus par les Statuts (vice)provinciaux.

0182 - Les Statuts (vice-)provinciaux déterminent les questions qui rassortissent au Conseil et celles qui rassortissent à l'Assemblée de Communauté, et les cas dans lesquels le Conseil ou l'Assemblée agit collégialement.

0183 - Chaque Communauté a son Econome, préposé au temporel, sous l'autorité du Supérieur et de son Conseil.

0184 - Quant aux autres responsables que l'on a coutume de nommer pour le bon ordre de la Communauté, l'Assemblée ou le Gouvernement de la Communauté y pourvoit selon les Statuts (vice-)provinciaux.

Article 6: Relations et coopération entre (Vice-)Provinces

0185 - La répartition territoriale des (Vice-)Provinces n'est pas un absolu; favorisons les entreprises communes.

0186 - Pour implanter une Communauté sur le territoire d'une autre (Vice-)Province, avant de demander le consentement de l'autorité ecclésiastique compétente, une (Vice-)Province a besoin de l'accord du Conseil (vice-)provincial extraordinaire de cette (Vice-)Province et de l'approbation dû Gouvernement général. S'il s'agit de Vice-Provinces entre elles, le Gouvernement de chaque Province doit aussi être d'accord.

0187 - Si, conformément aux Constitutions 141-143, des assemblées ou des conférences interprovinciales se réunissent, elles se fixent à elles-mêmes leur composition, leur date, leur compétence, leur travail.

Cependant, le Gouvernement général sera averti à temps de leurs date et programme, pour qu'il puisse y être présent. Et on lui en enverra le compte-rendu.

0188 - Les confrères qui envisagent un séjour prolongé dans une (Vice-)Province étrangère doivent en avertir le Supérieur de cette (Vice-)Province.

S'il s'agit de travaux prolongés, il y faut un accord entre les deux (Vice-)Provinciaux.

Section 4: Les biens temporels de la Congrégation

Article 1: La disposition des biens de la Congrégation

I - EN GÉNÉRAL

0189 - Tous les biens qui concernent à quelque titre la Congrégation seront gérés, suivant leur nature, conformément aux lois civiles et ecclésiastiques, avec le concours, autant que possible, de laïcs compétents.

0190 - Les biens d'une personne morale seront administrés par son propre Économe, sous l'autorité du Supérieur et de son Conseil, sauf le droit d'intervention d'un Supérieur plus élevé prévu dans le droit commun et surtout les Statuts 0191b, 2° et 0192.

II - EN PARTICULIER

0191    a) Le Gouvernement général examine et approuve le budget et le rapport économique de l'administration générale préparés par l'Économe.

b) Il appartient au Conseil général:

1°) de déterminer, avec l'Econome général et après avoir pris l'avis des intéressés, le montant des contributions à verser au Gouvernement général;

2°) de donner des règles sur la manière d'établir et de conduire l'administration.

0192 - Compte tenu des dispositions du droit commun et particulier, et avec l'approbation du Gouvernement général, c'est au Chapitre (vice-)provincial de statuer sur la manière d'acquérir des biens et d'en disposer, surtout s'il s'agit de biens immobiliers.

0193    a) Compte tenu de la valeur relative de la monnaie et dans la limite des dispositions du Saint-Siège, le Chapitre (vice-)provincial détermine le plafond que les différents Supérieurs, seuls ou avec leur Conseil, ne doivent pas dépasser dans les dépenses, aliénations et dettes.

Ces plafonds ont besoin de l'approbation du Gouvernement général.

b) Par aliénation on entend ici tout transfert de droit sur des biens qui, par une légitime attribution, constituent le patrimoine stable d'une personne juridique, — ainsi que toute transaction pouvant entraîner une moins-value de la même personne morale, par exemple un emprunt, une location, et toute disposition, concernant le patrimoine stable, qui ne serait pas simple administration. [43]

c) Il revient aussi au Chapitre (vice-)provincial de déterminer les actes qui, par leur but ou leur modalité, sortent de l'administration courante, et de décider ce qui est exigé pour poser validement un acte d'administration extraordinaire.

0194 - Le Chapitre et le Conseil (vice-)provinciaux peuvent donner des normes générales concernant les placements d'argent.

0195 - Le Supérieur (vice-)provincial et son Conseil extraordinaire doivent, au moins une fois par an, examiner et approuver le budget et la gestion économiques du Gouvernement (vice-)provincial et des Communautés de son ressort. De plus, le Supérieur provincial et son Conseil extraordinaire examineront chaque année le budget prévisionnel et la gestion économiques des Vice-Provinces.

0196 - Le Conseil (vice-)provincial extraordinaire peut, devant une nécessité et pour un temps précis, taxer les Communautés ou leur imposer d'autres charges, au-delà du montant fixé par les Statuts (vice-)provinciaux. Mais il doit en rendre raison au Chapitre (vice)provincial.

0197 - Le budget prévisionnel et la gestion économique de la Communauté seront examinés et discutés par le Gouvernement ou l'Assemblée de la Communauté, suivant ce qu'en ont décidé les Statuts (vice-)provinciaux.

0198 - Communautés et (Vice-)Provinces s'entraideront volontiers sur le plan matériel et elles pourvoiront de leurs biens, autant qu'elles le pourront, aux autres nécessités de l'Église et au soulagement des pauvres.

0199 - Les Supérieurs veilleront à ce que nos employés soient traités avec charité et justice. Leur salaire correspondra au moins au minimum légal. Si celui-ci n'est pas équitable, qu'on aille au-delà.

III - L'ACCEPTATION DES CHARGES

0200 - Si l'on nous offre des biens sous condition de charges à assumer, le Supérieur ne les acceptera que si les charges correspondent au but et au bien de la Congrégation et si son Conseil et, nécessairement, le Conseil (vice-)provincial, en sont d'accord.

Les obligations mutuelles feront l'objet d'un contrat valable au for civil, sauf raison contraire.

0201 - Le contrat de l'acceptation de biens avec charges doit comprendre:

a) L'indication de la donation;

b) l'énumération des charges et leur durée;

c) la destination de la fondation une fois les obligations remplies ou s'il devenait moralement impossible de les remplir;

d) une clause de réduction des charges en cas de dévaluation de la fondation.

0202 - Pour les fondations de messes, on suit ces mêmes normes des donations avec charges, le droit commun étant sauf. On ne les acceptera jamais pour plus de trente ans.

Article 2: L'administration des biens

0203 - Ce qui est statué concernant l'administration des biens vaut aussi, dans les cas similaires, pour les confrères qui administrent des biens étrangers à la Congrégation, à moins que les statuts qui régissent leurs fonctions ne stipulent expressément le contraire.

0204 - Là où l'administration tombe sous la loi civile, on établira selon cette même loi tous les papiers faisant foi des recettes et des dépenses et on les conservera tout le temps prescrit. C'est d'ailleurs recommandé pour toute administration, même soustraite à la loi civile. On doit en tout cas conserver les factures tout le temps utile.

0205 - Là où la prévoyance sociale est encore déficiente, on doit pourvoir convenablement à la sécurité et à l'assistance des confrères pour les soins de santé, compte tenu des lois ecclésiastiques et civiles.

0206 - Toute administration tiendra:

a) un livre des recettes et dépenses journalières;

b) un livre des comptes où apparaisse le bilan réel de l'année, avec recettes et dépenses réparties par rubriques;

c) la liste des titres et valeurs en banque;

d) la collection complète des contrats concernant le temporel.

0207 - Ont droit de regard sur ces livres les Supérieurs et leurs délégués, le Visiteur mandaté et son second.

Les biens des paroisses confiées à nos confrères sont administrés par le curé. Mais le Supérieur a droit de s'assurer que les prescriptions canoniques sur ce point sont exactement observées. Il a donc droit de regard sur les livres de comptes de la paroisse, non pour en prendre en main l'administration temporelle, mais pour s'assurer que la gestion est bonne et en mains compétentes.

0208 - Qu'il s'agisse d'avoirs appartenant à la Congrégation ou à des étrangers, le Gouvernement (vice-)provincial peut en tout temps et doit une fois l'an, selon les normes du Statut 0191, demander compte de l'état administratif réel des Communautés et des autres biens qui, d'une façon ou d'une autre, sont sous la responsabilité de la Congrégation.

Section 5: La préséance

0209 - L'ordre de préséance des Provinces actuelles est celui du Directoire des Chapitres. Les Provinces à venir prendront rang en fin de liste selon la date de leur érection. Si plusieurs sont érigées le même jour, passera avant celle qui a la maison la plus ancienne.

Si une Province est divisée en deux, celle qui a la maison la plus ancienne garde le rang de cette Province, l'autre prenant le dernier rang.

0210 - Le droit commun étant sauf, le Supérieur passe avant le Vicaire, le Vicaire avant les Conseillers, les Conseillers passent avant les autres. Les Conseillers ordinaires passent avant les extraordinaires.

Entre égaux, sauf dispositions contraires, la priorité est celle de profession, puis d'ordination, et enfin d'âge.

Section 6:

Article 1: L'isolement hors de la Communauté

0211 - Un Supérieur majeur, avec l'accord de son Conseil et pour une juste cause, peut concéder à un confrère de résider hors d'une maison de l'Institut. Mais pas plus d'un an, à moins que ce ne soit pour raison de maladie à soigner, d'études, ou d'apostolat à exercer au nom de l'Institut. Ce sujet reste sous la responsabilité de ses Supérieurs; mais il est privé de voix active et passive à moins qu'il ne soit absent pour motif d'étude, de santé ou d'apostolat de la Congrégation.

Article 2: Le départ de la Communauté

0212 - Si un confrère se coupe de la communion obligatoire avec la Congrégation et se soustrait à l'autorité des Supérieurs, ces derniers le chercheront avec sollicitude et l'aideront à persévérer dans sa vocation.

Si tous les efforts restent vains et que le sujet ne revienne pas, qu'il soit congédié selon les règles du droit.

NOTES



[1] LG 45; CD 35; Mut. Rel. 22. 53.

[2] P. Pr. 63.

[3] CD 11.

[4] AG 40.

[5] Doc. Misc., p. 60.

[6] AG 26; LG 13; AG 9. 11. 16. 21. 22.

[7] AG 15. 18.

[8] AG 32.

[9] AG 6; GS 19. 22.

[10] UR 7-8.

[11] SC 9.

[12] GS 7.

[13] LG 31.

[14] AA 1; AG 21.

[15] GS 30; AG 39.

[16] PO 22.

[17] LG 8.

[18] CD 14.

[19] GS 26. 42; AG 11.

[20] IM 2.

[21] Paul VI au Chapitre 1967.

[22] Paul VI au Chapitre 1973.

[23] GS 9.

[24] PC 15; PO 8.

[25] SC 110.

[26] OT 3.

[27] OT 6.

[28] OT 3.

[29] OT 3.

[30] OT 11. 10.

[31] OT 8. 9.

[32] OT 9.

[33] OT 19.

[34] PC 18.

[35] OT 4. 5.

[36] RC 23.

[37] CIC can. 127, 119.

[38] CIC can. 833, 8.

[39] CIC can. 190.

[40] cf. CIC can. 127, §1.

[41] c.f. CIC can. 119, §2.

[42] cf. CIC can. 87, 2.

[43] cf. CIC can. 1295.