CONSTITUTIONS
DE LA CONGRÉGATION
DU TRÈS-SAINT-RÉDEMPTEUR
1984
Constitutiones et Statuta C.Ss.R., Romae 1982, adaptés au Droit canonique de 1983.
Traduction française approuvée par le Gouvernement
général le 22 février 1984.
J.M.J.A.
A mes chers Confrères dans le Christ,
membres de la Congrégation du Très-Saint-Rédempteur,
salut dans le Seigneur.
Le octobre
1965, leConcile Vatican II publia unDéc
ret sur l'adaptation et la rénovation
de la vie religieuse. Dans le
mouvement de ce renouveau, nous avions
à réviser nos Constitutions, puis à
les soumettre à l'approbation du Saint-Siège.
Nos Constitutions
ainsi mises à jour viennent
d'obtenir cette approbation.
Voici,
Frères très chers, ces Constitutions et
Statuts généraux. Je les promulgue officiellement
et vous les remets par les présentes lettres.
Cependant,
le renouveau de notre Congrégation ne
peut s'achever avec des textes législatifs;
il consiste surtout à promouvoir la vitalité
spirituelle et apostolique de tout l'Institut.
Aussi,
maintenant que notre législation est au
point, la Sacrée Congrégation des Religieux
et Instituts séculiers, à qui il revenait
de l'approuver au nom du Souverain Pontife
Jean-Paul II, «a confiance que les Membres
de la Congrégation du Très-Saint-Rédempteur,
guidés par l'exemple de leur saint Fondateur
et portés par un élan nouveau, seront
stimulés dans leur mission d'Eglise» par
ces Constitutions rénovées.
Il nous
reste donc à tous un devoir pressant:
celui de promouvoir sans relâche la vitalité
spirituelle et apostolique de chacune
de nos Provinces, Vice-Provinces, Régions
et Communautés, à commencer par nous-mêmes.
«La norme
ultime de la vie religieuse étant la suite
du Christ proposée par l'Evangile, celui-ci
doit être tenu pour la règle suprême dans
notre Congrégation» (Const. 74). Que nos
Constitutions et Statuts rénovés guident
donc et stimulent cette marche sur les
pas du Christ et donnent ainsi un nouvel
élan vital à l'Institut.
Faites
donc vôtre l'esprit de ce texte mis à jour.
Que saint
Alphonse implore cet esprit, pour nous
tous, du Christ Rédempteur, comme grâce
du 250e anniversaire de notre
fondation. Et que la Vierge Marie, Patronne
de la Congrégation, nous le conserve.
Rome, le 25 février 1982.
Joseph G. Pfab, C.Ss.R.
Supérieur général
LA SACRÉE CONGRÉGATION POUR
LES RELIGIEUX ET LES INSTITUTS SÉCULIERS
DÉCRET D'APPROBATION DES CONSTITUTIONS
La Congrégation du Très-Saint-Rédempteur,
fondée par saint Alphonse de Liguori pour
évangéliser principalement les pauvres,
s'est empressée d'élaborer soigneusement
un nouveau texte de Constitutions selon
les normes du Concile Vatican II et les
autres dispositions de l'Eglise.
Revu et approuvé par les Chapitres généraux,
ce texte a été soumis au Saint-Siège,
pour confirmation, par le Supérieur général
de la Congrégation.
Notre Sacré Dicastère pour les Religieux
et les Instituts séculiers l'a soumis
au minutieux examen de ses Consulteurs.
Sur avis favorable de son Assemblée, tout
bien pesé, il a jugé bon d'acquiescer
à cette demande.
Ainsi donc, par le présent Décret, il
approuve et confirme le texte présenté,
avec les retouches qu'y a faites l'Assemblée,
selon l'exemplaire latin conservé dans
ses Archives. Il approuve et confirme
de même les formules de profession religieuse
adjointes à ce texte et que l'on utilisera
selon le droit.
Ce Sacré Dicastère a confiance que les
Membres de la Congrégation du Très-Saint-Rédempteur,
guidés par l'exemple de leur Fondateur
et portés par un élan nouveau, seront
stimulés dans leur mission d'Eglise.
Rome, le 2 février 1982,
en la fête de la Présentation du Seigneur.
E. Card. PIRONIO
Préfet
Augustin MAYER
Secrétaire
ORIGINE ET DÉVELOPPEMENT
DE LA CONGRÉGATION
1732, au Royaume
de Naples. Saint Alphonse-Marie de Liguori
découvre l'état d'abandon des pauvres,
surtout des ruraux, qui constituaient
alors la grande partie du peuple. Bouleversé,
il fonde à Scala la Congrégation des Missionnaires
du Saint-Sauveur, appelée plus tard (1749)
du Très-Saint-Rédempteur, avec le but
de continuer le Christ Rédempteur en évangélisant
les pauvres: «Il m'a envoyé évangéliser
les pauvres» (Lc 4,18).
Lui-même, avec
ses compagnons — parmi eux, le grand saint
Gérard Majella — s'efforça de subvenir
à l'abandon spirituel des pauvres habitants
des campagnes, surtout par les missions,
mais aussi par les exercices spirituels
et les «renouvellements» tels que les
souhaitait déjà saint Paul (Ac 15, 36).
Ses lettres en
témoignent, Alphonse désirait ardemment
porter l'Evangile aux infidèles d'Afrique
et d'Asie, ou aux chrétiens séparés, tels
les Nestoriens de Mésopotamie. Il communiqua
ce feu apostolique à ses fils, qu'il entraîna
à se lier par le vœu spécial d'évangéliser
les infidèles (1743); mais ce vœu fut
supprimé par les censeurs romains en 1749.
Saint Alphonse
crut toujours que sa Congrégation, sous
le patronage de la Vierge Marie, était
appelée à fournir une grande tâche dans
l'Eglise pour gagner le monde au Christ.
Il s'efforça donc, d'une part, de la répandre
et de la consolider, par le vœu de persévérance
(1740), puis par les vœux simples; d'autre
part, de la faire reconnaître par l'Autorité
suprême de l'Eglise. Ses efforts aboutirent:
le 25 février 1749, le Souverain Pontife
Benoît XIV approuvait solennellement l'Institut
avec ses Constitutions et ses Règles.
A partir de cette date les confrères émirent
des vœux simples reconnus par l'autorité
pontificale. La Constitution Conditae
a Christo de Léon XIII (8 décembre
1900) donna à ces vœux simples le caractère
de vœux religieux publics.
Grâce à l'infatigable
labeur surtout de saint Clément-Marie
Hofbauer (1820), «cet homme d'une foi
étonnante et d'une constance jamais abattue»,
la Congrégation se développa au nord des
Alpes. Il s'y ouvrait de nouveaux champs
à son ardeur apostolique; elle y mit aussi
en œuvre de nouvelles formes d'action
missionnaire dont saint Alphonse, mis
au courant, se réjouit.
Peu à peu la Congrégation
se répandit à travers l'Europe. Sous l'impulsion
du Père Joseph-Amand Passerat (1858),
elle franchit l'océan et se développa
aux Amériques. Là travailla l'ardent apôtre
que fut saint Jean-Népomucène Neumann.
De pays en pays elle finit par s'étendre
aux cinq continents.
Ainsi, progressivement
la Congrégation se trouva engagée en des
activités missionnaires diverses s'adressant,
soit aux fidèles, soit aux païens, ou
encore aux frères séparés.
C'est dans le
même esprit missionnaire qu'elle se consacre
à la science pastorale. Elle continue
ainsi l'œuvre de saint Alphonse, docteur
de l'Eglise (1871), patron des confesseurs
et des moralistes (1950). Toujours dans
le même esprit, elle s'attache à proposer
une voie sûre qui réponde aux exigences
de l'Evangile et d'un idéal chrétien pour
notre temps.
Tous
les Rédemptoristes s'efforcent donc de
continuer la mission du Très-Saint-Rédempteur
et des Apôtres; ils s'appliquent à garder
l'esprit de leur saint Fondateur, s'accordent
toujours au dynamisme missionnaire de
l'Eglise, avec une préférence pour les
pauvres, et consacrent leurs forces à
répondre aux besoins du monde actuel.
SIGLES
MARGINAUX
AA = Apostolicam Actuositatem:
Décret sur l'Apostolat des Laïcs.
AG = Ad Gentes: Décret
sur l'Activité missionnaire de l'Eglise.
CD = Christus Dominus: Décret sur la Charge pastorale des Évêques.
GE = Gravissimum Educationis:
Déclaration sur l'Education
chrétienne.
GS = Gaudium et Spes: Constitution
pastorale sur l'Eglise dans le Monde de
ce temps.
IM = Inter Mirifica: Décret
sur les Moyens de Communication sociale.
LG = Lumen Gentium: Constitution
dogmatique sur l'Eglise.
OT = Optatam Totius: Décret
sur la Formation des Prêtres.
PC = Perfectae Caritatis:
Décret sur la Rénovation et l'Adaptation
de la Vie religieuse.
PO = Presbyterorum Ordinis:
Décret sur le Ministère et la Vie
des Prêtres.
SC = Sacrosanctum Concilium:
Constitution sur la Sainte Liturgie.
UR = Unitatis Redintegratlo:
Décret sur l'Œcuménisme.
CIC = Codex Juris Canonici:
Code de Droit Canonique.
Const. Cap. = Constitutiones et Regulae C.Ss.R.: Règles et Constitutions
Rédemptoristes de 1936.
Doc. Misc. = Documenta Miscellanea ad Regulam et Spiritum Congregationis
nostrae illustrandum, Romae 1904.
Eccl. S. = Motu proprio Ecclesiae Sanctae du 6 août 1966.
EV. N. = Evangelii Nuntiandi: Exhortation de Paul VI du 8 décembre 1975.
Mut. Rel. = Mutuae Relationes:
SS. CC. des Religieux et des Évêques,
14 mai 1978.
P. Pr. = Encyclique Populorum Progressio du 26 mars 1967.
Rn. C. = Instruction Renovationis Causam du 6 janvier 1969.
SCRIS = Sacra Congr. pro Religiosis: Decretum de Vita Contemplativa Religiosorum,
1980.
Spic.
Hist. = Spicilegium Historicum C.Ss.R
La vie apostolique des Rédemptoristes
CONSTITUTIONS
LA MISSION DE LA
CONGREGATION
DU TRES SAINT-REDEMPTEUR
DANS L'ÉGLISE
1 - Fondée par saint Alphonse,
la Congrégation du Très-Saint-Rédempteur
est un Institut religieux missionnaire,
clérical, de droit pontifical, exempt,
de rites divers. Son but est de continuer
le Christ Sauveur en annonçant la Parole
de Dieu aux pauvres, selon ce qu'il a
dit de lui-même: «Il m'a envoyé évangéliser
les pauvre».
[1]
Ainsi
la Congrégation participe-t-elle à la
mission de l'Église. Comme sacrement universel
de Salut, celle-ci est, par nature, missionnaire.
[2]
Elle
s'acquitte de cette tâche avec un élan
missionnaire qui la porte vers les urgences
pastorales en faveur des plus délaissés,
surtout des pauvres, à qui elle s'efforce
d'apporter la Bonne Nouvelle.
Elle
continue l'exemple du Christ par la Vita
apostolica, cette vie apostolique
dans laquelle ne font qu'un, pour les
Rédemptoristes, leur vie toute à Dieu
et leur travail missionnaire.
2 - Pour remplir cette mission
qui est la sienne dans l'Eglise, la Congrégation
réunit des membres qui, vivant ensemble,
constituent un corps missionnaire. Dans
la diversité de leurs ministères, ils
sont organiquement rattachés à ce corps
par leur profession.
Animés de l'esprit des
Apôtres, imprégnés du zèle de leur fondateur,
attentifs à leurs traditions et aux signes
des temps, tous les Rédemptoristes, en
tant qu'auxiliaires, compagnons et serviteurs
de Jésus Christ dans la grande œuvre de
la Rédemption, sont envoyés pour annoncer
aux pauvres la Bonne Nouvelle du Salut
(Ch. 1); ils forment une communauté apostolique (Ch. 2), spécialement
consacrée au Seigneur (Ch. 3), bénéficiant
d'une formation (Ch. 4) et d'une organisation
(Ch. 5) appropriées.
CHAPITRE
I
LA TÂCHE MISSIONNAIRE DE LA CONGRÉGATION
Section 1:
L'évangélisation
des pauvres
3 - Les hommes les plus abandonnés
vers qui nous sommes spécialement envoyés
sont:
·
ceux que l'Église n'a pas encore pu doter des
moyens suffisants du Salut,
·
ceux qui n'ont jamais entendu le message de
l'Église,
·
ou qui n'y reconnaissent pas «la Bonne Nouvelle»,
·
ceux enfin qui sont victimes de la division
de l'Église.
Quant
aux fidèles qui bénéficient des soins
habituels de la pastorale, nous voulons,
dans notre sollicitude d'apôtres, les
renforcer dans leur foi, les amener à
la conversion continuelle et en faire
des témoins de la foi dans leur vie quotidienne.
[3]
4 - Parmi ces différents
groupes d'hommes plus dépourvus de secours
spirituels, nous accordons une attention
particulière aux pauvres, aux humbles
et aux opprimés. Leur évangélisation constitue
le signe de l'action du Messie (cf. Lc
4,18) et c'est à eux que le Christ a tenu
en quelque sorte à s'identifier (cf. Mt
25,40).
[4]
5 - Cette préférence accordée
aux urgences missionnaires ou à l'évangélisation
proprement dite, avec cette option en
faveur des pauvres, sont notre raison
d'être dans l'Église et la pierre de touche
de notre fidélité à l'appel reçu.
Le mandat qui nous est donné d'apporter la Bonne
Nouvelle aux pauvres vise à libérer et
à sauver l'intégralité de la personne
humaine. Notre tâche est donc tout à la
fois:
[5]
·
l'annonce explicite de la Bonne Nouvelle,
·
la solidarité avec les Pauvres,
·
et la promotion de leurs droits fondamentaux
à la justice et à la liberté par des moyens
conformes à l'Évangile et, en même temps,
efficaces.
Section 2:
L'œuvre de l'évangélisation
Article 1: L'Évangile du Salut
6 - Toujours en accord avec
le Magistère de l'Église, tous les Rédemptoristes
sont tenus d'être, parmi les hommes, des
serviteurs humbles et audacieux de l'Évangile
du Christ Rédempteur et Seigneur, principe
et modèle de l'humanité nouvelle.
[6]
Ce message annonce plus particulièrement la
Copiosa Redemptio («l'abondance
du rachat»): l'Amour du Père «qui nous
a aimés le premier et qui a envoyé son
Fils en victime de propitiation pour nos
péchés» (1 Jn 4,10), et qui vivifie par
son Esprit tous ceux qui croient en Lui.
[7]
Cette
Rédemption atteint l'homme dans sa totalité,
elle accomplit et transfigure toutes les
valeurs humaines, pour ramener toutes
choses sous un seul chef, le Christ (cf.
Eph 1,10; 1 Co 3,23) et les conduire à
leur fin: un ciel nouveau et une terre
nouvelle (cf. Ap 21,1).
Article 2: L'annonce de cet Évangile
7 - Témoins de l'Évangile de
la grâce de Dieu (cf. Acte 20,24), nous
proclamons avant tout la grandeur de la
vocation de l'homme et de l'humanité.
Nous savons les hommes pécheurs, mais
nous les savons déjà et plus profondément
encore élus, sauvés et rassemblés dans
le Christ (cf. Rm 8,29 ss).
[8]
Nous
cherchons donc à rejoindre le Seigneur
là où déjà il est présent et agit mystérieusement.
8 - Compte tenu des circonstances,
nous examinons soigneusement ce qu'il
faut dire ou faire: proclamer le Christ
explicitement ou au moins par le témoignage
silencieux d'une présence fraternelle.
9 - II arrive en effet que
soit impossible la présentation directe
et immédiate de l'Évangile ou du moins
son annonce totale; alors, patiemment,
prudemment et en même temps pleins de
confiance, il nous faut donner le témoignage
de la charité du Christ et, à la mesure
de nos forces, nous rendre proches de
chacun.
[9]
Nous
manifesterons cette charité par la prière,
par la sincérité du service et par toute
notre vie.
[10]
Cette
manière d'évangéliser prépare graduellement
les chemins du Seigneur et répond à la
vocation missionnaire des Rédemptoristes.
10 - Le témoignage de la vie
et de la charité mène au témoignage de
la parole (cf. Rm 10,17) quand s'y prêtent
les circonstances et les aptitudes personnelles.
Notre mission principale dans l'Église
est en effet la proclamation explicite
de la Parole de Dieu en vue de la conversion
fondamentale.
L'heure
venue, le Seigneur donnera libre cours
à notre parole (cf. Col 4,3). Alors, toujours
prêts à rendre compte de l'espérance qui
est en nous (cf. 1 P 3,15), parachevant
le témoignage silencieux de la présence
fraternelle par celui du verbe, nous annonçons
avec confiance et constance le mystère
du Christ (cf. Ac 4,13.29.31).
Pour qu'il nous soit donné de collaborer
toujours plus pleinement à la réalisation
du mystère rédempteur, nous devons prier
sans cesse l'Esprit, Seigneur des situations,
qui inspire ce qu'il faut dire et qui
ouvre les cœurs.
Article 3: Le but de l'œuvre missionnaire
11 - Puisque le ministère
de la réconciliation nous a été confié
(cf. 2 Co 5,18), nous annonçons le message
du Salut et le «temps favorable» (2 Co
6,2), pour que les hommes se convertissent,
croient à l'Évangile (cf. Mc 1, 15), vivent
vraiment de leur baptême et revêtent l'Homme
nouveau (cf. Eph 4,24).
Rédemptoristes,
nous sommes donc «apôtres de la conversion»
du fait que notre prédication vise surtout
à une remise en question radicale de la
vie, au choix décisif pour le Christ et
incite, avec force et douceur, à la conversion
continue et plénière.
[11]
12 - Cependant, la conversion
personnelle se vit en communauté d'Eglise.
L'objectif de toute notre action missionnaire
sera donc de susciter et de former des
communautés qui puissent exercer, dans
un cheminement digne de l'appel reçu,
les fonctions sacerdotale, prophétique
et royale que Dieu leur a confiées.
[12]
Les
hommes touchés par la grâce seront amenés
à prendre part dans toute son ampleur
à la Rédemption qui agit dans la Liturgie:
d'abord le sacrement de la Réconciliation
où est annoncée et célébrée de façon éclatante
la miséricorde de Dieu en Jésus Christ,
et surtout l'Eucharistie où s'édifie l'Église.
De
cette façon, toute communauté chrétienne
devient signe de la présence de Dieu dans
le monde. Nourrie de la Parole, elle témoigne
du Christ; avec Lui, dans le mystère eucharistique,
elle passe continuellement au Père; elle
progresse dans la charité et brûle de
l'esprit des apôtres.
Section 3:
La
manière d'évangéliser
Article 4: Le dynamisme dans l'action missionnaire
13 - Par fidélité à sa mission,
la Congrégation s'applique à conjuguer
dans son œuvre, et l'audace des initiatives,
et l'intensité du zèle.
Dieu
lui a confié une tâche à remplir fidèlement
à travers des époques différentes; elle
évolue donc dans la manière de l'accomplir.
14 - En effet, plus que par
telle ou telle forme d'action caractérisée,
notre apostolat est authentifié par le
dynamisme missionnaire: évangélisation
proprement dite et service des hommes
et des groupes qui, au point de vue religieux
et social, sont les plus délaissés et
les plus pauvres (cf. Const. 3-5).
15 - Notre mission demande
donc que nous restions très libres et
très disponibles, et par rapport au choix
des groupes à évangéliser, et par rapport
aux méthodes employées.
Le
devoir d'être continuellement à la recherche
d'initiatives appropriées, sous la conduite
de l'autorité légitime, nous interdit
de nous figer dans des méthodes ou des
structures telles que notre action cesserait
d'être missionnaire. Il nous faut inventer
avec sagacité des voies nouvelles pour
que l'Évangile soit prêché à toute créature
(cf. Mc 16,15).
16 - Aussi fera-t-on grand
cas de la diversité des moyens d'action
qui a caractérisé notre travail missionnaire
à travers le temps suivant les besoins
des différents pays. A l'avenir, sachons
également faire nôtres les initiatives
conformes à la charité missionnaire qui
doit nous animer.
17 - C'est au Chapitre (vice-)provincial,
en accord avec le Conseil général, qu'il
revient de juger si les priorités suivies
ou envisagées dans la (Vice-)Province
sont, oui ou non, en accord avec le caractère
missionnaire de la Congrégation.
Il
est donc clair que nous devons tous nous
interroger régulièrement, en particulier
dans les réunions capitulaires, pour savoir
si, dans nos régions, les moyens d'évangélisation
répondent à l'attente de l'Église et aux
besoins du monde; s'il n'est pas opportun
de renouveler les méthodes apostoliques
- et comment - pour retenir celles qui
sont valables, corriger celles qui sont
imparfaites et abandonner celles qui sont
périmées.
[13]
Article 5 : La collaboration dans l'Église
18 - La charité apostolique
conduira Communautés et confrères à harmoniser
leurs entreprises avec celles de l'Église
universelle et des Églises locales. La
tâche de la Congrégation dans l'Église
est de servir le Christ. Or le service
du Christ est inséparable du service de
l'Église.
[14]
Au
service, d'abord, de l'Église universelle,
nous sommes soumis, et par vœu d'obéissance,
à l'autorité du Souverain Pontife. Sans
porter atteint aux principes de l'exemption,
notre ministère particulier dans une Eglise
locale relève aussi de l'Ordinaire du
lieu.
En
conséquence, afin de pratiquer et de développer
la fraternité apostolique, nous ne perdrons
de vue, ni la pastorale organisée sur
place, ni le charisme de la Congrégation:
dans un esprit de franc service et de
généreuse disponibilité d'âme, nous nous
insérerons dans les tâches et les structures
missionnaires du diocèse ou de la région
où nous œuvrons, polarisés par les besoins
les plus urgents de l'Église et des temps.
Article 6: Le dialogue avec le monde
19 - Pour une évolution efficace
de notre travail missionnaire, il est
nécessaire de coopérer en Eglise et d'avoir
une connaissance et une expérience exactes
du monde. C'est pourquoi nous cherchons,
dans la confiance, le dialogue missionnaire
avec lui.
Interprétant
dans un esprit fraternel les inquiétudes
des hommes, nous essayons d'y lire les
signes de la présence de Dieu et de son
dessein de Salut.
[15]
Car
seul le mystère du Verbe Incarné met en
lumière le vrai sens de l'homme et de
sa vocation intégrale. Nous réalisons
ainsi dans toute son ampleur l'œuvre de
la Rédemption et nous témoignons que quiconque
suit le Christ, l'Homme parfait, devient
lui-même plus homme.
[16]
Le
missionnaire rédemptoriste
20 - Fermes dans la foi, joyeux dans l'espérance, fervents
dans la charité, brûlants de zèle, conscients
de leur faiblesse et assidus à la prière,
les Rédemptoristes, en hommes apostoliques
et en disciples authentiques de saint
Alphonse, heureux de continuer le Christ
Sauveur, participent à son mystère et
l'annoncent tant par la simplicité de
leur vie et de leur parole que par leur
disponibilité constante pour les tâches
ardues, dans l'abnégation d'eux-mêmes,
afin d'apporter aux hommes une abondante
Rédemption.
[17]
CHAPITRE II
LA COMMUNAUTÉ APOSTOLIQUE
Article 1: La communauté
21 - Pour répondre à notre
mission dans l'Eglise, nous poursuivons
communautairement l'oeuvre missionnaire.
Ainsi vivaient les Apôtres. Il n'existe pas de voie plus efficace pour la charité
pastorale.
Vivre
en communauté et travailler ensemble
à la Rédemption, c’est, pour nous, une
loi essentielle. Il ne faut donc jamais
perdre de vue cet aspect communautaire
lorsqu'il s'agit d'accepter une tâche
missionnaire.
Et
cette communauté n'est pas simplement
cohabitation matérielle; elle est, en
même temps, communion d'esprit et d'amour
fraternel.
22 - Cette vie communautaire
prend exemple sur celle des Apôtres (cf.
Mc 3,14; Ac 2,42-45; 4,32): elle nous
conduit, dans un échange vraiment fraternel,
à partager prières et recherches, souffrances
et travaux, succès et échecs, ainsi que
les ressources matérielles, pour le service
de l'Evangile.
Les
formes concrètes de cette vie en communauté
seront adaptées aux nécessités de l'évangélisation
et aux exigences de la charité fraternelle,
en ne perdant pas de vue que le mot «Communauté»
désigne soit toute la Congrégation, soit
la (Vice-)province, soit la Communauté
locale ou personnelle.
Article 2: La présence du Christ dans la communauté
23 - Appelés à continuer la
présence du Christ au monde dans sa mission
de Salut, nous choisissons sa Personne
comme centre de notre vie et nous nous
efforçons d'intensifier jour après jour
notre union avec Lui. Ainsi la présence
même du Rédempteur est le cœur de la communauté
et son Esprit d'amour la crée et la soutient.
Plus intime sera le lien qui nous unit
au Christ, plus étroit sera le lien entre
nous.
24 - Pour participer vraiment
à l'amour du Fils envers son Père et envers
les hommes, nous cultiverons l'esprit
de contemplation qui donne à notre foi
croissance et vigueur.
[18]
Nous
serons ainsi à même de reconnaître Dieu
dans les personnes et les événements quotidiens,
de percevoir dans une vraie lumière ses
intentions de Salut et de ne pas confondre
réalité et illusion.
25
- Dociles à l'Esprit Saint qui œuvre sans
cesse pour nous conformer au Christ, nous
apprenons par Lui à avoir «en nous les
sentiments mêmes de Jésus Christ», à revêtir
«la pensée du Christ» et nous sommes poussés
de l'intérieur à l'œuvre apostolique,
dans la diversité des ministères (cf.
Ph 2,5ss; 1 Co 2,16).
[19]
Car
divers sont les charismes accordés aux
personnes et aux communautés, «selon que
le Christ a mesuré ses dons», mais «c'est le même Esprit»
(cf. Eph 4,7; 1 Co 12,4).
Article 3: Communauté de prière
26 - Inlassablement, faisons
nôtre l'avertissement du Christ Rédempteur:
«II faut toujours prier et prier sans
arrêt» (Lc 18,1). Imitons les disciples
de la première communauté chrétienne:
«Ils se montraient assidus à l'enseignement
des Apôtres, fidèles à la communion fraternelle,
à la fraction du pain et aux prières»
(Ac 2,42), «tous, d'un même cœur, assidus
à la prière avec Marie, Mère de Jésus»
(Ac 1,14).
Ainsi,
de toutes nos forces, appliquons-nous
à vivre nous-mêmes personnellement l'esprit
d'oraison de saint Alphonse.
27 - Nous trouverons le Christ
surtout dans les principaux «sacrements»
du Salut. C'est pourquoi notre vie de
communauté se nourrira de la doctrine
évangélique, de la Sainte Liturgie, spécialement
de l'Eucharistie.
[20]
28 - «La Parole de Dieu constitue,
pour l'Église, son point d'appui et, pour
les enfants de l'Église, la force de leur
foi, la nourriture de leur âme, la source
pure et intarissable de leur vie spirituelle.»
[21]
C'est
pourquoi, serviteurs de la Révélation
du mystère du Christ au milieu des hommes,
nous devons fréquenter jusqu'à la faire
nôtre, par la lecture assidue et par des
célébrations communautaires, cette Parole
vivante et vivifiante. Notre foi en sera
pénétrée et l'efficacité apostolique plus
assurée (cf. 2 Tm 3,17).
[22]
29 - Dans la Liturgie,
nous trouvons, pour en vivre, le mystère
du Christ Sauveur des hommes; c'est vrai
surtout dans l'Eucharistie, sommet et
source de toute notre vie apostolique
et signe de notre solidarité missionnaire.
[23]
Aussi les prêtres auront-ils à cœur
plus que tout de célébrer quotidiennement
l'Eucharistie. Les confrères non prêtres
y participeront chaque jour, compte tenu
des circonstances de vie et de travail
de leur communauté.
[24]
30 - Comme Rédemptoristes,
nous vivons et travaillons en communauté.
Nous nous retrouverons donc aussi pour
prier. Chaque communauté trouvera les
formes de prières communes qui exprimeront
son unité et soutiendront son activité
missionnaire. Elle les soumettra à l'approbation
du supérieur compétent.
[25]
Outre
la célébration liturgique - Messe et Bréviaire
- ce nous est un droit et un devoir de
consacrer chaque jour au moins une heure
à la prière. Cette oraison peut se faire
en particulier ou en commun.
Les Statuts généraux et l'ordre
du jour de chaque communauté préciseront
combien de fois par jour nous nous réunissons
pour prier ensemble.
31 - Pour que notre participation
à l'Eucharistie et à la vie liturgique
soit profonde et fructueuse, pour que
notre vie spirituelle soit généreusement
alimentée, nous attacherons grande importance
à l'oraison mentale. Au dehors comme à
la maison, nous lui consacrerons un moment
privilégié (cf. Mt 6,6). Elle sera orientée
en priorité vers la contemplation du mystère
de la Rédemption.
[26]
Les
Statuts généraux décident des exercices
spirituels que nous avons à faire.
32 - Nous prenons la bienheureuse
Vierge Marie comme exemple et comme secours.
Elle a cheminé dans la foi ; elle a accueilli
de tout son cœur la volonté de salut de
Dieu; elle s'est consacrée sans réserve
- et se consacre encore - «Servante du
Seigneur», à la personne et à l'œuvre
de son Fils, toujours disponible pour
la Rédemption, toujours secourable, dans
le Christ, au peuple de Dieu. Nous vouerons
donc à cette Mère une piété et un amour
de fils.
[27]
Nous
susciterons largement le culte, surtout
liturgique, de la Vierge Marie et nous
célébrerons ses fêtes avec une particulière
ferveur.
[28]
Fidèles
à la tradition alphonsienne, nous honorerons
tous quotidiennement Notre Dame. La récitation
du saint rosaire nous est recommandée
à chacun, pour que les mystères du Christ,
auxquels participa Marie, imprègnent notre
mémoire, notre cœur et notre conduite.
33 - Sensibles aux besoins
de notre temps, nous nous efforcerons
de vivre du zèle apostolique de notre
Fondateur, marqué par son sens de l'Église,
critère authentique de notre service missionnaire.
Aussi
chercherons-nous à mieux connaître sa
vie et à fréquenter ses écrits.
Article 4: Communauté de personnes
34 - La communauté dans le
Christ est déjà présente dans toute relation
personnelle entre confrères: «Que deux
ou trois soient réunis en mon Nom, Je
suis là au milieu d'eux» (Mt 18,20). Ce
rassemblement au nom du Christ exprime
l'amitié évangélique qui anime toute communauté
«à la manière des Apôtres». Cette amitié
crée et nourrit la vie communautaire et
donne son véritable sens à ce qui est
juridique et administratif.
35 - C'est pourquoi, dans
nos communautés, nous sommes tous égaux
et tous nous participons, chacun à sa
manière, dans une réelle coresponsabilité,
à ce qui fait notre vie et notre mission.
36 - La communauté doit donc
promouvoir l'épanouissement des personnes,
favoriser les relations mutuelles, établir
une vraie fraternité.
Ce qui suppose l'estime de l'autre, de ses valeurs,
de ses qualités, et le souci de favoriser
la maturité et la responsabilité de tous
en leur offrant la possibilité de choix
personnels.
37 - Dans cet esprit, une
communauté peut vivre et agir, soutenue
et enrichie dans ses exigences internes
comme dans l'efficacité de son action.
De plus il en résulte une fructueuse et
continuelle interaction entre chacun des
membres et la communauté, qui sert et
développe la vocation de tous et de chacun.
38 - Cette communion des volontés
en Jésus Christ, ce respect mutuel, permettent
de saisir ce qui est requis par le bien
de tous pour la vie fraternelle et le
travail missionnaire.
Dans
la poursuite d'un même but par le don
de soi dans la charité, chacun contribue
selon ses forces à réaliser ce qu'ensemble
on a décidé.
Article 5: Communauté de travail
39 - Chacun, obéissant aux
dispositions prises par le supérieur compétent,
met tout son savoir-faire, tous ses talents,
à assumer sa part des tâches communautaires,
et à porter les fardeaux de la vocation
missionnaire. Être ainsi tout à sa mission,
c'est la part principale de l'observance
religieuse.
Article 6: Communauté de conversion
40 - Il est souverainement
important que nous considérions la communauté
comme sans cesse à rénover de l'intérieur
par un constant progrès.
41 - 1°) Nous devons nous
efforcer de revêtir l'Homme Nouveau créé
à l'image du Christ crucifié et ressuscité,
afin de purifier toutes les raisons qui
nous font juger et agir. Cette conversion
du cœur et de l'esprit concerne en effet
toute notre vie quotidienne.
[29]
Il
y faut une constante abnégation de soi,
le rejet de tout égoïsme, un cœur libre
et largement ouvert aux autres, à la dimension
de notre vie apostolique. Par ce don de
nous-mêmes aux autres pour le Christ (cf.
2
Co 4,10ss), la liberté intérieure
nous sera donnée, et avec elle, l'équilibre
et l'unité de toute notre vie.
[30]
2°) Nous ferons chaque jour notre
examen de conscience, préférablement au
cours d'une prière communautaire. Nous
recevrons fréquemment le sacrement de
réconciliation afin de vivre plus pleinement
la nécessaire conversion du cœur.
[31]
42 - Pour fortifier et exprimer
cette conversion intérieure, nous devons
nous choisir librement des exercices de
pénitence.
La communauté comme telle doit aussi
donner, de cette conversion, un témoignage
efficace, pour que l'on grandisse toujours
plus vers cette totale générosité avec
laquelle il convient de répondre à la
parole de Dieu.
[32]
Article 7: Communauté ouverte
43 - La communauté religieuse
est notre communauté première et fondamentale.
Mais qu'elle soit assez ouverte au monde,
assez mêlée à la vie des hommes pour nous
permettre de déceler les signes des temps
et des lieux et de nous adapter avec souplesse
aux exigences de l'évangélisation (cf.
Const. 19). En effet, nous appartenons
plus ou moins à d'autres communautés,
en particulier aux groupes humains parmi
lesquels nous travaillons.
Cette
ouverture n'est pas occasion de fuir notre
propre communauté, mais elle nous permet
de communiquer à tous les hommes la joie
évangélique dont nous vivons. Nous pouvons
être ainsi ferment dans le monde et témoins
vivants de l'espérance.
Article 8: Communauté organisée
44 - Pour exprimer et épanouir
la promotion des personnes engagées dans
la même charité pastorale, chaque communauté
doit organiser sa vie au mieux en se donnant
des règles précises de vie communautaire.
Dans
la fidélité aux Statuts généraux, chaque
communauté se fixera donc le règlement
qui lui convient, suivant sa situation
; inspirée par la tradition chrétienne
et rédemptoriste, elle tiendra compte
de la vie sociale et des droits de la
personne humaine.
45 - 1°) Ces normes
- auxquelles chacun aura à cœur de se tenir
- seront telles qu'elles puissent s'adapter
facilement à notre œuvre missionnaire, aux
requêtes de l'Église, aux circonstances
de lieu et de temps, à la culture et au
caractère de la population.
2°) Dans un dialogue fraternel,
il nous faut chercher tous ensemble ce
qui favorisera la prière et le travail,
la solitude et la révision de vie, le
repos et la détente.
3°) Au légitime supérieur de déterminer,
selon les normes de la clôture, les locaux
ouverts aux étrangers par chaque communauté,
et ceux qu’elle réserve à son intimité.
4°) Nous gardons notre habit religieux
traditionnel. Les Statuts généraux déterminent
s'il y non de le porter. Pour le choix
d'un autre vêtement, nous nous en tenons
aux prescriptions diocésaines.
CHAPITRE
III
COMMUNAUTÉ
APOSTOLIQUE
CONSACRÉE AU CHRIST RÉDEMPTEUR
Article 1: La mission du Christ Rédempteur, raison d'être
de notre consécration
46 - Nous consacrons, par
la profession religieuse, notre vie personnelle
et communautaire, pour nous vouer tout
entiers à l'annonce missionnaire de l'Évangile
dans la perfection de la charité apostolique.
C'est le but même de la Congrégation.
[33]
47 - Cette profession prend
racine dans la consécration baptismale
et lui confère son plein épanouissement.
Nous devenons ainsi, sous la conduite
de l'Esprit, les serviteurs de l'Évangile
et nous entrons à un titre nouveau dans
la mission du Christ.
[34]
48 - Lui-même, pour remplir
sa mission toute de charité pastorale,
«s'est anéanti jusqu'à l'esclavage» (Ph
2,7). Il s'est totalement voué à la volonté
du Père pour la Rédemption des hommes
à travers toute sa vie.
49 - Mis à part pour l'œuvre
à laquelle nous avons été appelés (Ac
13,2), nous sommes décidés à ne pas dévier,
notre vie durant, de notre vocation, renonçant
à nous-mêmes et à tous nos biens pour
devenir disciples du Christ et nous faire
tout à tous (cf. 1 Co 9,22).
50 - C'est pourquoi, dans l'Église
qui continue et déploie cette mission
de Salut, nous avançons sur les chemins
mêmes du Christ: virginité, pauvreté,
obéissance, service et immolation de soi
jusqu'à la mort, dont II surgit vainqueur
par sa Résurrection.
[35]
Ainsi, spécialement insérés dans
le mystère de l'Église, nous vivons plus
profondément le mystère pascal.
[36]
Article 2: Signes et témoins
51 - Ce total engagement dans
la mission du Christ nous entraîne dans
son abnégation jusqu'à la croix, dans
la liberté virginale de son cœur, dans
son entière disponibilité pour la vie
du monde. Ainsi devons-nous témoigner
devant les hommes du dynamisme de sa Résurrection
tandis que nous annonçons la vie nouvelle
et définitive.
[37]
Article 3: La mission unifie toute la vie
52 - Le principe d'unité de
toute notre vie, c'est la charité missionnaire
qui nous vient du Rédempteur. Elle nous
identifie en quelque sorte à Lui pour
continuer d'accomplir la volonté du Père:
le Salut des hommes.
[38]
53 - La gloire de Dieu et le
Salut du monde, l'amour de Dieu et l'amour
des hommes ne font qu'un. Nous vivons
donc l'union à Dieu dans la charité apostolique;
nous recherchons la gloire de Dieu
par l'amour missionnaire.
[39]
54 - Ainsi la charité pastorale
informe et unifie toute notre existence.
En effet, la vie communautaire est au
service de l'apostolat; la conversion
continuelle, fruit de notre don total
au Seigneur, nous rend plus disponibles
au service des autres; enfin, l'engagement
religieux qui nous voue à Dieu est de
soi apostolique et rend plus missionnaire.
Notre
profession religieuse devient donc l'acte
qui engage toute notre vie missionnaire
de rédemptoristes.
Article 4: Tous missionnaires
55 - Cette profession nous
engage tous dans la mission : occupés
aux diverses tâches du ministère apostolique
ou réduits à l'inactivité, pris par les
multiples services de la Congrégation
et des confrères, âgés ou infirmes, privés
de toute activité au dehors, dans la souffrance
et dans la mort, nous sommes tous à la
même tâche: le Salut du monde.
Article 5: La profession, réponse d'amour
56 - Stimulés et fortifiés
par l'Esprit Saint, nous nous efforçons
de parvenir à cette donation totale pour
devenir nous-mêmes, par le Christ, réponse
d'amour à «Celui qui nous a aimés le premier»
(1 Jn 4,10). Nous la vivons par les vœux
de chasteté, de pauvreté et d'obéissance.
Article 6: La chasteté
57 - Rejoignant d'une autre manière
ce que le mariage signifie, à savoir le
mystère d'amour du Christ et de l'Église,
la chasteté religieuse, qui comporte l'engagement
à un célibat parfaitement chaste, témoigne
de la présence du Règne de Dieu sur la
terre (cf. 1 Co 7,34; Eph 5,25-32).
[40]
58 - Engagés dans ce mystère
d'amour, nous choisissons
le célibat pour le Royaume des cieux (cf.
Mt 19,12), afin de nous vouer personnellement
et communautairement à la mission du Christ
(cf. Jn 17,19). Le cœur rempli de ce qui
est du Seigneur, nous voulons aimer et
servir nos frères (cf. 1 Co 7,32), témoigner
de l'amour de l'Eglise pour le Christ
(cf. 2 Co 11,2) et annoncer les réalités
célestes (cf. Lc 20,35-36).
59 - Ceux qui sont gratifiés
de ce don par le Père, sont attirés par
les réalités du Royaume de Dieu au point
de ne pouvoir répondre pleinement et d'une
manière personnelle à l'amour de Dieu
que par le choix de cette chasteté religieuse.
Pour
comprendre mieux le mystère de la chasteté
et le vivre libres et joyeux, il nous
faut en demander la grâce instamment et
humblement avec l'Eglise et la préserver
par les moyens qui s'imposent.
60 - Employons donc tous les
moyens et secours offerts par la science
en faveur de la santé de l'esprit et du
corps. Conformons-nous surtout aux normes
ascétiques qui ont fait leurs preuves
dans l'expérience de l'Église.
[41]
De
plus, souvenons-nous, surtout si nous
sommes supérieurs, que la chasteté est
plus sûrement sauvegardée lorsqu'une vraie
charité fraternelle unit les confrères
dans la vie commune (cf. Const. 23, 34).
[42]
Article 7: La pauvreté
61 - Missionnaires, nous choisissons
en pleine confiance la pauvreté du Christ
qui «pour nous s'est fait pauvre de riche
qu'il était, afin de nous enrichir par
son indigence» (2 Co 8,9).
[43]
62 - Nous devons vivre de
cet esprit qui animait la communauté apostolique,
afin d'être signe de cette vie fraternelle
des disciples du Christ dont on disait:
«La multitude des croyants n'avait qu'un
cœur et qu'une âme. Nul ne disait sien
ce qui lui appartenait, mais entre eux
tout était commun» (Ac 4,32).
Tous
les biens sont donc en commun et au service
de tous, à un niveau de vie convenable
certes, mais modeste.
Tout
ce que nous acquérons par notre activité
ou qui nous est donné à l'intention de
la Congrégation appartient à la Congrégation
et doit être intégré aux biens de la communauté.
63 - Sans laisser tomber les
formes de pauvreté qui ont fait leurs
preuves, nous en chercherons volontiers
de nouvelles, toujours plus en harmonie
avec l'Évangile et capables d'en rendre
perceptible le signe personnel et collectif.
64 - Pauvres, nous sommes
soumis à la loi du travail. Chacun doit,
par son travail, subvenir autant que possible
à ses besoins et à ceux des autres.
65 - La charité missionnaire
exige que nous menions la vie vraiment
pauvre qui correspond à la condition des
pauvres que nous évangélisons. Nous ne
serions pas, autrement, solidaires des
pauvres et signe, pour eux, d'espérance.
66 - Dans le même esprit, nous
chercherons loyalement à saisir les valeurs
qui sont en honneur dans les autres nations,
même si elles sont étrangères à notre
culture. C'est la condition d'un dialogue
fructueux qui mettra en lumière les richesses
dispensées par Dieu aux nations.
[44]
67 - Notre pauvreté, vécue
dans un esprit de renoncement
à nous-mêmes, doit nous amener à la liberté
évangélique que requiert la mobilité missionnaire
(cf. Lc 9,58-62).
De même, par pauvreté, nous nous
insérerons volontiers, au nom de l'Évangile,
dans les divers organismes ou institutions,
offrant nos services à tous les hommes pour le bien de la mission (cf.
Const. 18).
68 - Notre vœu de pauvreté ne nous demande pas
seulement une vie de détachement réel
et aimé, une vie de travail et qui se
contente de peu, loin des richesses terrestres;
il comporte aussi dépendance et restriction
dans la disposition des biens conformément
au droit particulier de la Congrégation.
69 - Nous sommes tenus d'établir
un testament valable au for civil. Il
doit être fait au plus tard avant les
vœux perpétuels.
70 - Pour mieux pratiquer la pauvreté, il est permis
de renoncer à ses biens patrimoniaux acquis
ou à acquérir. Cependant, seuls pourront
le faire des religieux d'âge mûr, avec
l'accord du Gouvernement (vice-)provincial.
Que les confrères et les supérieurs soient
attentifs à n'envisager une telle renonciation
qu'avec prudence et équité.
[45]
Pour
parer à tout ennui, on en dressera un
document officiel.
Article 8: L'obéissance
71 - A l'exemple du Christ
venu pour faire la volonté de son Père
et donner sa vie en rançon pour la multitude
(cf. Jn 6,38; Mt 20,28), nous faisons
à Dieu, par notre vœu d'obéissance, donation
de notre volonté propre et nous nous engageons
à la soumettre à nos supérieurs légitimes
exerçant leur autorité selon les Constitutions
et Statuts.
[46]
Nous
mettrons les forces de l'intelligence
et de la volonté, les dons de la nature
et de la grâce, à l'exécution des ordres
reçus et à l'accomplissement des tâches
qui nous sont confiées.
Faisons-le
avec foi et amour pour la divine volonté,
conscients de chercher ainsi le Royaume
de Dieu et de communier intimement au
Mystère pascal du Christ, mystère d'obéissance.
72 - Que les supérieurs, qui
devront rendre compte de ceux qui leur
sont confiés (cf. He 13,17), soient eux-mêmes
dociles à la volonté de Dieu dans l'accomplissement
de leur charge; qu'ils exercent leur autorité
en esprit de service, afin d'exprimer
à leurs frères l'amour que le Seigneur
a pour eux.
Ce
sont des frères, enfants de Dieu, qu'ils
dirigent. Qu'ils respectent leur personne
et les aident à parvenir à une obéissance
libre.
[47]
Dans
les charges confiées à chacun, et dans
les travaux à entreprendre, qu'ils favorisent
une obéissance active et responsable.
C'est
pourquoi les supérieurs écouteront volontiers
leurs frères, feront converger leurs efforts
pour le bien de l'Institut et de l'Eglise,
et les soutiendront dans leurs engagements
missionnaires.
73 - 1°)
Tous ensemble, avec les supérieurs, nous
sommes coresponsables de la mission de la
Congrégation et solidaires dans son accomplissement.
Mus par l'Esprit Saint qui anime nos communautés
et nous rend dociles au service de Dieu
dans l'Église et dans le monde, tous ensemble, supérieurs et sujets,
nous cherchons dans le dialogue et la
vie fraternels, la volonté de Dieu qui
parle par les hommes et par les signes
des temps et nous nous efforçons de l'accomplir
(cf. Const. 37-38).
2°) Même si tous, en réfléchissant
ensemble, concourent à une décision, le
droit reste au supérieur de décider et
de prescrire ce qu'il faut faire, à moins
que le droit particulier ne statue autre
chose.
3°) Dans les limites des Constitutions
et Statuts, les supérieurs légitimes peuvent
donner aux confrères des préceptes formels
d'obéissance. Cependant, qu'ils n'usent
de ce pouvoir qu'avec une raison grave
et l'accord de leurs Conseillers.
Quant
aux sujets, ils sont tenus d'obéir promptement
à de tels préceptes en vertu de l'obéissance
dont ils ont fait vœu devant Dieu.
74 - «La norme ultime de la
vie religieuse étant la suite du Christ
proposée par l'Évangile, celui-ci doit
être tenu pour la règle suprême» de notre
Congrégation.
[48]
C'est
dans le partage de cet esprit que tous,
supérieurs et confrères, nous observerons
les Constitutions, Statuts et décrets
légitimes. Alors chacun de nous, et chaque
communauté, y trouvera, jour après jour,
le moyen de ne faire qu'un avec la volonté
de Dieu, pour mieux accomplir la mission
du Christ qui a dit: «Je suis venu du
ciel, non pour faire ma volonté, mais
la volonté de Celui qui m'a envoyé» (Jn
6,38).
75 - L'obéissance évangélique
vise à la vraie promotion de la personne
consacrée au Christ, témoigne à la face du monde de la vraie liberté
des enfants de Dieu et de leur unité dans
le Christ; elle est la force d'un corps
missionnaire.
Article 9: Le vœu et serment
de persévérance
76 - Lors de notre profession perpétuelle, aux
vœux ci-dessus mentionnés nous ajoutons
le vœu et serment de persévérance, en
vertu duquel nous nous engageons à rester
jusqu'à la mort dans la Congrégation.
CHAPITRE
IV
LA FORMATION DANS NOTRE COMMUNAUTÉ APOSTOLIQUE
Article 1: But de la formation
77 - Le but de la Congrégation
- la mission - doit inspirer de bout en
bout la formation du Rédemptoriste: sélection
des vocations, étapes d'initiation, recyclage
permanent.
[49]
78 - Il s'agit de former des
personnalités humainement et chrétiennement
assez mûres pour que d'elles-mêmes, Dieu
aidant, en connaissance de cause et d'un
cœur joyeux, elles se vouent totalement
au service missionnaire de l'Église par
l'évangélisation des pauvres dans la communauté
rédemptoriste.
[50]
Ainsi,
progressivement, elles apprendront à suivre
le Christ selon les exigences déjà radicalement
contenues dans leur baptême et que la
profession religieuse renforce pour faire
d'eux d'authentiques missionnaires.
Article 2: Recherche des vocations
79 - C'est le nombre et la qualité
des candidats qui permettra à la Congrégation
de poursuivre avec vitalité sa mission apostolique.
[51]
Si nous avons estime et amour
pour notre propre appel, nous aurons tous
le zèle des vocations à susciter.
80 - Seul l'Esprit de Jésus
fait surgir les missionnaires dans l'Église.
Mais d'ordinaire il transmet l'appel du
Christ à travers les rencontres et les
relations humaines. Vivant au milieu des
hommes de par son ministère apostolique,
chacun de nous doit donc être attentif
à percevoir et à discerner dans les jeunes
les dons largement répandus de l'Esprit.
N'oublions pas d'ailleurs que les moyens
les plus efficaces de recrutement sont:
l'ardeur à prier, une vie rayonnante et
un zèle d'apôtre (cf. Mt 9,38; Lc 10,2).
[52]
Article 3: La formation en général
81 - On s'efforcera de son
mieux:
— à ce que les candidats soient amenés à faire leur choix
de vie en pleine responsabilité,
— à ce que la liberté de leur don s'affirme et aille en grandissant,
— à ce qu'ils deviennent capables d'entreprendre les œuvres
conformes à l'esprit de l'Institut.
[53]
Abondamment nourris de la Parole
de Dieu qu'ils auront à annoncer, ils
méditeront assidûment le mystère du Salut; d'autre
part, ils scruteront les besoins
du monde auxquels l'Église doit porter
secours, ils laisseront ses appels retentir
dans leur cœur, cherchant ensemble dans
la lumière de cette Parole une réponse
valable.
[54]
Il leur faut aussi une foi
intrépide pour regarder en face la solitude
tentatrice et les incertitudes du ministère
apostolique, pour croire que l'avancée
du Royaume se fait dans la communion fraternelle
à travers laquelle le Christ travaille
à «ramener à l'unité tous les enfants
de Dieu dispersés».
[55]
Imitateurs de saint Paul, comme
lui-même le fut du Christ (1 Co 4,16),
et tout pénétrés de sa doctrine, ils s'enracineront
dans une espérance inépuisable et lucide,
«cette espérance qui ne déçoit pas, parce
que l'amour de Dieu a été répandu dans
nos cœurs...» (Rm 5,5).
Article 4: Les formateurs
82 - Le corps tout entier
de la Congrégation n'a jamais fini de
se former et d'évoluer pour répondre aux
appels des hommes à qui nous avons à porter
la Bonne Nouvelle. De cette formation,
nous sommes tous responsables, non seulement
à l'égard des jeunes, mais à l'égard de
tous nos confrères.
[56]
Cependant les Supérieurs majeurs
ont charge toute spéciale de cette formation,
et principalement de la mise sur pied
d'un corps choisi de formateurs. Il est
en effet requis des éducateurs une préparation
spécialisée et une suffisante expérience pastorale
et missionnaire.
[57]
83 - Dans un même esprit et
avec des volontés accordées, les formateurs
poursuivront une action prudente et efficace
au service de ceux qui attendent leur
aide.
Avec le concours de spécialistes,
ils s'efforceront de discerner les vocations
et mettront les jeunes dans les conditions
les meilleures pour un choix éclairé et
libre. Ils ne se comporteront pas en maîtres
ès-sciences, mais en serviteurs de cette
vérité qu'ils ont eux-mêmes à chercher
patiemment et humblement avec leurs élèves.
[58]
Les candidats coopéreront généreusement
et humblement avec leurs formateurs. A
la lumière d'une foi nourrie dans la méditation
de la Parole de Dieu, ils apprendront
d'eux à chercher Dieu toujours, à reconnaître
les signes des temps, à découvrir le Christ
en tout homme, à avoir une juste estime
des valeurs humaines. Ainsi la sagesse
évangélique imprégnera toute leur vie
pour en faire des témoins fidèles et des
hérauts de l'Évangile.
Article 5: L'initiation à la vie apostolique
84 - Le temps de la formation
déborde le noviciat: il inclut les périodes
qui le préparent et celles qui le continuent,
selon les dispositions du droit commun
et du droit particulier de l'Institut.
85 - L'incorporation à la Congrégation
se fait par degrés. Mais dès l'entrée
il s'agit de vivre dans l'esprit des conseils
évangéliques. Après un temps suffisant
de maturation et d'affermissement dans
cette vie évangélique, les confrères se
consacreront plus parfaitement au Christ
Rédempteur et à sa mission, dans la Congrégation,
par les vœux simples de chasteté, de pauvreté
et d'obéissance.
86 - 1°) C'est le
Gouvernement général qui décide l'ouverture
d'un noviciat, son implantation dans telle
maison de la Congrégation, ses lignes
directrices, etc., en conformité avec
le droit commun et les Statuts généraux.
2°) Dieu les appelle-t-il vraiment à continuer le Christ par la profession
religieuse dans la vie apostolique de
la Congrégation: voilà ce que les candidats
ont à examiner en profondeur durant leur
noviciat. Qu'ils expérimentent donc notre mode d'existence, étudient
l'histoire et la vie de la Congrégation,
se forment un esprit et un cœur de Rédemptoriste;
et que l'on s'assure de leurs aptitudes
et de la fermeté de leur décision.
a) Pour être valide, le noviciat doit comporter douze mois
de présence dans la maison du noviciat.
Mais, en plus de ces douze mois, les Statuts
généraux peuvent prescrire un ou plusieurs
stages d'activité apostolique hors de
la communauté du noviciat, en vue de perfectionner
la formation des novices.
La durée du noviciat ne dépassera
pas deux ans.
b) C'est au Maître des novices de régir le noviciat, sous
l'autorité du Supérieur (vice-) provincial.
Mais en ce qui regarde la discipline de
toute la maison, Maître et novices sont
soumis au Supérieur.
c) C'est le Supérieur Majeur, avec l'accord de son Conseil,
et en se conformant aux Statuts généraux,
qui admet un candidat au noviciat, à la
profession temporaire et perpétuelle.
d) Son noviciat terminé, le novice jugé apte sera admis
à la profession temporaire ; sinon, qu'on
le congédie. En cas d'hésitation sur son
aptitude, on peut prolonger son temps
de probation, conformément aux Statuts
généraux, mais pas au-delà de six mois.
e) La profession temporaire à émettre après le noviciat
ne peut engager pour moins de trois ans
ni pour plus de six ans. Ce temps peut
être prolongé, mais pas au-delà de neuf
ans, aux termes des Statuts généraux.
f) La profession est à émettre et à renouveler dans les
termes de la formule approuvée (cf. Appendice,
p. 75ss).
87 - Les confrères qui aspirent à la prêtrise seront formés
à devenir de vivantes images du Christ,
le Prêtre suprême et éternel. Qu'ils apprennent
à ne faire qu'un avec Lui, à scruter son
inépuisable mystère par l'étude scientifique et systématique des disciplines théologiques et une connaissance approfondie
des sciences humaines.
[59]
En même temps ils partageront
intensément la vie communautaire et mettront
la main à un apostolat missionnaire à
leur mesure.
88 - Durant tout le cours
de leurs études, nos étudiants seront
confiés à la sollicitude d'un Préfet.
Il les formera à la vita apostolica
et les aidera à unifier vie spirituelle
et études théologiques.
89 - Les autres confrères ont
la même vocation missionnaire que les
futurs prêtres, mais ils la vivront en
des tâches différentes. On les formera
donc aussi à s'imprégner du mystère du
Christ et à participer à la vie de la
Congrégation. Ils devront aussi acquérir,
autant que possible, la compétence dans
leur profession et dans leur ministère.
Article 6: La formation permanente
90 - Notre efficacité missionnaire
sera d'autant plus grande que nous poursuivrons
un effort sans cesse accru d'adaptation
apostolique en même temps qu'un continuel
renouvellement de nous-mêmes sur les plans
spirituel, scientifique et pastoral.
Pour enrichir et vivifier son
ministère, chacun doit sans cesse se remettre
à l'école des sciences divines et humaines
et s'enrichir par les échanges fraternels.
Au Supérieur (vice-) provincial
de pourvoir à la formation permanente
de tous par des sessions théologiques
et pastorales, la fréquentation des Facultés,
des rencontres régionales ou nationales.
De plus, à l'imitation de son
Fondateur et pour mieux réaliser sa vocation
missionnaire, notre Congrégation apporte
son appoint aux études supérieures des
sciences sacrées.
CHAPITRE
V
LE GOUVERNEMENT DE LA COMMUNAUTÉ APOSTOLIOUE
Principes généraux
91 - Les principes généraux
énoncés par les Constitutions doivent
inspirer tout le gouvernement de la Congrégation,
assurant ainsi aux dispositions précisées
par les Constitutions et les Statuts leur
pleine dimension humaine et apostolique.
92 - Chaque membre, chaque
communauté doit, de la manière qui lui
revient, prendre une part active et responsable
dans l'organisation de la Congrégation
en ses divers secteurs et à travers les
institutions variées qui la structurent.
Car «à chacun 1a manifestation de l'Esprit
est donnée en vue du bien commun» (cf.
1 Co 12,7; cf. Const. 72).
[60]
93 - C'est pourquoi, sous
la conduite du Gouvernement général, chaque
partie de la Congrégation, dans une saine
décentralisation, gère ses propres affaires,
c'est-à-dire légifère et décrète en ce
qui la concerne, coordonne (a vie de ses
membres, en communion avec tout l'Institut,
avec l'Église locale et avec la société
dans laquelle elle vit.
94 - De plus, en vertu du
principe de subsidiarité, tous les organismes
de direction doivent susciter la responsabilité
des personnes et des communautés. Cela
suppose que tous les sujets et les groupes
de base jouent leur rôle dans les décisions
qui les concernent et dont l'exécution
est à leur mesure. Par contre, les instances
supérieures ont le devoir de les aider
quand ils ne peuvent se suffire.
[61]
95 - De même, le principe
de solidarité doit susciter une coopération
véritable entre les institutions homologues
comme entre les confrères. Les Supérieurs
appuieront tout effort qui puisse assurer
les conditions les meilleures à la vie
apostolique de tous.
[62]
96 - Enfin, notre organisation
et nos institutions doivent être commandées
par les exigences de l'apostolat et la
diversité de chaque mission, dans la fidélité
au charisme de la Congrégation.
[63]
Section 1:
Structure de la Congrégation
Article 1: Subdivisions et institutions
97 - La Congrégation se répartit
en Provinces et Vice-Provinces; et celles-ci
comportent des Communautés de vie et d'action.
L'Institut compte aussi des Régions.
1°) Le Conseil général décide de l'érection des Provinces et des Vice- Provinces, de leur fusion et du remaniement de leur répartition.
2°) C'est lui aussi qui les supprime et dispose alors de leurs biens.
3°) Avec l'approbation du Conseil général, Provinces et Vice-Provinces peuvent
fonder et supprimer des Régions.
98 - La première instance
de la Congrégation est le Chapitre: c'est
à travers lui que nous exerçons notre
responsabilité en faveur de la vie apostolique
de la Congrégation et que nous participons
à son gouvernement. Tous en effet, directement
ou par nos délégués, nous mettons périodiquement
en commun réflexions et dynamisme pour
faire avancer, soit la Congrégation entière,
soit nos propres Provinces ou Vice-Provinces,
assurant ainsi la mise à jour et l'unité
de l'Institut.
[64]
99 - a) La Congrégation dans
son ensemble, les Provinces, les Vice-Provinces,
les Communautés, ont à leur tête un Supérieur
et son Conseil. Des organismes appropriés,
permanents ou transitoires, assurent la
participation de tous à la direction.
b) Les Supérieurs ne doivent pas demeurer trop longtemps
sans interruption dans les charges de
gouvernement. Les Statuts généraux donneront
plus de précisions à ce sujet.
Article 2: Chapitres et Supérieurs en général
100 - Dans la Congrégation cléricale
exempte que nous formons, Chapitres et
Supérieurs détiennent, outre l'autorité
dominative, la juridiction ecclésiastique
aux fors interne et externe, selon les
dispositions du droit commun et particulier.
[65]
Mais les Supérieurs exercent
ce pouvoir dans un esprit collégial, ensemble
avec leurs Conseillers qui assurent la
participation de tous aux décisions.
101 - Parmi les questions à
traiter, le droit commun et le droit particulier
précisent en quels cas les Conseillers
ont voix consultative, en quels cas ils
ont voix délibérative, en quelles affaires
enfin, bien déterminées, le Conseil, agissant
comme collège, décide à la majorité absolue
des suffrages.
Contre une décision de la majorité,
on peut toujours recourir au Supérieur
immédiatement plus élevé. Le recours est
suspensif s'il s'agit de dépense ou d'aliénation
de biens, mais pas dans les autres cas,
sauf disposition contraire du droit commun.
102 - Dans les points purement
disciplinaires des Constitutions et des
Statuts généraux ou (vice-) provinciaux,
les Supérieurs peuvent donner des dispenses,
mais en s'en tenant à ce qui suit:
a) Si la dispense concerne un confrère en particulier et
quand le cas, surtout s'il est public,
doit se prolonger, le Supérieur de la
Communauté peut la concéder après avoir
consulté son Conseil.
b) S'il s'agit de dispenser toute la Communauté en un point
important, le Supérieur de la Communauté, après avoir demandé l'avis
de son Conseil, recourra, s'il en a le
temps, au Supérieur (vice-)provincial:
c'est à ce dernier, après avoir entendu
son Conseil, qu'il revient de dispenser.
S'il n'en a pas le temps, le Supérieur,
une fois pris l'avis de son Conseil, pourra
dispenser la Communauté, mais il en avisera
son (Vice-) Provincial.
c) Pour dispenser toute une Vice-Province, le Supérieur
vice-provincial, après avoir entendu son
Conseil, recourra au Provincial qui, si
son Conseil en est d'accord, pourra la
dispenser. Cependant, en cas d'urgence,
le Vice-Provincial, avec l'accord de son
Conseil, pourra concéder la dispense,
mais il en avisera son Provincial.
d) De même, pour dispenser toute une Province, son Supérieur,
après avoir entendu son Conseil, recourra,
s'il en a le temps, au Supérieur général.
Ce dernier, avec l'accord de ses Conseillers,
pourra concéder la dispense. Cependant,
en cas d'urgence, le Provincial lui-même,
avec l'accord de son Conseil, aura le
droit de dispenser, mais il en avisera
le Supérieur général.
e) S'il s'agit de toute la Congrégation, le Conseil général
pourra la dispenser jusqu'au prochain
Chapitre général; ce dernier décidera
de proroger la dispense ou de la révoquer.
S'il ne décide rien, elle est
sensée révoquée.
103 - Périodiquement les Supérieurs
doivent s'interroger sur l'idée qu'ils
se font de leur charge et sur la manière
dont ils s'en acquittent.
A cette fin, qu'ils organisent
entre eux des rencontres et tâchent de
participer à des sessions de formation.
Il leur sera très utile de
se rencontrer, sur ces problèmes, avec
les Supérieurs d'autres Instituts.
Section 2:
Le Gouvernement général
Article 3: Le Chapitre général
104 - Le Chapitre général, convoqué
et réuni dans les règles, est l'organe
suprême du gouvernement interne de la
Congrégation et il la représente. Il est
l'expression de la participation par laquelle
tous les confrères prennent en charge
l'Institut tout entier.
[66]
Le Chapitre général, tant ordinaire
qu'extraordinaire, est convoqué par le
Supérieur général selon les normes contenues
dans les Statuts généraux et le Directoire
des Chapitres.
105 - Le Chapitre ordinaire
est convoqué tous les six ans. Les Statuts
généraux déterminent en quels cas il faut
réunir un Chapitre extraordinaire.
106 - A tout Chapitre général assistent le Supérieur
général, les Conseillers, le Procureur,
l'Econome et le Secrétaire généraux, ainsi
que les représentants légitimement désignés
des Provinces et des Vice-Provinces. Le
Président du Chapitre général est le Supérieur
général.
Le Supérieur général, les Conseillers,
le Procureur, l'Econome et le Secrétaire
généraux restent membres du Chapitre assemblé,
même s'ils ne sont pas réélus, mais non
des sessions suivantes, s'il y en a.
107 - Le Chapitre général doit
avoir souci de la vie apostolique de tout
l'Institut, resserrer les liens qui en
unissent les diverses parties, adapter
nos structures et notre vie aux nécessités
de l'Église et des hommes.
108 - Pour satisfaire à une
si lourde charge, le Chapitre général
se livrera à un examen approfondi de l'état
de la Congrégation:
— reste-t-elle fidèle à sa mission propre, selon l'esprit
de son Fondateur et ses authentiques traditions
?
— se montre-t-elle toujours docile aux appels que Dieu ne
cesse de lui adresser par la voix du monde
et de l'Eglise?
109 - a) Le Chapitre général
proposera à la Congrégation les orientations
dont elle a besoin pour se renouveler
dans une fidélité plus grande à elle-même
et au service de l'Église et des hommes.
b) Voici ses compétences:
1°) Aux deux tiers des voix, il peut donner dispense générale
des prescriptions des Constitutions, selon
les normes de la Constitution 102, e.
2°) A la majorité absolue des suffrages, il peut modifier
ou abroger des Statuts et en édicter de
nouveaux, porter des Décrets, confirmer
ou annuler les décisions du Gouvernement
général, et donner dispense particulière
et temporaire de prescriptions disciplinaires
des Constitutions (cf. Const. 102 e et
119).
3°) Aux deux tiers des voix, il peut apporter des modifications
aux Constitutions. Ces modifications exigent
toutefois la confirmation du Saint-Siège.
C'est également au Saint-Siège qu'il revient
d'interpréter authentiquement les Constitutions.
110 - a) Le Chapitre général
met en place le Gouvernement général:
il élit ou réélit, pour six ans, le Supérieur
général, son Vicaire et les autres membres
du Gouvernement général.
b) Pour l'élection ou la réélection du Supérieur général
et de son Vicaire, les deux tiers des
suffrages sont requis; la majorité absolue
suffit pour élire ou réélire les Conseillers
généraux.
111 - Enfin, c'est du Chapitre
général que relève tout autre grand problème
qui pourrait surgir touchant la vie et
le gouvernement de la Congrégation.
Article 4: Le Gouvernement général
112 - Le Supérieur général
avec les Conseillers généraux, coresponsables
du Gouvernement de toute la Congrégation,
constituent le Gouvernement général, organe
permanent de direction et d'exécution.
113 - Que le Gouvernement général,
par une présence efficiente, périodique
et directrice, soit l'inspirateur et l'animateur
d'un renouveau continu dans les (Vice-)Provinces.
I - LE SUPÉRIEUR GÉNÉRAL ET SON VICAIRE
114 - a) Pour que quelqu'un
puisse être élu Supérieur général, il
doit être prêtre profès perpétuel, avoir
vécu dans la Congrégation au moins sept
ans après sa profession perpétuelle, et
compter trente-cinq ans accomplis d'âge.
b) Le Supérieur général est le chef suprême de la Congrégation
et le président du Conseil général. Sa
tâche est d'abord de veiller à ce que
la Congrégation réalise la mission qu'elle
reçoit de l'Eglise, et donc de fortifier
sa vita apostolica dans la ligne
des Constitutions, Statuts, Décrets et
«Orientations» du Chapitre général.
c) Aussi, personnellement ou par ses délégués, il doit visiter
Provinces et Vice-Provinces pour animer
et coordonner en tous points la mission
de la Congrégation.
115 - a) Le Supérieur général
a autorité sur toutes les Provinces, Vice-Provinces,
Régions, Communautés et membres de la
Congrégation, dans les normes du droit
commun et du droit propre de celle-ci.
b) Premier animateur et coordonnateur de la Congrégation,
qu'il approfondisse chaque jour davantage
l'esprit de l'Église et ses besoins, surtout
dans les régions confiées à notre ministère,
comme aussi notre mission dans l'Église.
116 - a) Il représente officiellement
la Congrégation; il veille à ce qu'elle
entretienne avec le Saint-Siège les relations
qui s'imposent et coopère avec les autres
institutions ecclésiastiques et civiles.
b) Le Supérieur général peut démissionner, soit entre les
mains du Chapitre général, soit entre
celles du Conseil général, mais dans le
second cas, il faut l'accord du Saint-Siège.
La démission n'est tenue pour acceptée
qu'à la majorité des deux tiers des voix.
117 - Le Vicaire du Supérieur
général est élu par le Chapitre général
parmi les Conseillers généraux. Il remplace
le Supérieur général absent ou empêché.
En cas de cessation de fonction ou de
mort de ce dernier, il lui succède dans
sa charge et son titre jusqu'au prochain
Chapitre général ordinaire. En cas de
renonciation et d'empêchement du Vicaire
général, on y pourvoira selon les règles
des Statuts généraux.
II - LES CONSEILLERS GÉNÉRAUX
118 - Les Conseillers généraux
à élire par le Chapitre général seront
au moins au nombre de six.
Le Conseil général a charge, avant tout, de promouvoir le bien de la Congrégation.
Seules sa sollicitude et sa compétence
pourront rendre effectives les décisions
du Chapitre général, efficace l'impulsion
donnée par le Supérieur général, meilleure
la collaboration des (Vice-)Provinces
œuvrant pour la mission de tout l'Institut.
119 - Le Conseil général a
pouvoir, pour un temps, c'est-à-dire
jusqu'au Chapitre général suivant:
1°) d'interpréter authentiquement les Statuts. Directoires et toutes décisions
du Chapitre;
2°) de suspendre les décrets du Chapitre général, à charge d'informer la Congrégation
des raisons de cette suspension;
3°) de porter de nouveaux décrets.
Ce sera au Chapitre général
de confirmer ou d'abroger ces dispositions.
S'il ne décide rien à leur sujet, elles
tombent par le fait même (cf. Const. 109,
b, 2°).
Article 5: Les responsables de la Curie générale
120 - Après s'être entouré des
avis opportuns, le Conseil général choisit
les principaux responsables de la Curie,
à savoir le Procureur, l'Econome, le Secrétaire
et le Postulateur généraux, et il met
en place les divers organismes qu'il juge
nécessaires ou utiles.
Section 3:
Le Gouvernement (vice-) provincial
Article 6: La Province
121 - La Province est l'unité
organique de la Congrégation. Elle est
érigée par le Conseil général et constitue
une personne juridique. Elle rassemble
sous un seul Supérieur un certain nombre
de Communautés et est dotée des diverses
institutions qui lui permettent une vie
indépendante. Grâce à cette répartition
en Provinces, la Congrégation peut atteindre
son but plus efficacement, à travers des
ministères et des dons variés, dans la
communion avec les autres parties de l'Institut,
sous l'autorité du Gouvernement général.
I - LE CHAPITRE PROVINCIAL
122 - a) En tant que personne
morale collégiale rassemblant tous les
représentants des membres, le Chapitre
provincial est la première institution
du gouvernement de la Province.
b) Le Chapitre comprend des membres d'office et des membres
élus conformément aux Statuts généraux.
123 - Sa fonction est de veiller
avec soin à la constante adaptation et
rénovation de la «vie apostolique» et
de la gestion de la Province.
II - LE GOUVERNEMENT PROVINCIAL
124 - Le Supérieur provincial:
a) avec les Conseillers provinciaux, coresponsables de la
conduite de la Province, constitue le
Gouvernement provincial, organe permanent
de direction et d'exécution, responsable
devant le Chapitre provincial;
b) il est désigné selon le mode fixé par les Statuts généraux.
Ne peut être désigné Supérieur provincial
qu'un prêtre profès perpétuel, qui ait
vécu dans la Congrégation au moins cinq
ans après sa profession perpétuelle, et
qui compte au moins trente ans accomplis
d'âge.
125 - Chef de la Province et
président du Conseil provincial, il dirige
et organise la Province conformément aux
Constitutions et aux Statuts généraux
et particuliers.
126 - Il est d'abord un pasteur,
animant et coordonnant, dans sa Province,
toutes les Communautés et les personnes.
Toutes ses forces vont à leur être proche,
à les entraîner dans une vie digne de
leur vocation, à susciter en elles l'esprit
d'entreprise et de persévérance missionnaire.
127 - On lui élira un Vicaire,
ordinairement choisi parmi les Conseillers
provinciaux. Celui-ci le remplace en cas
d'absence ou d'empêchement et lui succède
en cas de cessation de fonction ou de
mort, à moins que les Statuts provinciaux
n'en décident autrement.
128 - Le Supérieur provincial,
son Vicaire et ses Conseillers sont désignés
pour le temps fixé par les Statuts généraux.
III - LES RESPONSABLES ET LES INSTITUTIONS
DE LA PROVINCE
129 - Le Chapitre ou le Conseil,
au gré des Statuts provinciaux, veille
à ce qu'il soit pourvu aux offices de
la Province. Il dote le Gouvernement provincial
des services dont il a besoin: secrétariats,
etc.
Article 7: La Vice-Province
130 - Une Vice-Province est
un ensemble de plusieurs Communautés,
érigé en personne morale par le Conseil
général. Elle tire presque toujours son
origine d'une Province avec laquelle elle
garde les liens de dépendance indiqués
ci-après (Const. 131-134).
131 - Une Vice-Province manifeste la vitalité apostolique
de la Congrégation et d'abord de la Province-mère.
Elle est créée pour le service
de l'Église, surtout là où celle-ci est
en état de mission, après ample consultation
des membres de la Province et avec l'accord
du Gouvernement général.
132 - Dans la mesure où une
Vice-Province ne peut se suffire pleinement,
elle a droit à l'aide de la Province-mère,
tant en hommes qu'en ressources.
133 - La Vice-Province est
dotée de la même structure et des mêmes
organismes que la Province, elle jouit
de la même compétence dans la nomination
aux charges.
Tout ce qui est dit des Provinces
vaut donc pour les Vice-Provinces, à moins
que le droit ou la nature des choses n'indiquent
le contraire avec évidence.
134 - En vue d'un apostolat
efficace, la Vice-Province a la faculté
d'adapter librement son régime de vie
aux nécessités missionnaires locales.
Article 8: L'organisation des Communautés dans la (Vice-)
Province
135 - Une (Vice-) Province
existe et œuvre par les Communautés, groupées
en «maisons» ou en «résidences» selon
les besoins de l'apostolat, pour le bien
de l'Église locale.
Il revient au Gouvernement
général d'ériger ou de supprimer canoniquement
une maison, conformément aux règles établies
à ce sujet par le Saint-Siège.
136 - A dates fixes, le Supérieur
réunira les confrères en assemblée, pour
qu'ils raniment la ferveur de la Communauté,
relancent ses œuvres apostoliques et prennent
les décisions qu'elles demandent.
137 - a) Les Statuts (vice-)
provinciaux établiront les normes qui
permettront aux Communautés de s'organiser
et de s'adapter à la diversité des situations.
b) Les points que les Statuts ou les Chapitres (vice-)provinciaux
laissent à la détermination des Communautés
exigent néanmoins l'approbation du Conseil
(vice)provincial.
138 - a) Le Supérieur d'une
Communauté doit être prêtre et profès
perpétuel. Il est désigné selon les normes
des Statuts généraux.
b) Les Supérieurs de la communauté sont nommés pour le temps
établi par les Statuts Bénéraux.
139 - Que le Supérieur de la
Communauté se conduise d'abord en animateur
spirituel, ensuite seulement en chef et
en administrateur. Le premier service
à rendre au groupe est d'en faire le corps
du Christ, un corps en croissance, et
dont toutes les forces s'allient pour
l'évangélisation.
[67]
Qu'il prenne également conscience que sa charge
le rend coresponsable du bien de toute
la Province.
140 - Au Supérieur de la Communauté
on désignera un Vicaire, conformément
aux Statuts généraux. Celui-ci le remplace
en cas d'absence ou d'empêchement et lui
succède dans les conditions prévues par
les Statuts généraux.
Article 9: La coopération entre (Vice-)Provinces
141 - Chaque (Vice-) Province
tâche de répondre, par son travail missionnaire,
aux besoins des personnes et des lieux.
Elle le fait cependant avec la coopération
constante de tout l'Institut, dans une
prise en charge des plus faibles par les
plus forts.
142 - Les (Vice-) Provinces
qui ont à résoudre des problèmes similaires,
surtout en ce qui regarde l'apostolat
et la formation, sont encouragées à y
chercher, en toute charité et bonne entente,
la solution commune, amicalement mise
au point, qui contribuera le plus au bien
de l'Église.
143 - Pour favoriser cette
collaboration, le Gouvernement général
encouragera les rencontres entre Provinces:
c'est sa tâche d'animer et de coordonner
le travail missionnaire de toute la Congrégation.
Section 4:
Les biens temporels
de la Congrégation
Article 10: La destination des biens temporels
144 - a) Nous devons utiliser
les biens de ce monde à leur destination légitime, à savoir
notre propre subsistance selon un niveau
de vie décent, les œuvres d'apostolat
et de charité, surtout envers les pauvres,
et l'organisation du culte divin.
[68]
b) En nous procurant le nécessaire pour notre entretien
et le service missionnaire, nous rejetons
tout souci excessif, faisant confiance
à la providence du Père des cieux.
[69]
c) Le droit de disposer des biens temporels revient aux
Supérieurs, Conseils et Chapitres, conformément
aux Constitutions et Statuts, dans le
respect du droit commun.
Section 5:
La sortie de la Congrégation
145 - Seuls le Souverain Pontife
et le Supérieur général peuvent dispenser
des vœux, temporaires ou perpétuels, prononcés
dans la Congrégation; nos vœux sont toujours
émis sous cette condition.
146 - Les membres de l'Institut
peuvent être renvoyés dans les cas prévus
par le droit commun.
En cas de renvoi, les vœux sont dissous après
la confirmation par le Saint-Siège du
décret de licenciement. Dans les cas où
le droit prévoit l'expulsion ipso facto,
ils tombent par la déclaration du
fait.
147 - Le décret de renvoi prononcé
selon le droit sera signifié le plus tôt
possible à l'intéressé. Ce dernier a dix
jours pour adresser un recours au Saint-Siège.
Ce recours est suspensif.
148 - Ceux qui sortent de la
Congrégation - que ce soit à l'expiration
de leurs vœux temporaires, ou à la faveur
d'un décret de sécularisation ou de laïcisation, ou encore par suite d'un renvoi - ne peuvent rien exiger pour la
tâche, quelle qu'elle soit, accomplie
dans la Congrégation.
Si l'un d'eux cependant ne
peut se suffire par ses biens personnels
ou par son travail, la Congrégation doit
entre temps lui venir charitablement en
aide, conformément aux instructions du
Saint-Siège.
DÉCRETS CONCERNANT LA PAUVRETÉ
A. Décret de Pie X du 31 août
1909
Pour
supprimer désormais toute controverse
sur les clauses du vœu de pauvreté émis
dans la Congrégation du Très-Saint-Rédempteur
fondée par saint Alphonse-Marie de Liguori,
S.S. le Pape Pie X, après mûre réflexion,
dans une audience accordée au soussigné
Cardinal Préfet de la S. Congrégation
des Religieux, a ordonné de publier la
Déclaration suivante qui oblige désormais
tous et chacun des Supérieurs et des membres
de cette Congrégation du Très-Saint-Rédempteur:
1°) Les membres de la Congrégation
du Très-Saint-Rédempteur émettent le vœu
simple de pauvreté et de vie parfaitement
commune. En vertu de ce vœu:
2°) Ils ne gardent que la nue-propriété,
autrement dit le domaine radical de leurs
biens, avec le droit d'en percevoir l'usufruit,
c'est-à-dire les revenus;
3°) Sauf par héritage ou donation
de leurs proches, ils ne peuvent acquérir
la propriété d'aucun bien nouveau, à moins
qu'avant leur profession ils n'aient eu
un titre certain et formel à cette acquisition;
4°) Ils ne peuvent capitaliser les
revenus de leurs biens;
5°) Ils ne peuvent disposer de leurs
biens, ni par acte entre vifs, ni par
testament, sinon en faveur de leurs proches
jusqu'au huitième degré inclusivement
de consanguinité ou d'affinité, mais non
de parenté spirituelle,
—
ou en faveur de la Congrégation,
—
ou pour des messes au profit d'eux-mêmes
ou de leurs proches,
—
ou pour une bonne œuvre en faveur d'un
tiers, mais alors avec la permission du
Supérieur général ou provincial;
6°) Ils doivent disposer des revenus
de leurs biens dès que cela leur est moralement
possible;
7°) Ils ne peuvent disposer de leurs
revenus autrement que de leurs biens;
8°) Ils doivent disposer de la môme
façon des rentes, pensions, assurances,
rentes viagères, etc., qu'ils pourraient
posséder.
9°) Ils ne peuvent avoir aucun dépôt
nomine
proprio sous quelque prétexte ou pour quelque raison que ce
soit,
10°) ni retenir aucune administration,
soit de leurs biens, soit de leurs revenus.
La
présente Déclaration aura force, non seulement
de Statut ou de Constitution perpétuelle,
mais de Décret et Ordonnance apostolique,
enlevant aux Chapitres généraux eux-mêmes
toute faculté d'en mitiger ou d'en modifier
la teneur tant en partie qu'en totalité.
Pour
que tous les membres de la Congrégation
du Très-Saint-Rédempteur méritent les
plus abondantes bénédictions du ciel, pour qu'ils
s'attirent pleinement la puissante protection
de leur Père législateur saint Alphonse-Marie
de Liguori et le saint Clément-Marie Hofbauer,
insigne propagateur de leur Congrégation,
le Saint-Père les exhorte instamment à
se conformer fidèlement à cette Déclaration,
nonobstant toutes choses contraires, fussent-elles
de spéciale importance.
Rome, 31 août 1909
Fr.
Jos.Cardinal VIVES
Préfet
Vinc. LA PUMA
B.
Décret de Benoît XV du 7 mai 1918
Sur
rapport du Cardinal soussigné, Préfet
de la S. Congrégation des Religieux, pour
prévenir toute hésitation ou controverse
qui pourrait surgir à l'occasion du Code
de Droit canonique, concernant les clauses
ou l'obligation du vœu de pauvreté dans
la Congrégation du Très-Saint-Rédempteur
fondée par saint Alphonse-Marie de Liguori,
notre Saint-Père le Pape Benoît XV a ordonné
de répondre ce qui suit à la question
posée par le Rme Père Patrice Murray:
1°) Les membres de la Congrégation
du Très-Saint-Rédempteur restent à l'avenir
tenus en tous points par le Décret du
31 août 1909 émané de cette Sacrée Congrégation
des Religieux.
2°) Cependant ceux qui feront profession
dans la Congrégation du Très-Saint-Rédempteur
après le 19 mai de cette année 1918, date
où le Code de Droit canonique deviendra
obligatoire, ceux-là:
a) devront faire
leur testament selon le canon 569 n° 3,
et ils ne pourront le changer que conformément
au canon 583 n° 2;
b) il leur est
interdit de renoncer à titre gracieux,
par acte entre vifs, à la propriété de
leurs biens, selon le canon 583 n° 1.
Nonobstant
toutes choses contraires.
Donné
à Rome, aux jour, mois et année ci-dessus.
J.
Cardinal TONTI
Préfet
Adolphus, Episc. Canop.
Secret.