Secrétariat Général
pour la Formation


Les critères d’acceptation
des candidats à la vie religieuse

INTRODUCTION – REMARQUES PRÉLIMINAIRES

1.      Il n’y a pas de modèle magique qui peut donner à un promoteur des vocations, à un formateur ou au personnel de formation, un test infaillible pour accepter ou rejeter un candidat. Nous sommes des humains qui portons des jugements, qui, nous l’espérons, sont pour la plupart bons et justes, mais pour d’autres, avec le temps, nous trouvons qu’ils étaient mauvais. Deuxièmement, toutes les vocations sont l’œuvre du Seigneur’; c’est son appel et sa grâce qui permettent au processus de formation d’être efficace. Nous essayons de coopérer à sa grâce de toutes nos forces et avec toutes nos limites ainsi qu’avec notre sens de responsabilité envers le candidat et la Congrégation.

2.      Ceci étant dit, il y a des critères qui peuvent être utiles et nous aider pour le discernement. Nous essayons ici de donner une liste de ces critères pour l’acceptation. On ne prétend pas qu’elle soit exhaustive et qu’elle puisse remplacer l’expérience, l’intuition et le bon sens. L’expérience vient avec le temps du travail avec les candidats, avec l’écoute de bien des histoires de la vie, et en apprenant de ses erreurs. L’intuition est cette réaction viscérale, ce sixième sens, qui nous donne cet aperçu dans une personnalité. Même si elle n’est pas infaillible, l’intuition est une importante source d’information pour prendre une décision et ne doit pas être écartée comme ‘non scientifique’. Le bon sens est la capacité de réunir notre expérience et notre intuition comme une part d’un discernement fait dans la prière. Enfin, l’acceptation ou le rejet d’un candidat n’est pas une chose faite isolément mais elle doit être une conversation avec le Seigneur, avec un autre ou les autres.

I.    LE PROCESSUS DE SÉLECTION

3.      Le processus de sélection est ordinairement opéré, en plusieurs moments déterminés, au cours du processus de la formation. Le premier se situe ordinairement avant l’admission au postulat, le second avant la première profession, le troisième avant les vœux perpétuels et pour ceux qui deviennent prêtres avant l’ordination. Ce texte s’occupe du processus des admissions au postulat.

Normes pour l’admission

4.      Chaque Unité de la Congrégation devrait avoir dans sa Ratio Formationis des normes clairement écrites pour l’admission des candidats au postulat. Ces normes doivent se baser sur les critères de conduite qui sont facilement indiquées par le promoteur de vocation et/ou l’équipe de formation. Si on a des doutes sur un candidat, on ne doit pas l’accepter. Le principe principal devrait toujours être l’impact possible que le candidat peut avoir sur la communauté. Le principe d’orientation est que la formation n’est pas la place pour une longue thérapie. Tous les problèmes sérieux devraient être réglés avant l’admission.

II.   PREMIER CONTACT ET PHASE D’ENQUÊTE

5.      Les premiers contacts viennent de plusieurs places. Certains sont envoyés par les confrères, par d’autres religieux ou religieuses, ou par des amis des Rédemptoristes. Quelques-uns viennent par suite d’une recherche sur le web, quelques-uns avec leur expérience avec des Rédemptoristes, d’autres de leur engagement dans les travaux parrainés par la Congrégation, ou par le moyen du ministère des confrères.

6.      Cette première enquête est ordinairement suivie du contact avec le promoteur des vocations. On y donne des renseignements sur la Congrégation mais on y obtient aussi des renseignements sur le candidat – nom, âge, e-mail adresse, histoire de son éducation, de ses travaux et ce qui chez les Rédemptoristes lui fait penser qu’il pourrait être intéressé à les joindre.

7.      Si à première vue l’individu a les qualités de base d’un candidat éventuel et que le demandeur indique un intérêt positif, un processus de discernement peut commencer. Cela peut mener à une variété de rencontres, de retraites et d’expériences de vie. Le but à ce stage est de développer une relation avec le candidat et pour le candidat de mieux connaître la vie religieuse et la vie d’un Rédemptoriste. La plupart des Unités de la congrégation sont d’accord que ce stage de premier contact devrait durer au moins une année.

8.      Généralement parlant ceux qui font application doivent montrer avec évidence un sain équilibre mental, une bonne santé physique, un bon caractère moral, une solide conviction de foi et une motivation sérieuse. Il doit aussi être capable de posséder suffisamment la langue dans laquelle la formation se fera. Il est important que les candidats qui viennent d’autres cultures reçoivent une aide adéquate pour entrer dans le contexte culturel et la langue dans lesquelles la formation initiale se fera.

Evaluation psychologique

9.      Une évaluation psychologique est ordinairement prévue avant l’acceptation au programme de formation. Cette évaluation doit être faite par un professionnel compétent et on doit tenir compte de la langue et du milieu culturel du candidat. Pour une discussion plus développée sur l’évaluation psychologique voir la section sur «Les évaluations psychologiques des candidats à la vie religieuse.»

Processus d’admission

10.    Ceux qui veulent entrer au postulat doivent suivre un processus prudent et complet d’admission. Cela devra comprendre une franche discussion des expériences de la vie. Quelle est leur habileté à s’ouvrir? Quel est leur degré de perception et de connaissance de soi? Comment agissent-ils avec l’autorité?

11.    Les secteurs couverts dans les entrevues devraient inclure: l’histoire familiale, leurs expériences académiques et de travail, leurs expériences spirituelles, leur histoire sexuelle, leur histoire de relations, quels sont leurs meilleurs amis, ce qu’ils font avec eux, avec quelle fréquence prend-il contact avec eux, son style de vie actuel est-il consistant avec quelqu’un qui veut entrer dans la vie religieuse? Le candidat doit prouver qu’il a vécu dans le célibat pour au moins deux ans avant d’entrer dans le programme de formation. Si le candidat a été victime d’abus sexuel comme mineur ou jeune adolescent, un professionnel doit étudier le problème pour voir s’il y a eut une résolution adéquate.

Evaluation de la motivation

12.    L’évaluation de la motivation est un requis essentiel. Quelques candidats viennent chercher une éducation et vont habilement jouer le jeu. D’autres sont convaincus qu’ils ont la vocation et vont résister à celui qui va leur dire le contraire. D’autres aussi vont considérer la vie religieuse comme une sauvegarde contre le chômage, pour affronter l’homosexualité et éviter les difficultés des relations sexuelles ou considérer la vie religieuse comme une promotion sociale. Un autre groupe semblera beaucoup moins certain que les autres candidats. Souvent de tels candidats semblent être plus attachés à leur propre intérieur et sont conscients d’ambiguïté et de complexité à faire les choix de la vie. Comme résultat ce groupe est souvent plus ouvert au discernement et à l’aide des autres pour découvrir la volonté de Dieu.

Références et registres

13.    Les autres renseignements exigés pour l’admission au postulat sont un rapport d’un examen médical complet et à jour, des lettres de recommandation – au moins une du prêtre où il assiste à la messe, les documents académiques et sacramentels, les résultats d’une évaluation psychologique (voir la section sur l’évaluation psychologique des candidats à la vie religieuse). Si le candidat a été marié, on doit avoir la preuve de la liberté d’entrer dans la vie religieuse. Plusieurs unités de congrégation demandent aussi une enquête sur le dossier criminel.

III. POINTS PARTICULIERS

Il y un nombre de points spécifiques qui apparaissent dans l’acceptation des candidats. Les points suivants peuvent fournir des suggestions pour les traiter.

Limite d’âge pour l’admission

14.    En règle générale la meilleure limite d’âge pour les candidats est de 18 à 35 ans. Plus jeune que 18 signifierait généralement que le candidat n’a pas complété son école secondaire. A moins que l’Unité ait un petit séminaire un candidat devra être matriculé d’une école secondaire avant de commencer les études philosophiques. Dans quelques Unités où l’école secondaire est très insuffisante, une ou plusieurs années de propédeutique pourront être nécessaires pour solidifier les conditions de bases pour des études supérieures. Dans plusieurs Unités de la congrégation, les candidats doivent compléter un premier degré universitaire ou un degré après le secondaire avant de faire application.

15.    Les candidats plus vieux souvent apportent une spiritualité formée et des expériences de vie importantes mais peuvent être moins malléables pour un processus de formation. Ordinairement après 35 ans, il est probable que la personnalité d’un candidat ne changera pas. Il sera particulièrement important d’examiner ces candidats sur leur malléabilité, leur ouverture à la direction et leur capacité de recevoir une correction ou des conseils des supérieurs.

Famille des candidats

16.    Il est aussi important au cours de ce temps que le promoteur des vocations visite la famille du candidat pour connaître la portée de la relation du candidat avec ses parents et ses frères et sœurs, le sens de la santé de la famille, des attitudes de la famille envers la vie religieuse et la prêtrise. Comme plusieurs candidats viennent aujourd’hui de familles brisées il est important de connaître la relation du candidat avec son père naturel et sa mère biologique. Une relation hostile envers son père ou une relation compliquée avec la mère peut exiger plus de recherche de la part d’un professionnel. L’importante question à répondre par la visite de la famille est de savoir de qui est la vocation? Les parents encouragent-ils un libre choix? Sont-ils opposés au choix de leur garçon ou sont-ils trop anxieux que leur jeune garçon entre?

Problèmes financiers

17.    Au cours du processus de l’entrevue on doit faire une évaluation sur l’endettement du candidat, sur sa capacité de gérer l’argent, ses façons de dépenser et son usage des cartes de crédit. Quelle est sa situation financière et celle de sa famille et comment peut-elle influencer ses décisions? Quelles sont les attentes de la famille pour recevoir de lui de l’assistance? Montre-t-il des aptitudes pour une bonne administration, pour vivre un style simple de vie et l’absence d’attitudes de s’approprier les choses?

Rapport médical (incluant un test HIV et de tout problème médical)

18.    L’examen médical doit comprendre un test de HIV et d’usage de drogue. Toute preuve d’être positif HIV ou toute présence de substance illégale disqualifie le demandeur de l’admission. Aussi tout sérieux problème de santé qui pourrait empêcher de remplir convenablement le ministère ou comporter des coûts déraisonnables pour la santé sont des facteurs qui empêchent l’admission.

Alcool, dépendance de la drogue et autres dépendances

19.    Quoi faire si un candidat est dépendant de l’alcool ou de la drogue? Quelques études indiquent qu’environ un sur dix adultes abuse de l’alcool ou est alcoolique. D’autres diraient que le problème de boisson est surtout fréquent chez les jeunes adultes entre 18 et 25 ans. Comme c’est le groupe d’âge de la plupart de nos candidats, les questions sur ses habitudes de boire, d’ivrognerie, de fêtard et sur la quantité d’alcool consumée au cours d’un mois, sont des éléments importants.

20.    L’alcoolisme est une sérieuse maladie et ne peut pas être ignorée. Si le candidat admet avoir un problème de boisson, il doit montrer des signes qu’il a été sobre et stable au moins durant deux ans.

21.    Les essais avec les soi-disant drogues ‘d’amusement’ (marijuana o haschisch) n’éliminent pas automatiquement un candidat. Une enquête sérieuse des circonstances et de la fréquence sont importantes pour déterminer si c’est une tendance de rébellion sociale ou une partie de la curiosité d’adolescent. Ordinairement, l’usage de drogue ‘dure’ (toute drogue autre que celles mentionnées plus haut) éliminera un candidat de l’admission.

22.    De nos jours, d’autres dépendances apparaissent qui deviennent partie du monde des jeunes. Ceci est surtout vrai de la dépendance de l’internet où le monde impersonnel des ordinateurs éloigne une personne du monde réel. Les questions au candidat sur l’usage de l’internet, du temps passé en ligne, le genre de sites web qu’il fréquente sont des pièces importantes d’information. D’autres dépendances qu’on doit signaler sont la pornographie et le jeu d’argent.

Sexualité et célibat (incluant les problèmes d’orientation)

23.    Les candidats qui entrent dans la vie religieuse et la prêtrise doivent avoir une saine connaissance de la sexualité et du célibat. On doit prendre soin d’avoir l’histoire complète de la sexualité du candidat. Y a-t-il des indices qu’il a été abusé sexuellement? Ont-ils été trop sexuellement actifs ou complètement indifférents au sexe? Tous ces points ont besoin d’être davantage examinés surtout pour ce qui regarde la vie de célibat en vue d’une intégration saine de la sexualité. Si quelqu’un a été abusé, il est important de savoir l’influence que cela a eu sur la personne. Si quelqu’un a été trop actif ou est indifférent ou asexuel les deux états peuvent être problématiques pour une vie saine de la sexualité dans le célibat.

24.    On doit aussi prendre soin d’examiner la manière d’attraction sexuelle du candidat et comment il est arrivé à maîtriser ses attractions. Quels indices a-t-il qu’il peut vivre le célibat? A-t-il fait des tentatives de vivre le célibat, si oui combien de temps? Généralement parlant, un candidat devrait vivre un style de vie célibataire au moins deux ans avant d’entrer au postulat.

25.    Quels sont ses amis et que fait-il avec eux? Qui est son meilleur ami et que partage-t-il avec lui ou elle? Quelles sont ses attitudes envers les femmes?

26.    Il est important d’ouvrir la porte pour discuter des modèles de sexe, de stéréotypes sexuels et des attentes sur la sexualité. A quel membre de la famille est-il le plus proche? De qui a-t-il appris les faits de la vie et sur le sexe? Qu’a-t-il appris de sa famille sur la sexualité?

27.    Le candidat a-t-il été sexuellement intime avec d’autres mâles? Souvent et qu’est-ce que cela signifie pour son identité sexuelle? Comment le candidat définit-il sa manière d’attraction sexuelle? Pour les candidats qui se voient homosexuels ou gais, comment se voient-ils vivre dans une communauté d’hommes et y vivre le célibat?

28.    Pour plus de discussion sur le sujet du développement des normes pour accepter des candidats homosexuels l’appendice peut offrir quelque secours.

Les convertis récents, les expériences de conversion récente, retour récent à la foi

29.    On doit faire subir un sérieux examen spécial à ceux qui sont récemment convertis au catholicisme et veulent entrer chez-nous. On suggère qu’au moins deux ans doivent s’écouler avant de les accepter au programme de formation. La même chose s’applique au candidat qui a expérimenté une conversion soudaine qui semble précipiter la vocation ou qui a eu des expériences mystiques exceptionnelles. On doit être extrêmement vigilants avec les candidats qui parlent d’expériences religieuses exceptionnelles, car celles-ci peuvent être des faibles signes de schizophrénie ou de personnalité schizoïde. Finalement, ceux qui ont été éloignés de leur pratique religieuse régulière ne doivent pas entrer dans un programme avant que leur foi ait été intégrée avec une direction spirituelle adaptée et une pratique régulière à l’Eucharistie.

Candidats venant d’autres programmes

30.    Si un candidat a été dans un séminaire ou dans un programme de formation auparavant, on doit prendre soin de demander des renseignements à ces institutions. Si ces renseignements manifestent des problèmes, on doit s’assurer que ces problèmes ont été résolus. En général ces candidats ne sont pas un bon risque. Ceci est surtout vrai si le candidat a été renvoyé d’un autre institut. Il est important d’agir avec attention et de prendre assez de temps pour faire une évaluation soignée et pour vérifier le milieu.

Autres problèmes légaux et canoniques

31.    Dans plusieurs cas, une investigation complète du milieu doit être faite pour chaque candidat. Toute preuve d’activité sexuelle criminelle avec un mineur exclut automatiquement de l’admission. Les autres cas que mentionne le Droit Canon à être étudiés avant l’admission sont : le candidat n’a pas de position défendue au clercs; qu’il n’a pas commis d’apostasie, d’hérésie ou de schisme; qu’il n’a pas commis d’homicide, n’a pas coopéré à un avortement, ne s’est pas mutilé lui-même ou un autre, qu’il n’a pas tenté le suicide, ou n’a pas simulé une action réservée aux prêtres ou aux évêques.

Appendice

Développement de normes pour l’admission de personnes

possédant des tendances homosexuelles

32.    Il est important que chaque Province développe une politique précise sur l’admission des personnes qui ont des tendances homosexuelles. Cette politique aidera grandement les directeurs de vocation, les formateurs à tous les niveaux et les candidats à notre vie apostolique. Cette politique devrait être développée par le secrétariat de la (v-)province, en consultation avec les experts, et elle doit être approuvée par le Conseil Provincial Extraordinaire.

33.    Au cours des dernières 20 années, il y a eut un débat sans précédant dans les cercles politiques, légaux et théologiques, sur le phénomène de la homosexualité. Il est important pour la formation que les secrétariats et le personnel de formation ne tirent pas des conclusions prématurées. Les problèmes d’orientation sexuelle souvent comportent des tendances et des peurs culturelles. De telles discussions sont mieux discutées dans une ambiance de compassion, de respect, d’intégrité et d’impartialité.

34.    Les directeurs de vocation et ceux qui accompagnent les candidats possibles ont besoin de bien savoir ce qu’est l’orientation homosexuelle et si le candidat est vraiment homosexuel. Quelques jeunes candidats peuvent avoir des doutes sur leur identité sexuelle, d’autres ont peut-être été abusés sexuellement par un homme ou entraînés dans des actions homosexuelles; d’autres peuvent avoir peur de l’intimité avec des femmes; d’autres aussi ont peut-être eu quelques expériences homosexuelles par curiosité, à cause des milieux exclusivement masculins, sous l’influence de l’alcool ou de la drogue; et d’autres ont peut-être eu des fantaisies occasionnelles de nature homosexuelle, ont été curieux et excités sexuellement par des images homosexuelles sur l’internet, ont été curieux et ont senti une réponse à d’autres sources d’excitations érotiques homosexuelles. Rien de cela signifie nécessairement qu’un individu est homosexuel. Souvent le secours à un professionnel sera nécessaire pour juger de la nature des craintes homosexuelles ou aider un candidat sur sa vraie orientation sexuelle.

35.    Contrairement à plusieurs opinions populaires, la recherche indiquerait que la prévalence actuelle dans la population générale d’orientation exclusive homosexuelle (attraction exclusive aux individus du même sexe) est environ 2 à 3 pour cent; alors que 7 ou 8 pour cent ont une orientation prédominante homosexuelle. Il y a un autre groupe qui pense qu’ils sont homosexuels mais c’est une fausse identité influencée par le milieu social, par des problèmes de doute sur soi ou de développement. Ce dernier groupe a probablement besoin de secours professionnel pour libérer tout développement bloqué et pour grandir dans une identité sexuelle assurée.

36.    Les degrés d’hormones de testostérones sont liés au désir sexuel et à la réponse sexuelle. Les gens qui ont un haut degré de testostérones sont facilement excités et désirent le sexe souvent. Les gens avec des degrés moyens ou bas ont moins de fantaisies sexuelles, de désirs et d’excitations. Il y a ceux qui n’ont pas de pensées sexuelles, de fantaisies ou désirs et sont appelés ‘asexuels’. Les individus avec un haut degré sont moins probablement capables de vivre une saine vie de célibataires sans de grande quantité de tension et de frustration. Les personnes ‘asexuelles’ sont aussi problématiques à cause de leur incapacité d’obtenir un certain degré d’intimité avec les hommes et les femmes. Les gens avec des degrés moyens ou bas sont plus probablement, avec un bon accompagnement spirituel et psychologique, la grâce de Dieu et une vie intense de prière, capables d’atteindre un style de vie chaste et célibataire pour le royaume. Cela est vrai pour les candidats hétérosexuels et homosexuels.

37.    Une orientation homosexuelle exclusive ou prédominante comme telle n’exclut pas automatiquement un individu de l’admission à nos programmes de formation et à la vie apostolique. Cette position est supportée dans le Document: «Nouvelles vocations pour une nouvelle Europe» publié après un congrès sur les vocations au sacerdoce et à la vie religieuse, tenu à Rome en 1997 et approuvé par la Congrégation pour l’Education Catholique, par la Congrégation pour les Eglises Orientales et la Congrégation pour Instituts de Vie Consacrée et des Sociétés de vie apostolique. Le document a été publié en 1998 par l’Oeuvre pontificale pour les vocations ecclésiastiques. Le document dit que trois conditions doivent être présentes avant l’admission: 1. il doit y avoir une conscience des dynamiques de son orientation sexuelle, 2. qu’il veut lutter contre ces tendances et 3. qu’il a réussi à vaincre ces tendances.

38.    Dans un document précédant du Vatican, «Potissimum Institutioni» (février 2, 1990) (Directives pour la formation dans les Instituts religieux), en faisant référence à l’acceptation des candidats homosexuels, il y est dit: «Ce ne sont pas ceux qui ont de telles tendances mais ceux qui ne parviendraient pas à dominer de telles tendances» (#39) qui doivent être exclus.

39.    En novembre 2005, le Vatican publia un document intitulé «Au sujet des critères du discernement des vocations regardant les personnes qui ont des tendances homosexuelles en vue de leur admission aux séminaires et aux saints Ordres». Le paragraphe principal dit: «Le Dicastère pense qu’il est nécessaire d’affirmer clairement que l’Eglise, tout en respectant profondément les personnes en question, ne peut pas admettre au séminaire et aux Ordres Sacrés ceux qui sont activement homosexuels, ceux qui ont des profondes tendances homosexuelles, ou supportent la soi-disant culture gaie».

40.    Il est clair que la politique qui doit être développée par chaque Unité doit refuser l’admission à un programme de formation à tous les candidats qui sont activement homosexuels. La même chose vaut pour tout candidat qui est hétérosexuel actif. Avant l’admission à un programme de formation, un candidat doit montrer qu’il est sérieusement capable d’entreprendre un programme et un style de vie de célibat. Cela signifie ordinairement une vie de célibat pour au moins deux ans avant d’être accepté.

41.    La même chose est vraie pour ceux qui supportent la soi-disant culture gaie. Cela signifie les hommes qui ne peuvent pas se sentir à l’aise autrement qu’avec d’autres hommes gais, et ont un besoin irrésistible de fréquenter des milieux gais afin de socialiser avec d’autres hommes gais. Cette conduite peut indiquer une sexualité non-intégrée et un manque de maturité affective. Supporter la ‘soi-disant culture gaie’ ne signifie pas ceux qui font du ministère aux hommes engagés dans cette ‘soi-disant culture gaie’ ou ceux qui parlent contre la discrimination sexuelle. Ces deux activités cependant doivent être sérieusement contrôlées par ceux qui acceptent des candidats à nos programmes de formation. Ce même sérieux discernement est aussi nécessaire pour les candidats hétérosexuels qui sont engagés dans une culture hétérosexuelle malsaine, qui peut être indiquée par une préoccupation excessive avec les femmes et les fréquentations des bars, des clubs et de lieux semblables.

42.    Il est moins clair ce qu’on signifie par ‘tendances homosexuelles profondément enracinées’. Quelques-uns comprennent que cela signifie simplement ‘une orientation homosexuelle’, alors que d’autres comprennent que cela fait référence à la force centrale de l’orientation homosexuelle dans la vie de la personne en question, et à l’incapacité d’exercer un contrôle approprié sur ses sentiments ou actions sexuelles. Le document du Vatican lui-même est hautement nuancé. Il est significatif que le document n’emploie pas le terme communément accepté ‘d’orientation homosexuelle’.

43.    Le P. Timothy Radcliffe, OP, l’ancien Général des Dominicains dit: «Peut-être que la formule ‘tendances profondément encrées’ est mieux comprise comme signifiant quelqu’un dont les orientations sexuelles sont si centrales à la compréhension de lui-même qu’elles sont si fortes qu’elles dominent d’une façon obsessive son imagination.» Le P. William Barry, S.J. (prêtre psychologue) est d’accord: «J’interprète les paroles du paragraphe sur les ‘tendances profondément ancrées’ comme se référant à celui dont la vie semble se focaliser sur la sexualité, qui semble si obsédé par elle, qu’il guette chaque allusion sexuelle dans les conversations, et non pas aux hommes et aux femmes qui sont confortables dans leur sexualité et sont capables d’aimer avec désintéressement et travailler effectivement seul et avec les autres.»

44.    Une personne qui est tellement obsédée par la sexualité (soit homosexuelle ou hétérosexuelle) qu’elle ne peut pas contrôler ses désirs, arriver à l’intégration et atteindre une maturité affective, ne doit pas être admise au sacerdoce ou à la vie religieuse. Des tendances si profondément ancrées excluent un individu de l’admission à nos programmes de formation.

45.    Les importants problèmes traités dans le document de 2005 sont le degré de maturité affective, morale et spirituelle, la capacité de contact avec les hommes et les femmes, le sens d’intégration personnelle, et la capacité de vivre un célibat et un style de vie en santé. Si quelqu’un possède ces qualités, il ne devrait pas avoir de raison de lui refuser l’admission à un programme de formation.

46.    Dans le développement d’une politique claire sur l’admission de personnes avec des tendances homosexuelles, on invite les Unités à prendre au sérieux les déclarations du Vatican, l’interprétation des experts et l’expérience de notre vie Apostolique.